APOSTATS ET MARTYR
frircnt ép^alement le marlyre. A Snivrne, le prêtre Pioiiius, surpris au moment où il célébrait lanniversaire du martyre de Polycarpe en compagnie de quelques personnes, subit le supplice du feu, ainsi qu'un prêtre marcionite. Métrodore. Babylas, évêque d'Antioche, et Alexandre, évêque de Jérusalem, furent mis en prison et y moururent. (Jrigène fut arrêté à Césarée, mis en prison et écartelé : il mourut, deux ans après, des suites de ses blessures. En beaucoup d'endroits, les évêques réussirent à échapper, tels : Gyprien à Cartilage, Grégoire le Thaumaturge à Xéo-Gésarée, Firmilien à Gésarée de Cappadoce. Denys, évêque d'Alexandrie, attendit les officiers de police pendant quatre jours, puis il se décida à partiravec ses enfants. Gomme ou avait retrouvé sa trace et qu'on le ramenait à Alexandrie, des paysans chrétiens prévenus par un de ses lils se précipitèrent sur l'escorte, enlevèrent lévêque et le portèrent en lieu sûr. De leurs retraites, les évêques qui s'étaient cachés continuaient à dirio^er leurs éo-lises ; ils restaient en communication avec les membres du clergé et les fidèles liardis qui remplissaient toujours les devoirs de leur ministère et se dévouaient aux œuvres charitables. La vie chrétienne persistait sous la terreur, la correspondance de Gyprien l'atteste.
« Une année se passa dans ces angoisses. Les confesseurs, entassés dans les prisons, mouraient lentement; de temps à autre, quelques-uns montaient sur les bûchers, étaient jetés aux bêtes ou avaient la tête
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tranchée. L'Eglise enregistrait avec joie ces nobles exemples. On enterrait les martyrs, on visitait les prisonniers, on secourait les fugitifs, on encourageait les âmes tremblanles, on consolait et on réconciliait les apostats. Enfin, vers la fin de Tannée :2oO, la persécution se ralentit. Au printemps suivant, la sécurité revint; les évéques reparurent, les réunions reprirent leur cours en novembre 251 ; Dcce mourut devant lennemi, près du Danube. Le danger semblait disparu. Cyprien put réunir un concile à Carthage et 1 église romaine, sans clief depuis quinze mois, se donner un évèque » ^
Cependant, la tranquillité dura peu : les auteurs de la persécution avaient fait commettre beaucoup de lâchetés, , ils n'avaient pas arraché la foi du cœur, comme des lèvres, des apostats ; et peu à peu l'insuccès de leur œuvre apparaissait au regard. Sans se laisser décourager, ils recommencèrent. Ils obtinrent de Trebonianus Calhis, le successeur de Dèce, un nouvel édit qui contraignait les chrétiens à sacrifier; le pape Corneille fut arrêté ; mais les fidèles accoururent en grand nombre devant le trii)unal, confessèrent leur foi, se déclarèrent prêts pour la mort-; et Corneille fut seulement exilé à Cività-Vecchia. Gallus, Valérien hésitèrent à sévir encore : ils semblaient pressentir linutihté de leurs cruautés. Mais lachancel-
^ Diichesne, ], 3(i9-372. J'ai qncUiiiefois resserré le lexlo. * Fin de iJ^iâ. Noter que. deux ans plus tôt, lors du niarlyre de Fabien, les fidèles iravaient pas bougé.