Loc. cit
VfiBS l'unité INTERIEURE 281
rien accueillir qui ne soit intérieurement postulé parTâme, suivant ce principe, que « rien ne peut entrer en l'homme qui ne corresponde, en quelque façon, à un besoin d'expansion ».
« Ce qui ne répond pas à un appel du dedans, dit encore M. Blondel, ce qui est purement et simplement du dehors, cela ne peut ni pénétrer sa vie, ni informer sa pensée, c'est radicalement inefficace en même temps qu'inassimilable. »
Philosophie donc, mais apologétique tout de même, ou, plus exactement, contribution apologétique^ c'est-à-dire démonstration, par l'expérience, du besoin que l'âme a de Dieu pour l'accomplissement de sa destinée ; préparation subjective des consciences loyales à la foi chrétienne et catholique.
Car, si la conscience seule est citée à la barre, elle est appelée à s'ouvrir sans réserve et sans réticence.
« Je ne prétendrai pas me connaître et m'éprouver, dit M. Blondel, acquérir la certitude ni apprécier la destinée de Thomme^ sans livrer au creuset tout rhomme que je porte en moi. C'est un laboratoire vivant que cet organisme de chair, d'appétits, de désirs, de pensées dont je sens perpétuellement l'obscur travail : voilà où doit se faire d'abord ma science de la vie *. »
Or, creusez à fond l'action humaine, c'est-à-dire c< la plénitude cachée de ses œuvres et de toutes les exigences de sa vie », et vous apercevrez inévitablement ses ressources, oui, mais aussi vous serez le témoin de ses déficiences.