CONSTANTIN ET LES EVKQUES
Mais voici que les Ariens relèvent la tète; ce sont de nouveaux tracas pour Constantin chef dEtat, pour Constantin protéi^-é de Jésus. Il interviendra comme il
250. Vit. ConsL, m. 8. Les chiffres de 300 et 318 sont légendaires (voir Genèse. 14. 14). Ilefele-Leclercq, 1, 1, 40'J : Diichesne, II, 143. — Mais Athanase dit aussi 318. P. G.. 26. 1031. Voir Gelzer, Hilgenfeld, Cuntz : Patrum nicasnorum nomina... Lipsia^, 1898; Turner : Ecclesiae occidentalis mouiimenla iuris ant., II. 2, 97. Il y avait peu d'occidentaux : Osius, Cécilien, Marc de Galabre, Nicaise de Dijon, Domnus de Stridon : le pape Sylvestre était représenté par deux prêtres romains, Victor et Vincent. Parmi les évéques orientaux, on se montrait les confesseurs survivants, tout meurtris: « Potamon d'Héraclée en Egypte, qui avait perdu un œil dans la dernière per.sécution ; Paphnuce de la Haute Thébaïde qui avait eu un œil crevé et le nerf de la jambe brillé durant la persécution de Maximln. Un autre évèque, Paul de Néo-Césarée. avait eu les mains brûlées par les fers ardents que Licinius lui avait fait appliquer. Jacques de Nisibe passait pour un thaumaturge : on disait qu'il avait ressuscité des morts » [Hefele-Leclercq, I, 1,413]. — Après la séance impériale, où Constantin prit place au haut de la salle, un diner d'apparat fut servi aux membres du concile. « Sur leur passage, la garde présentait les armes: les confesseurs voyaient reluire comme autrefois l'acier des sabres, mais ils n'en avaient plus peur. Plusieurs se demandaient si c'était un rêve, ou si l'on était déjà dans le royaume du Christ » [Duchesne, II, 147].
Il ne nous reste que trois des actes du concile : le symbole, les vingt canons et le décret synodal. Cf. aussi les données d'Eusèbe, Vita Consl., m, 22, et d'Athanase qui était présent [de decreiis nicœnls : ad Afros]. — Nous avons encore une histoire du concile de IStice'e, en trois livres, écrite vers 480 par un certain Gélase de Cyzique. Voir G. Loescheke : Dus Syntagma des Gelasicus Cyzicits. Bonn, 1906. On en trouve le texte dans Migne. P. G, 83, 1192 et dans Ceriani : Monum. sacra et profana, I. 129 (qui a édité le Codex, ambr. miscel. gra^cus, M. 88, s. III, découvert par Mai : Spic. Rom.. VI, 803). L'ouvrage de Gélase, très déprécié de nos jours [R. H. L. R.,1906, 280] vient d'être défendu par Lœscheke. Il est certain que Gélase a eu de bons documents en mains. Un copte anonyme écrivit, dès le iv siècle, une histoire analogue. Zoega en a découvert quatre fragments "Pitra : Spic. Solesm., I, 509]. Revillout a découvert d'autre textes coptes.
76 L'Ér,LI>E IMPÉRIALE : LA VIE CHRÉTIENNE
est inlorvenu, mais avec plus de brutalité : on l'ennuieM Athanas(\ le nouvel évèque d'Alexandrie -, joue le
en 1872 : voir son Concile de Xicée cfaprès les textes coptes, Paris, 189U. CUourn. ilieol. stiuL, 1901, 121.
C'est dans .Mansi, II. 6oo-1082, qu'on trouve le plus copieux recueil de textes relatifs à Nicée. — dans Hefele-Leclercq, I, 1. SoS-iiJi. l'étude d'ensemble la plus ample (1907).
^ Gomment Constantin a-t-il abandonné les Nicéens? Peut-être Eustatlic d'Antioche, leur chef, avait-il injurié Hélène et prêté le tlanc aux intrigues des deux Eusébe et de Constantia. On l'accusa de sabellianisme, tandis qu'on vantail la soumission d'xVrius aux décrets de Nicée. Duchesnc, 11, 161-163.
