‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 103 sur 110 · ROME ET L EMPEREUR · texte numérisé non relu

ROME ET L EMPEREUR

Rome protesta. Depuis que les généraux de Justinicn l'avaient reconquise à l'empire, l'élément grec, sans doute , s'y était considérablement développé ; au vii^ siècle, elle était devenue une cité à moitié hellénique. Les moines grecs y avaient fondé de nombreux couvents. Les saints grecs, la liturgie grecque, les légendes grecques y avaient fait invasion. Et l'exarque à qui, depuis 680, l'empereur avait délégué son droit de contirmer le pape, ne se faisait pas faute d'intervenir dans les élections pontificales, afin que le choix du clergé indigène ne s'égarât pas sur un personnage hostile à Byzance. Pendant trente années même ^, les sept papes qui se succèdent sur la chaire de saint Pierre sont tous des Grecs ou tout au moins des Orientaux -, Une tradition hellénique est donc enracinée à

* De 685 à TU.

- Sur cette hellénisation de Rome au temps de l'exarchat. voirCh. Diehl : Etudes sur l'administration byzantine dans l'exarchat de Ravenne, Paris, 1888. p. 251-266 ; A. Dufourcq ; le Passionnaire occidental au Vlb siècle, dans les Mélanges de l'Ecole de Home. 1906. Au concile de Latran de 049, des moines grecs remettent au pape et lui font lire leur profession de foi écrite en grec ; ils habitent les 4 couvents de Saint-Anastase ad Aquas Salvias, de saint-Sabas, de Renati, d'Arsicia : la persécution iconoclaste grossira leur nombre. On connaît encore à Rome trois autres couvents d'Orientaux (Bcethianum, Sainte-Laure, Saint-Erasmei. Dès la fin du vil" siècle iDonusi, il semble que les papes se méfient de ces couvents. — Les empereurs tâchent de faire nommer papes des Grecs (tels que Boniface III, 606, Théodore, 642, Agathon), des fils de fonctionnaires impériaux (tels que Vigile, Pelage I, .Jean III, Honorius). Les i)apes grecs nommés de 685 à 774 s'appellent Jean V. Gonon, Sergius, Jean VI, Jean VII, Sisinnius, Constantin. Grégoire III et Zacharie sont aussi orientaux d'origine. De fait, Sergius et Grégoire III mis à part, « la plupart de

Homo, qui peut servir rempereur. Au moment de la querelle iconoclaste, c'est pourtant la tradition romaine qui l'emporte : tant est clair l'enseijiinement du passe ! Un pape, fùt-il grec, ne peut laisser prescrire les droits de l'église de Pierre. Grégoire II proleste contre l'empereur. Grégoire IIl menace de l'anathème quiconque détruira ou seulement insultera les images ^

L'empire ne se soumet pas. Dans un concile solennel qui réunit plus de trois cents ëvêques ou abbés, Constantin Copronyme (ait déclarer que le culte des images est une œuvre de l'enfer et une nouvelle idolâtrie. Les décrets du concile sont partout exécutés, au prix de grandes violences : les églises sont dépouillées de leurs images, les peintures murales disparaissent sous des enduits, les tableaux sont remplacés par des paysages. Les moines résistent ; 1 un d'eux, 1 abbé Etienne, est martyrisé. La foule hésite, tiraillée en sens contraire par la tradition anti-romaine et |)ar les exigences de sa piété -.

••es jJHix'S forces curent à cœur de justifier j)ar leurs complaisances rallente qu'on avait d'eu.x ». Diehl, p. "2^. — D'un mot, je rappelle l'histoire de Vigile au siècle précédent.

* Grégoire II, Tlo-731 : Grégoire III, 731-741. Léon riposte au concile de Rom(\ novend)re 73i. en confisquant les patrimoines siciliens de léglise romaine et en étendant à l'Italie la juridiction du patriarche de C. l'. [Mansi, XII, 2yy].

* Constantin V, 741-773. doit combattre d'abord une révolte des orthodoxes, guidés par le général Artavasdc (juin 7il-nov. 742) ; d'où sa longue prudence, 74i'-7o2. Kn 7ô3, le 10 février, après s'être assuré de la bonne volonté des évéques, l'empereur réunit un concile ii Hiéria, près de C. P., en Bithynie ; Théodose d'Kphè.sp et Sisiiinius Pastillas de l'ergè entraînent l'assemblée

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