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L EGLISE Romaine 41
la vie religieuse. Rome occupait toujours la première place parmi les églises. Cyprien saluait en elle « lé- « glise souveraine d'où procède l'unité sacerdotale ». Le pape DenysP'", qui avait succédé à Sixte II, réprimandait ouvertement l'évéqued" Alexandrie, son homonyme, et rillustre émule de Cyprien en Orient n'hésitait pas à se soumettre : Denys dAlexandrie avait enseigné dans une lettre à Euphranor et à Ammonius la subordination réelle du Fils au Père. Le nombre croissant des fidèles avait amené les papes, peut-être, à répartir la ville en sept circonscriptions ecclésiastiques; leur piété somptueuse égayait de fresques les éghses souterraines où ils célébraient les mvstères '. — L'Asie
grande métropole, menacent indirectement, mais effectivement, la primauté romaine.]
Lusage que repoussait Rome avait été sanctionné par un concile africain réuni vers -2-2î) par Agrippinus, par les conciles asiatiques d'Iconium et de Synnada [Voir aussi Tertullien : de bapf.: la didascalie, les Const. Ap.], par le concile africain de 2o5. L'Afrique n'y renonça qu'en 314 iconcile d'Arles).
L'occasion de la controverse fut une lettre de Cyprien [~'2] à Etienne, datée de fin 255 ou printemps 256 : elle condamne absolument l'usage romain, elle engage Rome à adopter l'usage africain et syrien. Voir encore lettre de Cyprien à Tévêque Jubaïen [Monceaux/ II. 37-39: Hefele-Leclercq, î, i. 172-191 et 2. 108S; Turmel : S. Cyprien et la papauté pendant la controverse baptismale. Revue Cath. des églises. lyO"j, II, 454, 577 : Nelke : Die Chronologie der Korrespondenz Cyprians... Thorn., 1902: dAlès : La question baptismale... Revue des questions historiques. 1907, t. LXXt : Delarochelle : L'idée de l'Église dans S. Cyprien >R. d'Hist. et lift, rel., I, 1896, 519) ; Sohm : Kirchenrecht.]
L'auteur anonyme du de rebaptismafe soutient la thèse romaine; et. d'après Monceaux, II, 91-97. c'est un évoque africain. Voir là-dessus Ilefele-Leclercq, I. 1, 182. note 2.
• Voici la liste des papes du iii-^ siècle, après Calliste. 217-222:
42 L EGLISE IMl'ÉUIALE : LA VIE CIIHÉTIEXNE
Mineure est dominée par Césarée de Gappadocc ,
L'rhain, :2f2-i'30 : Pontien, :23Û-2:!5 : Anlèro. 2;;o-236 : Fabien, 23(i- 2.)0: Corneille. 2ol-253: Luciiis, 253-254: ivtienne I". 254-257: Sixte I[, 257-258; Denys, 259-268: Félix h^, 268-274; Eutycliien, 27:i-283: Gains, 283-2".)6': Marcellin, 296-304. Snr lenrs écrits, voir IJardenhewer. II, 576-583. — Sur « l'autorité spéciale de l'église romaine.... plus sentie que définie », voir Duchesne, I, 536-538 : « sa situation était tellement claire que les païens en avaient |)leine conscience. Entre deux prétendants au siège d'Antioche, l'empereur Aurélien voit tout de suite (pie le bon, c'est celui qiw légitime la communion de l'évèque de Rome ».
Voir encore la lettre infiniment curieuse qu'adresse au clergé de S. Gyprien fugitif le collège des prêtres romains qui gouverne l'église romaine après le martyre du pape Fabien, pendant la i)ersécution de Dèce. En voici quelques passages caractéristiques : « Nous qui nous trouvons être les chefs, nous aroiis le devoir de garderie troupeau... Frères bien aimés, ne soyez pas ûvs mcrcenaires... Vous devez agir ainsi.... vous derez par vos exhortations... Nous vous mettons aussi sous les yeux les autres devoirs qm vous incombent... On doit..., il fait/..., on ne devra pas... Recevez le salut de vos frères prisonniers, des prêtres et de toute l'Eglise qui veille avec sollicilude sur tous ceux qui invo. quent Le nom du Seigneur... » [Les mots soulignés l'ont été par M. Turmel, dont je reproduis la traduction : Histoire du dogme de la papauté, Paris, 1908, p. 90-92. Voir Ilarnack : T/ieologische Abkandlungen Weizsâcher f/ewidmel, p. 20]. — Gyprien, qui veillait sur son église avec le dévouement que l'on sait, fut très piqué, on le conçoit : il demanda à Rome si la lettre était bien authentique: puis, il donna des explications; il avait besoin d'elle.
L'évêché de Rome, le siège social (domus ecclesiie) de l'église, était sans doute au cimetière de Galliste, depuis le temps de Zéphyrin [IMiilosophoumena, IX, 12. — V. G., d6., 3 383] : ce cimetièie est la propriété collective de l'église romaine, ainsi cpie quelques autres. Mais il est certain que d'autres catacombes sont encore propriétés privées. Le cimetière de Galliste est agrandi au ni« siècle |on y rattache ceux de Galocère-Parthenius, de Sotère, de Halbine]: la crypte papale y est organisée. Le cimetière Ostrien prend aussi de notables développements. — Dans l'intérieur de la ville, surtout sur la i)ériphérie, les Ghrétiens possèdent (piehpu^s églises [S. Glement, S. Cécile. S. Galliste?] Mais il s'en faut (pie les fies(pies et les sculptures de ce temps aient la grâce et la ])(Mfe(iion des inoiiumeiits du if siècle. [Vers 250, il y