‹ Le christianisme dans la vie moderne: pages choisies de S.E. le Cardinal MercierChapitre 72 sur 76 · L'Action, p · texte numérisé non relu

L'Action, p

2. Entretiens sur la démonstration catholique de la Révélation chrétienne, {•' Entretien, p. 16. La pensée du cardinal Dechamps peut être brièvement traduite en ces quelques mots : C'est un fait de conscience, et de conscience universelle, que dans les choses de religion, c'est-à-dire en tout ce qui relie la vie présente

M. Blondel et M. Wilbois ont écouté et regardé ; croyants l'un et l'autre, ils rendent témoignage qu'ils ont vu les deux faits s'embrasser, et proclament qu'en effet l'enquête de leur pensée n^a de cesse qu'à la condition qu'elle s'achève dans la foi chrétienne et catholique.

Sans le fait extérieur de l'Eglise et de Tordre surnaturel objectivement révélé et docilement accueilli, nous ne pouvons nous rendre compte de tout le fait intérieur^ nous expliquer, nous unifier nous-mêmes ; non plus que la société humaine ne peut se constituer légitimement comme* un système clos, abstraction faite de Tordre chrétien.

Chercher Vunité, pour l'homme, pour Thumanité, c'est ne pas s'arrêter avant de passer par le Christ, avant de trouver Dieu par l'Eglise catholique.

« Ainsi, avait dit Ollé-Laprune, la philosophie conspire contre elle-même si elle ne se débarrasse du parti pris de mutiler Thomme, la vie, les choses, Thistoire. Comme il faut qu'elle tâche d'égaler ses vues à toute la réalité donnée, elle doit conseiller, elle doit prescrire, elle doit essayer elle-même

à la vie future, l'homme à sa fin suprême, Thomme à Dieu, l'homme ne se fie ni à. soi-même, ni à ses semblables, mais veut une certitude appuyée sur le témoignage de Dieu lui-même. C'est encore un fait de conscience que, dans sa condition actuelle, il demande cet enseignement divin à une autorité vivante et traditionnelle. Voilà le fait intérieur.

Or, à ce fait intérieur correspond cet autre fait extérieur^ public : l'Église catholique vient au-devant de l'humanité pour renseigner et porte seule le signe divin d'une autorité vivante, universelle, permanente. Il suffit donc à la bonne foi de chercher Dieu pour s'écrier à. sa rencontre : Le voilà ! Cf. cardinal Dechamps. Lettres théologiques, 2« lettre.

d'user de toutes les ressources humaines et divines mises à la disposition de l'homme \ »

L'illustre Manzoni, converti au catholicisme, se plaisait à répéter : « J'ai des convictions catholiques, et je veux qu'à travers tout ce que j'écris elles transparaissent, car je cherche à mettre de la force dans ce que j'écris, et la force ne sort que d'une conviction sincëre *. »

Tous les philosophes qui plaident pour l'interprétation synthétique du donné intégral de leur conscience, plaident pour la sincérité.

Mais qu'est-ce que la sincérité, sinon l'orientation de l'âme vers la vérité ? Or, qui dit vérité, dit représentation intellectuelle ajustée à la réalité.

Dans le royaume de la philosophie, l'unité est la loi, mais le sceptre ne peut appartenir qu'à l'intelligence.

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