IV
est achevée, dont le schisme mélécien ^ a marqué les débuts : l'indépendance de l'Orient et la primauté de Gonstantinople, favorisées par la ruine d'Alexandrie, appuyées sur les tendances particuHères de la foi orientale et sur l'intérêt politique de l'empereur, sont solidement établies maintenant.
Sous prétexte de compléter les derniers conciles œcuméniques, l'Eglise byzantine prend le contre-pied des usages occidentaux K L'empereur se sent même si sûr de sa force, il se croit si vraiment revêtu d'une mission divine l'obligeant à défendre la foi, qu'il contredit ses dociles évêques, écarte le fantôme de patriarche, qu'il élève ou bafoue '^ à son gré, et dogmatise en son nom propre pour condamner la
* Voir supra, p. 114-IIIj. ii.
* Au concile iti Trullo (= grande salle à coupole du palais) de l'automne 691. Ses 102 canons n'accueillent aucune décrétale, acceptent tous les canons apostoliques, non les 50 premiers; imposent le mariage aux clercs majeurs, sous-diacres, diacres et prêtres : proscrivent le jeûne du samedi et Tusage du sang des animaux, etc.... Rolli et Potli : S-JvxaY[aa xtov hv.oi^^ y.clI Upwv xavôvwv, II, 1854, Athènes, p. 295-554. — [Ce concile a été précédé de lapparition d'une Collection canonique qui accueillait le concile Carthaginois de 419, celui de C. P. de 384, etc... Pargoire, 200-203]. — L'organisation intérieure de l'Eglise byzantine reste sensiblement la même qu'au vf siècle.
2 « En novembre ou décembre 742, sur un ordre de l'empereur, le patriarche Anastase est fouetté devant tout son peuple, juché à rebours sur un une, forcé de tenir en mains la queue de l'animal, couvert d'immondices et d'injures; et ce patriarche, après un pareil traitement, continue à occuper le trône de Sainte- Sophie, jusqu'à sa mort, 752 » [Théophane, 6235 ; Pargoire, 927]. (Parei traitement est inHigé, le 7 octobre 766, à l'ex-patriarche Constantin, — Comparer les violences dont ont souffert Silvère