‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 101 sur 110 · L ISLAM, ROME ET L EMPEREUR · texte numérisé non relu

L ISLAM, ROME ET L EMPEREUR

petit-fils Constant II ne peut suivre une autre politique que lui; s'il retire d'abord VEcthèse devant les réclamations de Rome, il le réédite bientôt, avec de légères modifications, sous l'empire des nécessités de la lutte contre les Musulmans. L'édit qu'il publie sous le nom de Type prétend ignorer les théories monothélites et dyothélites et ramener les fidèles et les théologiens aux textes moins prétentieux des anciens symboles. Mais les Monophysites ne se montrent pas plus satisfaits que les Catholiques : les progrès des Arabes continuent dans les îles Méditerranéennes, et Rome entend couper court à ces manœuvres de la politique byzantine qui compromettent la jMireté de la foi. Le pape Martin I", dans un grand synode tenu au Latran en 649, proclame qu'il y a dans le Christ deux volontés et deux opérations qui lui sont naturelles — dux naturales voluntaies et operationes; — il excommunie comme hérétiques les fauteurs de l'opinion contraire. L'empereur riposte ; et Ion ne peut contester l'énergie de sa réplique. 11 arrête le pape et l'exile, comme aussi ceux qui le soutiennent. Maxime de Chrysopolis, emprisonné avec Anastase le Moine et Anastase l'Apocri-

de l'Egypte de 63'J-641. — L'empire perse est détruit au même moment aux batailles de Kadésiah, Jalulah. Néhavend, 636-642. — Dès 648 (Chypre), les Arabes commencent à courir les mers, ravager les lies et les côtes : dès 668. ils poussent au Bosphore ; de 673 à 677, ils occupent la Propontide; de 692 à 723, ils forcent le Taufus et débordent sur TAsie Mineure : de 717 à 718. ils assiègent Constantinople.

En haine des Melkites (Impériaux], les Monophysites ont très souvent accueiUi les Arabes à bras ouverts.

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siaire, est envoyé à Byzia en Tliracc et ses deux disciples à Perberis et à Mesembria. Ils comparaissent une seconde fois devant lui ^ ; comme ils refusent de confesser le monotbélisme, on les flagelle, on leur coupe les mains et la langue ; ils meurent peu de mois après dans les souffrances. — Si l'empereur consent à ne pas faire de son patriarclie l'arbitre suprême de l'Eglise, ce n'est pas qu'il abandonne au pape le droit de veiller au maintien de la foi dans les limites de son empire et de contrôler les démarches religieuses auxquelles le contraint l'intérêt politique. 11 a renoncé à être le maître de lOccident ; il n'a pas renoncé à être le maître chez lui, en Orient ! A défaut de primauté, il exige l'autonomie -.

* En mai 662.

* Avant de mourir, le pape Honorius a reconnu qu'on l'a trompé, 638 (P. G., 91, 143. B). Son successeur Séverin, 638-640, anathématise le monolhélisme (que soutient aujourd'hui Pyrrhus, successeur de Sergiusi ; Jean IV, Héraclius lui-même imitent Séverin et de même le pape Théodore, Sergius de Chypre,... Pyrrhus, qui se rétracte (pour un temps).

De là le Type, 648. — et la rispote romaine, le concile de 649 [Mansi, X, 789, 864, 1164 et 1029]. C'est à l'automne 647 quel'apocrisiaire Anastase est exilé. — Le pape Martin I a d'abord été apocrisiaire à Constantinojjle : il est arrêté par Théodore Calliopas dans la nuit du 18 au 19 juin 653. arrive (après de longs arrêts en Calabre et à Na.xos) à C. P., le 17 septembre 6o4, débarque en Ghersonèse le 15 mai 655. y meurt le 16 septembre. Ma.xime et Anastase le Moine meurent en 662, Anastase l'Apocrisaire en 660.

Maxime est le théoricien le plus en vue de ce temps. Né en 580, il devient premier secrétaire d'IIéraclius, mais abandonne le monde vers 630, entre au couvent de Chrysopolis (Scutari) où il devient abbé. Il se lie avec Sophrone, argumente publiquement à Carthage, en juillet 645 contre Pyrrhus [P. G., 91, 287],

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Telle est la signification de cette querelle monolhélite ; une trêve, si elle intervient, ne saurait durer.

