‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 21 sur 110 · ANTIOCHE ET ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ANTIOCHE ET ALEXANDRIE

école catécliétique les penseurs qaiiiqiiiète le mystère divin : elle est dirigée tour à tour, après la mort deDenys^ par Théognoste, Pierios et Sérapion. Les âmes ardentes habitent le désert qu'ont peuplé d'abord ceux qui fuyaient les bourreaux : saint Paul de Thèbes y mène lavie d'un anachorète ; saint Antoine, plus jeune

cation de la Vie de Constantin, déclare que le monde est rempli des fragments de la croix, conservée jusquau temps où il parle » [Caléch., IV, 10; X. 'J. — Duchesne. Origines chrétiennes, nouvelle édition, 1884 (?). p. 343-344]. Voir aussi Eusèbe : Demonstr. Evanrj.. YI, 18 [Duchesne. Il, 79, 4].

* Denys. évèque d'Alexandrie, de 248 à :264, était un rhéteur, converti par Origéne et qui fut d'abord chef du Didascalée. Il lutte d'abord contre les violences du paganisme locaL avant de devoir fuir les policiers de Déce : rattrapé, il est délivré par des paysans chrétiens et installé dans le désert, à trois jours de Paraetonium. Au temps de Valérien, il est exilé à Kephro [Eusèbe, VU, 11], puis à Kûllouthion. Quand la persécution s"apaise, la guerre civile, puis la peste dévastent Alexandrie. — Ces agitations n'empêchent pas Denys d'intervenir dans les controverses africaines [supra, p. 4U], et de s'occuper de théologie : il réfute les excès de lallégorisme traditionnel, et les théories sabelliennes qui se répandent en Cyrénaïque. — Outre ses nombreuses lettres, utilisées par Eusèbe, il a écrit un Commentaire de l'Ecclésiaste, un traité de la Sature, un traité des promesses dirigé contre le millénarisme de Nepos d'Arsinoé (il y dénie l'Apocalypse à l'apôtre Jeam, une Apologie adressée au pape Denys, ou il se lave du reproche de subordinatianisme. — Voir Bardenhewer, II. 167-lîJl : Harnack. I, 40U-427 : Duchesne, I, 475.

Aux côtés de Denys, on aperçoit d'autres figures de grands chrétiens : le diacre Eusèbe et le mathématicien Anatolius qui tous deux, l'un après l'autre, devinrent évèques de Laodicée [Bardenhewer, II, l'Jl : lleiberg : Anatolius sur les dix premiers nombres. Maçon, 1901], Théognoste, l'auteur des Hypotyposes qu'admirait Athanase en dépit de son subordinatianisme [Bardenhewer. IL l'Jô; Harnack. I, 437; Diekamp dans la Theol. Quart., 84 (l'J(Ji). 481], Pierios que Jérôme appelle « Origines iunior v [Bardenhewer. H, 198], Sérapion et Pierre qui mourut martyr en novembre 311 [Harnack. lil. l'ui' : Bardenhewer. II. 2U3].

que lui de quelque vingt années, passe vingt ans dans une^solitude comj)lèle et inaugure ensuite la vie cénohitique^. — Ce qui caractérise la physionomie de la vie chrétienne d'Afrique, ce sont les conciles bi-annuels qui réunissent périodiquement sesévéques à Pâques et à la Pentecôte ; c'est l'éclat grandissant de Garthage, qui bénéficie du prestige de Cyprien; c'est la diffusion progressive dcrÉvangile parmi l'élite cultivée : après Tertullien, après Cyprien, voici un illustre rhéteur que la foi conquiert encore, cet amer contempteur de la raison humaine (|ui sappi^Ue Arnobc-. — L'église des Caules

* Sur Paul de Thèbes, voir Analecta Bollandiana, II. 501, XI. 29:2, XX, 421, ll7 et 211 ; voir aussi Bidez : Deux versions Cfrecques inédiles de la vie de Paul de Thèbes. Gaiid, 1900, in-8. — 11 vivait vors 24U-o40 ; tous nos renseignements vieiuient du récit de sa vie (ju'écrivil S. Jérôme, vers 370 [1*. L.. l'o, J7|. à rinlenlion des humbles el des simples.

S. Antoine se forma sous sa direction. Né en 251, à Comon, près d'IIeracleopolis, d'une famille copte aisée, il ne voulut jamais aj)prendre à lire ; il ignora toujours le grec. Vers 270, ses parents morts, il vend ses terres, place sa sœur dans une maison de vierges et vit en ascète près de son village. En 285, il s'installe en plein désert, à Pispir, entre Atfdi et Béni-Souef; à la (in du siècle, surtout au temps de Dioclétien. il groupera une foule de disciples, et mourra vers 356. — Nous connaissons sa vie par le récit qu'en lit S. Athanase, son ami. P. G.. 20, 8G7. Voir Analecla Bol., 11. 341. XI, 293, XIII, 405, XIV, 207, XVII, 305, XVllI. 70. XX, 90.

- 11 i)rofesse à Sicca (le Kef) à la fin du in« siècle: i)aïen dévot, fanatique, il attaque les chrétiens; sa conversion (vers 295) |)aiait si surprenante que nul n'y croit ; i)our donner des gages, il rédige l'Adi-ersus Na/iones, en sept livres, où il attaque les philosophes, la mythologie, le culte païen. 11 soutient qu'il est aussi criminel de vouloir prouver Dieu que de le nier, que l'homme est l'égal de la héte : il use de l'argument du pari contre les incrédules... C'est un passionné. Mais c'est aiissi un érudif. — Voir Monceau.x : III. 241. Édition par Reifferscheid, Wien, 4875 : P. L.. 4.

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