‹ Le Christianisme de RuskinChapitre 6 sur 9 · CRE · texte numérisé non relu

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liberté à la politique radicale et socialiste, sans Conscience et sans Dieu. ;

« Ainsi l'idéal de tout gouvernement est la parfaite unité

« des deux autorités, chacune supportant et corrigeant l'au- « tre; le clergé ayant une part importante dans tous les « conseils nationaux; les officiers civils ayant un respect « solennel de Dieu dans tous leurs actes ; le clergé sanctifiant « toute politique terrestre par son influence ; et la magis- € trature réprimant tout enthousiasme religieux par sa sa- « gesse pratique. Séparer les deux et essayer d'éloigner Dieu « de la vie journalière de la nation est diviser l'âme en deux ( provinces, l'une pour l'athéisme, l’autre pour l'enthousias- « me. Ge sont les raisons qui m'amenèrent à parier de la « séparation de l'Eglise et de l'Etat comme d'une fatuité ; « car quelle fatuité peut être plus grande que de n'avoir pas « Dieu dans ses pensées et lorsque nous agissons de dire dans («nos CŒœurs : QCil n’y a pas de Dieu. »

«Je pourrais m'étendre sur ce sujet, mais ce n'est pas le « moment ; avant de conclure, j'ajouterai cependant : que le « schisme de l'Eglise appelée évangélique et de la Æigh « Church, en Angleterre, suffit à ébranler la foi de beaucoup « d'hommes en la vérité ou l'existence d'une religion. Le « protestantisme actuel, en laissant paralyser son cœur par «les jalousies, fruits d'une mauvaise éducation, offre un « des spectacles les plus désastreux de l'histoire ecclésias- « tique. »

Nous arrivons à la péroraison. Elle est toute ruskinienne. Dans lés deux dernières pages nous avons le sujet principal de sa brochure : la Fédération de la High et de la Lou Church et des Eglises protestantes du monde entier.

Il est difficile de dire si les procédés qu'il propose sont naturellement ou volontairement enfantins.

Il reproche à la High Church son arrogance, à la Low Church sa rudesse, curieuse façon de réunir deux ennemis ; mais peu importe à Ruskin. I espère malgré tout que les églises d'Angleterre et d'Ecosse s’uniront aussi pour lutter contre la papauté. N'y at-il pas déjà trois siècles que Luther est né, que le protestantisme pense et que la papaulé est en-

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core vivante? Après l'énoncé des grands principes viennent les questions pratiques. Souvenons-nous que c'est un prophète qui parle.

Pour unir les deux grandes sectes de protestants paralysés des Iles Britanniques, il dira à l'Eglise d'Ecosse qu'elle n'a pas une ombre d'exeuse pour refuser l'épiscopat, qui a été calomnié auprès d'elle, mais qui est recommandé par la Bible, ou refuser l'emploi d'une forme écrite de prières : ce n'est peut-être pas de son goût de prier ainsi, qu'importe « nous ne sommes pas à l'heure des préférences, mais des devoirs », it faut parcourir la moitié du chemin de la réconciliation. Quant à l'Eglise anglaise elle doit remplacer le mot de Prêtre dans ses livres de prières, par celui de Pasteur ou Ancien. Les passages relatifs à l'absolution doivent être effacés. Il ne restera plus alors que la question de baptême que l'on traitera aisément dans un svnode. Les membres du clergé qui resteront réfractaires seront libres d'aller à Rome. Alors quand les Eglises d'Angleterre et d'Ecosse se seront réunies et auront formulé-leur confession de foi, une traduction de cette confession de foi sera envoyée à toutes les églises du continent, pour qu'elles entrent à leur tour dans cette fédération. Alors l'unité du protestantisme sera formée, il ny aura plus qu'un seul troupeau et l'Antéchrist sera anéanti.

Le prophète ne se laisse pas bercer malgré tout par l'illusion : «impossible, mille fois impossible, est le cri que j'entends autour moi. Non, non, pas impossible ! Christ n'ordonne pas l'impossible, mais il nous a ordonné de vivre en paix les uns avec les autres. Non. me répond-on, Il n'est pas venu pour apporter la paix, mais l'épée. Oui, cest très vrai. pour apporter une épée sur terre, mais non pas dans son Eglise, car pour Son Eglise il a dit : « Je vous laisse ma paix. »

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