‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 25 sur 110 · LA PERSÉCUTION EN ORIENT · texte numérisé non relu

LA PERSÉCUTION EN ORIENT

Maximiii Daïa continue l'a-uvre de Galère. Devenu maître de l'Orient à la mort de celui-ci, il parcourt ses États à la tin de l'année 311^ et ranime hypocritement la persécution languissante. Il soulève l'opinion, réveille les passions de la foule, organise des pétitions et des conférences, répand des pamphlets parodiant

persécution et permettait « ut denuo sintchristianiet conventicula sua componant, ita ut ne quid contra disciplinam agant ».

Sur les martyrs des pays danubiens et balkaniques, nous avons quelques documents utilisables [A. Dufourcq: G. M. R. II, 211-260] : je cite ici Florian de Lorsch et Quirinus de Siscia, Hermogène, Pollion et Irénée de Sirmium. Pasicrate et Valention, Marcien et >'icandre et Jules de Dorostorum, Montanus de Siugidunum, Dasius d'Axiopolis. Victorin de Pettau. Voir aussi les actes de Philippe d'Héraclée [Ruinart, 1859. 440].

Sur les martyrs orientaux, voir Eusèbe : de Mart>jr. Palest. Louvrage a été écrit en 313. Nous en avons une recension courte. qui suit, dans la plupart des mss. le livre VIII de IHistoire Ecclésiastique (ou le livre X). — et une recension lonrjne qui ne nous est parvenue complètement qu'en syriaque (dans un ms. de 411 découvert par Cureton : voir son Hlstory of the martyrs in Palestine, 1861). La version longue semble être une deuxième édition, augmentée, de la version courte [voir Bruno Violet : Die Palustinischen Mârtyrer des Eusebius. Texte und Unt. XIV, 1896 ; et Analecta boUandiana. XM (lS97i, 113. Lire une traduction française du texte dans Leclercq, IL 327-376]. Le livre d'Eusèbe raconte Thistoire de quarante-trois martyrs palestiniens exécutés durant la persécution de Dioclétien (302-30o), durant la persécution de Galère 1 306-311), durant la persécution de ^laximim (311- 31 3j. On peut le compléter, quant à Ihistoire de la persécution de Galère, par les actes de Philéas et de Philorome [Knopf : op. laud., 09-106].

On remarque que pas un évèque catholique de Palestine n'a été martyrisé, mais seulement un évéque marcionite, Asclepios : deux prêtres catholiques. Pamphile et Sylvain de Gaza, un assez grand nombre de diacres, exorcistes, lecteurs [Romain. Romulus, Zachée, Alphée. Valens, Procope] ont été exécutés ; certains évêques ont été faits palefreniers [cf. la légende de S. Marcel de Rome]. Souvent les martyrs se sont offerts aux persécuteurs

l'Kvangilc, donne un mot d'ordre aux rliéleurs et aux fonctionnaires. Voici renaître les vieilles accusations de caiHiibalisme et de débauche. Des députations s'adressent au prince, lui demandant de proscrire ce culte qui souille la terre et provoque les dieux ; et le prince se laisse persuadera Ce n'est pas tout : « Maxi-

les ont défiés ou sounietés (J-Mesios à Alexandrie) ; mais il ne semble pas que ceux-ci aient fait preuve dune férocité s|)éciale : dès 307, du reste, la peine de mort est remplacée par la condamnation aux mines [mines de cuivre de IMiaeno, au sud de la mer Morte : la i)etite colonie chrétienne sera décimée et dispersée par Firmilien]. C'est en Egypte et surtout en Thébaïde que la persécution fut le plus atroce [Passio 37 marhjrinn /Egyptiortini. seu Paiili et Pans'n, Ruinart, 1859, 575]. — Un peu partout, les chrétiennes étaient d'abord envoyées au lupanar; pour l'éviter. i)lusieurs se suicidèrent [ainsi Domnina et ses deux filles, Hérénice et Prosdocé. S. Jean Chrys., Uom., 51 ; Augustin: Civ. Del, 1, 1^6 : Ambroise ; De virginibus, m, 7 ; ep. 37]. — En Arabie, on tuait les chrétiens à coups de hache ; en Cappaduce, on leur brisait les jambes : en Mésopotamie, on les enfumait ; dans le Pont, on leur enfonçait sous les ongles des roseaux j)ointus, « ou bien l'on arrosait de plomb fondu les parties les j)lus intimes du corps » [d'après Duchesne. II. 40-50. Voir aussi Allard, 138- 13'J].

* Seul, avec Galère. Maximin Daia haïssait les chrétiens. En 308, il avait lancé un édit qui aggravait dans ses Etals (Gilicie, Syrie. Egypte) l'édit de 300 : « ordre (rarroscr d'eau lustrale les denrées mises en vente et de forcer les baigneurs à brûler de l'encens aux pieds des dieux avant d'entrer dans les thermes » [Eusèbe : Murt. Pal., 0, 2-3: — cité par Allard, 138-139]. Il ne signa i)as l'édit de 311 et ne l'appliqua guère. Mais sa méthode fut déloyale ; les chrétiens étaient poursuivis, non pas en tant que chrétiens, mais sous des prétextes quelconques de 311 à 313 Ainsi périrent Silvain évèfiue d'Emèse, Pierre évoque d'Alexandrie' Lucien prêtre d'Antioche, Tyrannion évéque de Tyr, Hesychius,' Pachumius et Théodore, évéques égyptiens. Claude, Asierius oî Néon [Eu.-èbe. vui, 13: ix. 6; Allard. V. 68, 189-191], Méthode évéque de Paiare.

La persécution de .Maximim, interrompue |)ar sa ruine, rccom-

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