- Voici, d'après F. Cavallcra : Saint Atkanase (coll. la Pensée (Chrétienne), Paris, 1908, p. ix, les principales dates de la vie d'Athanase. Il nait en 295, est lecteur, :J12-318; en 318, étant diacre, devient le secrétaire de l'évèque Alexandre, écrit alors le Contra génies et le De Incavnatione Verbi ; en 325, assiste au concile de Nicée ; 7 juin 328, est ordonné évoque d'Alexandrie ; 329, donne sa première lettre pascale : 330, visite moines de la Thébaïde : 3;{1, accusé par méléciens et ariens, se justifie à Nicomédie ; 332, visite à son retour l'oasis d'Ammon. — En 333, il refuse de recevoir dans sa communion Arius, qui pourtant a fait ai^réer de Constantin sa profession de foi ; attaqué et enquêté, en 334, par Dalmatius, il voit ses ennemis condamnés par Constantin. — En 335, pour la troisième fois, il est accusé : le concile de Tyr le dépose et l'empereur l'exile en Gaule.
6 novembre 336, Athanase arrive à Trêves; ses amis s'agitent en Egypte ; saint Antoine écrit en sa faveur à Constantin (-;-22 mai 337) : et Constantin il renvoie Athanase à Alexandrie; il y revient le 23 novembre 337. Dés 338, nouvelles intrigues : l'es Ariens dénoncent Athanase au pape Jules, qui convocpie un concile à Rome, 339; Athanase, chassé d'Alexandrie par les Ariens, s'embaniue pour Rome, il y est reconnu innocent, 340; de môme, en 342, le concile de Sardique le proclame tel; de même, l'empereur Constant. Enlin, en 345, après la mort de l'évoque arien dAh'xandrie, Grégoire de Gappadoce, Constance le rappelle à Alexandrie : il y rentre le 21 octobre 346, après avoir vu Constance à Antioche.
De 347 k 350, ])ériode de calme ; il éciit : Orationes 1res contra Arianos ; de decretis concilii nicaeni ; de sententia Dionysii. Le synode d'Alexandrie confirme celui de Sardique; les anciens
CONSTANTIN ET ATHANA^E
premier r«')lc dans toutes ces affaires théologiques, qu'on aurait si grand avantage, pense l'empereur, à laisser dormir: l'évèque de Xicomédie Eusèbe, son guide en tout cela, le lui assure formellement. L'empereur sévit donc contre Athanase ; il convoque un con-
ennemis tlAthanase. Ursace et Yalens. lui demandent son amitié. Mais, sitôt la mort de Tempereur Constant, son protecteur (janvier 350), les attaques ariennes reprennent : Athanase écrit VApoloQia contra Arianos.
Après l'élection du pape Libère. Athanase lui est dénoncé par divers évèques, 35:2 : en 3.54, Constance impose au concile d'Arles la condamnation d'Athanase : en o'6o, nouvelle condamnation prononcée par le concile de Milan : on essaye de faire partir Athanase d'Alexandrie (août 353 : 3 janvier 356) ; on recueille des signatures contre Athanase. Il s'échappe, la nuit du 8 au 9 février oo6, et lance sa leUre aux évéques d'Égyple et de Lybie.
De 357 à 361, Athanase vit au désert, écrilï Apoluf/ia ad Constantium. VApologia de fuga, \'Histo?'ia ariationu/t ad monacJios... A propos des controverses touchant le Saint-Esprit, il écrit les Epistulae ad Serapionejn. 350. Il écrit aussi la Vie de S. Antoine. Il est défendu par Lucifer ulesancto Athanasio), mais le pape Libère l'abandonne. Alexandrie chasse Georges de Cappadoce. aoûtoctobre, 358 : troisième concile de Sirmium (similitude substantielle du Fils et du Père): 359, conciles de Rimini et de Séleucie. Dans le de Sgnodis. 359, Athanase fait des avances à la fraction modérée de ses adversaires (Basile d'Ancyre). En janvier 360, synode de Constantinople; 3 novembre 361, mort de Constance, et massacre de Georges à Alexandrie, où il est revenu. En 362, Julien rappelle tous les exilés : Athanase rentre à Alexandrie. 21 février 362.
