CONCLUSION
Dans un de ses derniers écrits, Ruskin écrit qu'une nation ne peut hésiter plus de deux sièclesentre la Foi et la Raison. Lorsque le joug du christianisme devient à la fois «trop éthéré et trop inflexible » les peuples, qu'ils soient de France ou d'Angleterre, le rejettent. Alors «la richesse, le luxe, la vanité d'une érudition corrompue souillent la Foi. Le babil des sots, le commerce et l’escroquerie, l'oisiveté et la spéculation universelles apparaissent, le règne de saint Pétrole succède à celui de saint Pierre : Dieu seul sait ce qui s’en suivra, mais Ille sait Lui, quoi qu'en pensent les escrocs juifs et les apprentis apothicaires.
Ces paroles qui gardent uñ souvenir de l'apreté de la lutte que Ruskin eut à soutenir contre toutes les « puissances sataniques » du monde, nous montrent de quelle cause il fut le champion.
Laissons parler encore une fois celui qui jugeait tous les principes religieux d'après leurs résultats pratiques, et qui jamais n'eut la làcheté de cacher ses défaites ou ses doutes, et nous verrons s'il doit avouer à la fin de sa vie un échec complet ou chanter une victoire.
« J'avais compris qu'il était dans l'ordre voulu que le « vieillard pleurât sa vie finissante comme un outil qui n'a « pas servi et qui lui est enlevé, mais non comme un outil « qui vient seulement d’être trempé et aiguisé et qui lui est « sorti des mains à l'instant même où il aurait pu s’en servir « pour le bien : tandis que j'ai maintenant le sentiment que « tout ce qui m'est advenu jusqu'ici de bon ou de mauvais « m'a préparé à accepter avec plus de prudence une plus « grande fortune et à mieux accomplir une tâche meilleure.