‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 31 sur 110 · ACTION SOCIALE DE L ÉGLISE · texte numérisé non relu

ACTION SOCIALE DE L ÉGLISE

certains temples^. — Ses enfants vont plus loin : une loi de 341. signée des deux Augustes, Constant et Constance, abolit « la folie des sacritices»; quiconque oserait en célébrer « recevrait un châtiment » ; une loi promulguée l'année suivante décrète que « toute su- « perstition doit être renversée de fond en comble » ; en 3oo, la peine de mort est décrétée pour tous les adorateurs- des idoles, les temples fermés, les sacrilices

' De bonne heure Constantin a gouverné de manière à ne laisser aux non-chrétiens quune liberté toute théorique. Cf. Duchesne, II, 627, sq. Conlra Allard : 158 et 175-i'J3.

La transformation deByzanceen une capitale. Constantinople, a surtout, semble-t-iL une cause politique et militaire : elle permet de surveiller à la fois le Danube et lEuphrate. les Goths et les Perses. Mais la décapitalisation de Rome procède aussi d'une cause religieuse : Rome était la cité du Paganisme ; il nétait pas possible d'en modifier la physionomie séculaire. A Constantino- ])le, au contraire, Constantin a les mains libres. II y agrandit la vieille église de la Paix : il y construit plusieurs vastes églises en l'honneur de la Sagesse, des Apôtres et des Martyrs. Enfle, le il mai 330. on célèbre en grande pomjjc la dédicace de la nouvelle ville [Duchesne, 11, 84-88]. — >*oter pourtant que la ville a été fondée selon les rites païens, consacrée à Tyché et que Constantin s'y est fait représenter en Hélios [Lejay : R. H. L.R., l!HJ6, :273-274]. Sur le culte impérial à ce moment, voir article adoration, de Leclércq, dans CabroL I. 1, 539.

- Sur ces mesures anti-païennes, voir Code Théodosien. ix. 46, 1,2 (Ztft K. G.. VIII, 211»); Zosime, ii, 22 (Tillemont, IV, 189) : Eusèbe : Vit. Const., II, 45, 48-60; III, 55-56 (ïillem.. IV, 206; démolition des temples de Vénus à Aphaque. d'Esculape à Eges 330t ; Code Théodosien, xvi, 10, 2, 4, 5, 6. Une loi de 326 [Code Th., XV. 1, 3] permet aux gouverneurs de laisser inachevés les temples en construction [R. Quest. Hist., octobre 1894, 362] ; en 326, Constantin se moque publiquement des chevaliers qui sacrifient au Capitole [Zosime. II, 29 : Aurelius Victor : Epit. 41]: après la défaite de Licinius. il interdit aux fonctionnaires païens non révoqués de faire aucun sacrifice officiel, et il défend d'élever aucune nouvelle idole [Eusèbe : de Vila Const., ii, 44-45]. [Voir

86 l'église impériale : la vie chrétienne

interdits ; et ces prescriptions sont renouvelées en 356. — Elles n'étaient guère prises au sérieux, il faut le (lire : lempereur même, dont elles émanaient, nomniait à divers sacerdoces certains membres de l'aristocratie romaine. Non que l'idée de liberté de conscience existât; mais le Paganisme était vivant encore. Il essayait même, avec Julien, un retour offensif : sur le modèle de l'I'^glise chrétienne, Julien conçoit et commence d'organiser une véritable Eglise païenne dont la sainteté et la charité, la solide hiérarchie et le zèle apostolique raffermiront pour jamais le culte des anciens dieux. Son ami, Salluste le philosophe, en rédige le catéchisme^. Le danger ranime l'idolâtrie.

Mais Julien meurt, et voici venir les souverains pieux de la famille des Valentinien -. Le premier d'entre eux

encore rall'airc de Sjjello, 3£7 : Orelli-llenzen. 5bS0]. Tous les textes inipoi'tants ont été réunis par Goyau : C/iron., et par Allard : op. laïuL: voir aussi Tillemont : £//*;>. ,"lV. 202. — Les fils de Constantin n"ont lait qu"arcentuer la politique de leur pCre « en éteignant lidolàtrie » [Kirniicus Maternus : De err. prof, rel., 21].

• .lulien. 36l-;}6:}. Voir Paul Allard : Julien l'Apostal, Paris, 3 vol., J00a-l'.»03; G. Negri : L'iinpemlove Giuliano, Milano. l'JUl. Malgré sa pliilosophie, il est certain que Julien a fait des martyrs, Juventinus et Maximinus par exemple. Il est curieux de constater qu'il veut interdire l'enseignement aux chrétiens [Ammien Marcellin. XXV, i]. Le plus intéressant est le drame moral qui. dès 350, semble-t-il, le lait jjasser du Christianisme au Paganisme [janvier 3G1] — et l'ellort par où il tâche d'improviser un clergé j)aïen capable de rivaliser avec le clergé chrétien par ses v(M'tus, par sa discipline, par sa charité et par sa science théologique. [Sa dévotion n'a rien «pii puisse surprendre (voir ftupva p. 53, n. 3)]. Sur tout ceci, cf. Allard. — Sur la doctrine religieuse de .lulien, cf. infra p. d(i9 et 172.

- Allard. 'l'.y.j-'l.j'.i . — Avec Julien (y 363). disparait la t'amille im]>é-

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