Le fils de Constant, Constantin IV, a pour un temps rétabli les rapports normaux entre Byzance et Rome. Aussitôt la paix de 678 conclue avec les Perses, il a soumis au pape Agathon le projet qu il caresse : réunir un concile qui mette un terme à ces controverses inutiles. Le pape s'empresse de convoquer les évèques d'Occident; le concile de Rome agite la question des deux volontés et envoie des députés au concile œcuménique de Constantinople. La paix est rétablie : laplu-

qu'il convainc ; en 646. il décide les évèques d'Afrique à rejeter le monothélisme, en 648-649, il décide le pape Martin à a^ir : d'où ses épreuves, et sa mort. — Maxime avait beaucoup écrit : des livres d'exégèse [Sur diverses questions ; Exposition du Pater], des commentaires enthousiastes sur Denys 1 Aréopagite, dont le pseudonyme l'a complètement trompé [Scolies], surtout des livres d'ascétisme [Liber ascelicus : Capita theolof/ica...}. — La marche de l'histoire tend, dit-il, à un double but : l'Incarnation de Dieu, (Tdtpxwj'.c. décrétée dès le commencement, fondement de toutes choses et qui s'est historiquement accomplie dans la plénitude des temps : la divinisation de l'homme, hio)^'.;, préparée par l'Incarnation et qui aura pour terme la restauration de la ressemblance divine dans l'homme. « Comme principe de la vie nouvelle et second Adam, le Christ est nécessairement vrai Dieu et homme parfait... ; l'intégrité des deux natures exige absolument deux volontés ou deux opérations. Mais c'est uniquement... la faculté de vouloir, qui appartient à la nature » ; les décisions, volitions sont affaires de la volonté. Bardenhewer : trad. fr.,III, 72; Wagenmann et Seeberg dans Herzog-Hauck, 3<=éd. XII, 1903, 437 ; Ehrhard dans Krumbacher, 61 : "^''eser : .S. Maxirni prœceptade incarnatione Dei et deificationehorninis... 1869, Berlin : Bach Dogmengesch. des M. A.. I, 1873, 13 ; Preuss : Ad. Maximi C. de Deo ho?ninisque deificatione doctrinam adnotationes , I, 1894, Schneeberg. Sur sa doctrine trinitaire. voir de Régnon : op. laud., I. 109 (P. G., 90, 1124) ; IV, 72, 187.

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part (les Monophysiles, désormais sujets de l'Islam, se sont abstenus de comparaître. Ceux qui viennent, comme le patriarche Macaire dAntioche, sont excommuniés et déposés. Un nouveau symbole est rédige qui complète Chalcédoine en le développant : « Gon- « formément à la doctrine des saints Pères, nous recon- « naissons en Jésus-Christ deux volontés et deux opé- « rations naturelles, sans division et sans changement, « sans séparation et sans confusion ; non pas deux « volontés opposées entre elles, mais subordonnées « lune à l'autre, de sorte que la volonté humaine suit « toujours la volonté divine à qui elle demeure sou- (( mise. » — Mais l'œuvre de l'empereur ne lui survit pas : l'esprit autonomiste byzantin est toujours vivant à la cour, de par les raisons politiques et l'absolutisme naturel aux césars, toujours vivant dans le peuple, de par la disposition créée dans les âmes par la longue guerre anli-chalcédonienne : l'attitude anti-romaine des Monophysites survit à la mort du Monophysisme dans 1 empire K

* Gonstanlin 1V^ devenu empereur en 6G8 (à la mort de Constant II son père) suit les avis du patriarche de G. P., Théodore (677-670). Le concile de G. P. se tient, de l'aveu du pape, du 7 novembre 680 au 16 septembre 681 : il réunit 174 évoques, anathémalise le monothélisme et ses auteurs (y compris Honoriiis, qu'anathématisc à son tour, en confirmant le concile, le pape saint Léon II. Mansi. XI. 733, A, 664, E. 665, A).

De 711 à 713, l'usurpateur Philippique restaure le monothélisme au concile de G. P.. 712 : saint André de Gréte et saint Germain de Gyzique eux-mêmes renient les canons de 681. Avec le même ensemble, comme un seul homme, tout l'épiscopat byzantin rejettera le monothélisme, sit(M Philip|)ique renversé

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