‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 22 sur 110 · L AFRIOUE ET LE> GAULES · texte numérisé non relu

L AFRIOUE ET LE> GAULES

ne paraît pas moins agissante; cest elle qui, à ce moment, entante les nouvelles communautés de Tours, d'Angers, de Xarhonne. de Toulouse, de Paris, de Clermont et de Limoges ^ ; c'est elle aussi, sans doute, qui essaime dans les pays rhénans, à Cologne, Tongres. Trêves et Metz. Les chrétientés danubiennes-, pour jeunes qu'elles soient, gravitent autour de Pettau où saint Victorin ' commente avec moins de science que de profondeur la Genèse et V Exode, Isaïe et Ézéchiel. V Apocalypse et saint ]\Littliieu.

A la lin du m'' siècle, lorsque Dioctétien travaille à réorganiser l'empire, la vie chrétienne se développe avec autant de puissance que de sécurité au sein de l'Eglise victorieuse. La discipline se lixe. Le prestiq-c croissant de l'ascétisme contraint souvent le clergé au célibats La coutume des grandes églises s'impose à

' La mission des sept évèques envoyés en Gaule par le pape, au temps de Dèce [Greg. Tur.. H. F. 1., 28: X, :il] est, sans doute, une pure légende. Voir Duchesne : Fastes épisc, I; Harnack. Mission, II, 226.

- Harnack : Mission.. . II, 201. 230-232.

' Yictorin vivait en Styrie et mourut martyr. Outre ses commentaires bibliques, il a écrit, vers Tan 300, un traité adversu.s omnes haeres'es. qui utilisait le livre de S. Ilippolyte. — Il a été oublié de bonne heure, absolument : en raison de son méchant style, ou de ses tendances origénistes, ou parce que les commentaires de S. Jérôme ont éclipsé les siens. Harnack : Clironologie, II, 2, 426-432. Bardenhewer, II. 5'J3.

^ La. Didascalie seule semble l'ignorer. Voir Yacandard : Éludes de critique et d histoire religieuse, 1905, p. 79, sq. >«oter surtout Eusèbe : Dem. ev., I, 9. P. G.. 22, 81 : Gvrille de Jérusalem : Catéch., XII. 25, P. G., 33. 757: et Synesius : ep. 105. P. G., 66, 148.J. Mais la continence n'est toujours qu'une coutume, et non une loi [Canons d'Hippobj/e, 8.]

48 T. EGLISE IMPERIALE : LA VIE ClIRETTENNE

à l'imitalion des communautés filiales ou moins importantes. Les codes disciplinaires, qui ont fait leur apparition au temps du MontanismeS se multiplient rapidement : c'est la Didascalie des Apôtres-, ce sont les Canons d'Hippolyte\ ft Ces petits livres donnaient une expression à cette idée, universellement répandue, que tout ce que lÉglise possédait de bonnes traditions et d'institutions utiles, elle le tenait des Apôtres. Ce même sentiment se rencontre, sous d'autres formes, chez tous les écrivains chrétiens qui se trouvent amenés à réfléchir sur la constitution de l'Eglise. Au lu^ siècle.

' Voir lomo III, p. :2i0-:226.

- Publiée en '18d4 par Lagarde. en syriaque, traduite en français i)ar Nau : leCanonisle contemporain., l'J01-l'J02. Une version latine fort antique vient d"ètre découverte par Ilauler à Vérone : il en a commencé la publication en l'JOO. Il existe une version arménienne. — Cette compilation est originaire de Syrie. Harnack : Chron., I, olu; Achelis et Flemming : Die syrische Didaskalia, 4904, Leipzig.

^ C'est un « exposé de la discipline et de la liturgie chrétienne : des conditions de l'ordination de l'évèque, des prêtres, des diacres : du presbytérat honoraire des martyrs ; de la réception des lecteurs, des veuves, des vierges; du catéchuménat, du baptême et de la pénitence : des rites du baptême, de Tagape, de l'eucharistie, de l'onction des malades; des jeûnes, du mariage, de la prière « iUatiffol : Li/t. grecque. 155]. Le texte découvert par llaneberg en 1870 est un texte arabe; nous avons aussi un texte éthiopien. Ces textes dérivent d'une traduction copte faite sur le grec primitif. A la fin de ses "2» et 3» éditions des Origines du ciitle chrétien. Msr Duchesne a reproduit, dans la traduction latine faite par Haneberg. ce texte capital. — Il est très vraisemblable qu'il est d'origine romaine et date du in<' siècle. Voir Achelis : Cnnones Hippoly/i, 4891. — Sur le culte, au ni" siècle, voir Wieland : Mensa el Confessio, Miinchen, 1906. Noter que l'intercession pour les morts se retrouve alors dans toutes les liturgies.

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