LE BAPTKME DES HÉRÉTIQUES
partout d'être intégrés dans la grande Église, TKglise catholique, ainsi que parlait saint Ignace. Ils abandonnaient l'espoir qu'ils avaient si longtemps caressé ; ils n'étaient pas maîtres de modeler la foi des chrétiens au gré de leurs fantaisies théologiques ; aucune de leurs sectes n'avait pris un essor comparable à celui des églises en communion avec Rome ; aucune ne pouvait citer de si nombreux docteurs ni de si glorieux martyrs. La gloire qui entourait les témoins du Christ rejaillissait déjà sur leur mère, rehaussait son prestige, accroissait sa force ; on allait à elle d'autant plus volontiers que sa puissance venait déclater avec un incontestable éclat. Mais si les hérétiques, un peu partout, demandaient leur réintégration, on n y mettait pas, partout, les mêmes conditions. Le baptême chrétien comprenait deux rites sacramentels distincts : le premier et le principal était l'immersion, accomplie au nom des trois personnes divines ; l'autre (que nous appelons confirmation) comprenait trois actes : l'onction d'huile parfumée, limpression du signe de la croix et l'imposition des mains. A Carthage, en Cappadoce, en Galatie, en Cilicie, dans TAsie phrygienne, à Antioche et en Syrie, l'initiation hérétique était réprouvée tout entière : les convertis devaient recevoir de nouveau le baptême et la confirmation. A Rome, au contraire, et à Alexandrie, on ne renouvelait aux convertis que le rite coUatcur du Saint-Esprit ; leur baptême était jugé valide. La lutte éclata entre les partisans des deux disciplines ; le pape Etienne V refusa
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dadopter l'usage de Carthage et défendit aux évoques d'Afrique de s'y conformer : autrement il rompait tout rapport avec eux. L'église d'Afrique, réunie en concile à Carthage, prit une position de résistance passive : sans nier la nécessité de suivre, en matière de doctrine, l'église souveraine dont le pape était le chef, sans contester l'autorité du successeur de Pierre et de l'église de Pierre et Paul, elle déclara que cette église faisait en l'espèce une mauvaise application de son autorité. — Cet éclat fit grand bruit : Firmilien, l'évéque de Césarée, prit parti pour Carthage ; Ihiver 256-257 se passa sans qu'une solution survînt. Qu'allait-il advenir? Le 2 août 257, Etienne mourut martyr; ses successeurs se relâchèrent de son intransigeante attitude ; saint Denys d'Alexandrie s'entremit auprès de Sixte II, élu nouveau pape, comme autrefois Irénée auprès de Victor ; chaque église garda sa discipline ; les rapports se renouèrent entre Rome, Carthage et Césarée; l'unité était sauve K La vivacité de ces controverses atteste l'intensité de
' Daprès Diichcsne, I. 4iy-4-*9. Il c.^tccrlain que cette fâcheuse affaire a d'autres causes que des causes purement liturgiques. Cyprien et le pape Etienne n'avaient aucune sympathie l'un pour l'autre : ils s "étaient trouvés en conflit en Espagne (affaire Martial-Basilide. Voir supra, j). 38, note] ; en Gaule, et peut-èlre à Rome. Kticnne ménageait les Novaliens j)lus que n'avaient fait Lucius et Corneille. Il est encore vraisemblable que, à Rome, on était un peu agacé du prestige croissant du concile d'Afrique : on venait le consulter d'Es|)agne. et même de Lyon : il ne se gênait pas pour donner tort à Rome. [Comjiarer. aux environs de Tan 400, une rivalité analogue entre Rome et Milan : ici et \h, le prestige d'uju-giiand évéque, Timporlance d'une S 5.^.