‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 102 sur 110 · LA QUERELLE ICONOCLA-TE · texte numérisé non relu

LA QUERELLE ICONOCLA-TE

Le culte des images s'est développé peu à peu dans les églises orientales, particulièrement depuis le vi^ siècle. L'affaiblissement du Paganisme a atténué la nécessité des prohibitions établies par les premiers conciles aiin de déraciner des cœurs les habitudes idolàtriques. L'usage de vénérer publiquement les porraits {icônes) de l'empereur et de l'impératrice a contribué à développer le culte, désormais toléré, des images pieuses. Saint Grégoire P*" juge légitime l'habitude qu'ont prise les fidèles de les baiser, de les encenser, de les entourer de cierges. De fait, si l'icône de l'empereur est reçue au milieu de processions solennelles, on ne voit pas pourquoi ces honneurs seraient le privilège de césar ; il est impossible qu'un peuple chrétien l'admette. Il faut ajouter que certaines images, qu'on croyait descendues du ciel, n'ont sans doute pas été sans exercer quelque influence sur le culte populaire qui était rendu à toutes.

Au début du vnP siècle, lempereur le condamna, bien que l'église de Rome l'eût accepté. Léon l'Isaurien le déclara incompatible avec l'Écriture et le proscrivit comme tel ; plusieurs évéques l'appuyaient, Constantin de Nacolia en Phrygie, Thomas de Claudiopolis, Théodose d'Lphèse. Mais le peuple se rangea contre lui, et Germain de Constantinople et Jean Damascène défendirent les intérêts de la piété. L'exécution de ledit rencontra des difficultés très graves, et suscita des

par Anastase II, 3 juin 713. Mansi, XII, 192. .On sait qu'il survécut longtemps chez les Maronites du Liban. i

troubles ; lorsque les policiers impériaux détruisirent l'image du Christ appelée àvT'owvTiTr,:, qu'on vénérait dans le quartier de (^halcoprateia, il fallut en venir aux mains et le sang coula dans les rues. Un aml)itieux tenta dexploiter le mécontentement de la foule; Cosmas se présenta comme le défenseur des images en Grèce et dans les îles; il aspira à l'empire. Il fut vaincu. L'empereur, libre de ce côté, déposa Germain, qui osait lui résister, et le remplaça sur le siège patriarcal par un évèque complaisant, Anastase. Un second édit iconoclaste fut promulgué cette même année ; la plupart des évèques laccucillirent; le peuple courba la tète.

Restait Rome. I/empire byzantin, c'était clair, revendiquait une autonomie complète en matière religieuse ; cette fois-ci même, on ne pouvait pas prétendre qu'ini intérêt politique très puissant l'obligeât, comiiie au temps de Justinien, à concilier avec l'orthodoxie catholique la foi de ses sujets orientaux. Une tradition choque le système théologique du prince ; le prince la détruit : voilà tout^

• Il parait en effet certain, aujourd'hui, que Léon l'Isaurien, 717-740, fut seulement poussé par sa foi : né en Syrie, il avait profondément subi dans sa jeunesse riniluence des Pauliciens et des Messalicns — qui rejetaient également les images — ; il transmettra à son fds Constantin sa foi iconoclaste. La résistance du patriarche, la vaine révolte de la flotte dAgallianos et Etienne ne l'ont pas arrêté : le 18 avril 726. il a rendu son premier décret (Mansi, XIII, dOO : Théophane, 6218). La déposition de Germain est de 721). le second édit de 730. — La patrice Marie a été mise à mort pour la foi le 9 août 729. Voir Schwarzlose : IJer Bilderstreil, 1890, Gotha.

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