362, Concile d Alexandrie présidé par Athanase : le tonnes ad Antiochenos. Exilé par Julien. Athanase gagne la Thébaïde. Après la mort de Julien, 26 juin 36o, Athanase est rappelé à Alexandrie par lemperour Jovien. Il reconnaît Paulin, le rival de Mélèce d'Antioche. En 365, exilé par l'empereur Valons, il reste caché quatre mois dans une campagne près d'Alexandrie: mais, le 1" février 366, il est officiellement remis en possession des églises. Il rebâtit des églises, écrit diverses lettres, dénonce
cile à Tyr et lui ordonne d y comparaître ; il le fait solennellement déposer; il l'envoie en exil à Trêves, parce que l'évoque menace l'approvisionnement de Gonstantinople en arrêtant les convois de blé qui partent d^Vlexandrie. Il dépose les amis d'Athanase, Kustathe d'xVntioche et Marcel d'Ancyre ; il ordonne à lévèque Alexandre de Gonstantinople de réconcilier
au pape Damase l'évèque Auxence de Milan et réfuie certaines théories christologiques lancées à Gorinthe, :)69-370. De 370 à 373. il correspond avec 8. Basile dont il prend la défense: il excommunie le gouverneur de Lybie et meurt le 2 mai 373.
Sur son histoire, voir ses Apolo(jies, son llisloire aux Moines, le Recueil de ses Lettres Pascales [1 ms syriaque : 1 version latine P. G., 26, 13ol. Voir LarsoNv : Die Festbnefe des... A. 18ôi]. Vllistoria acephala conservée dans la collection canonique du diacre Théodose, qui est un dossier apologétique favorable à Athanase, composé vers 307 [P. G. 26, 1143; Batiffol: Mélanges.... Cabriéres, 1, 1899, 100 ; Schwartz, Nachrichten de Gottingen. 190b : Duchesne. 11. 166, n. 3].
Lire ses œuvres dans Migne. P. G., 25-28 (= édition de Montfaucon et Lopin, 1098). On a contesté, à tort semble-t-il. l'authenticité de VExpositio fidei : P. G., 25. 197 et le Sevmo major de fide, P. (j., 26. 1261; le Liber de invarnatioiie Verhi LJei, P. G.. 26, 982. le A.t6e/v/e Trinitate, P. G., 26, 1190 [Stulcken : Afhanasiana, Leipzig, 1899; lloss : Stiidien ilher das Schri/'tiim und die Théoloffie des A.... Freiburg, 1899]. —On rejette en général les contra ApoWnariam libri II, le de Virffinitate sivt de ascesi, le Syntaf/nia doclrinœ [Stulcken. Hoss, Driiseke : Gesanimelte patristische i'ntersuchunr/en , Leipzig, 1889; Batiffol : Studia Patristica, Paris, 1890 et liôm. Quart., 1893, 27o]. — Outre les auteurs déjà cités, voir Tillemont, VIll (1702i ; Moehler: At/ianase le Grand..., trad. fr., 1840, Paris, 3 vol.; Bohringer : Athanasius ufid Arius... 1874, Stuttgart ; Fialon : ^^ Athanase, Paris, 1897 ; Hobertson : Select irrilings and letters of Ath., Oxford. 1892; Gwalkin : op. laud.: articles Loofs dans Herzog-Hauck. et Le Bachelet dans Vacant-Mangen(»t; Schwartz : Zur Gesc/iic/ite des Athanasius {Xachrichten de Gottingen. 1904-190."») : Duchesne: 11, passini; Hefele-Leclercq. I, 2, 033-981 ; Loofs dans les Comptes rendus de Berlin, 1908. 1013.