LUTTE CONTRE LE PAGANISME
interdit par deux lois ^ les conjurations magiques et les sacrifices nocturnes. Son fils Gratienfut beaucoup plus hardi. Quand, au lendemain de son avènement, le collège des pontifes lui offrit les insignes du suprême pontificat, il refusa de les accepter. « Un tel vêtement, dit-il, ne convient pas à un chrétien. » En 382, il fit enlever de la salle du Sénat une statue de la Victoire, devant laquelle les sénateurs païens avaient coutume
riale constantinienne: et, naturellement, cest Tarmée qui dispose de la couronne. Après Jovien. qui meurt immédiatement, elle élit un officier pannonien. Valentinien, et Tobligo à se choisir un collègue. Valentinien s'associe son frère Yalens. 364. qui lui survit trois ans (373-378i. Alors arrive au trône le fils aîné de Valentinien I", Gratien, qui est né en 35s : Gratien confie lOrient à un général énergique. Théodose, qu'il fait empereur le 19 janvier 37'J ; mais Gratien est détrôné en 383 par Maxime, qui consent à partager l'Occident, sur la prière de S. Ambroise, avec un frère survivant de Gratien. Valentinien il: Valentinien II garde l'Italie. l'Afrique et les pays du Danube. En 384. Stilicon épouse Serena. nièce de Théodose : il devient peu à peu le premier personnage de l'empire; Valentinien II chassé d'Italie par Maxime est rétabi par Théodose. 388; mais il est assassiné en 3'J2 par un chef franc, Arbogast. Théodose vient facilement à bout de celui-ci et de l'empereur païen qu'il a créé, Eugène : de 392 à 395, il est le seul empereur.
Sur toutes ces mesures, voir, pour plus de détails. Allard : Christ et emp. rom., :236-:287 ; Duchesne, IL 629; Boissier : Fin du Pag., passim. — Valentinien I" affecta la tolérance vis-à-vis des Païens, d'autant qu'il redoutait les empiétements de l'Église : Théodose interdit absolument le Paganisme, 381, 383, 392. Code Théod., XVI, 10, 12. Libanios proteste en vain, 384 : Thémistios de même «discours à Joviem. Le préfet du prétoire Cynegius est alors envoyé par Théodose en Syrie et en Egypte pour y fermer tous les temples. La statue de Sérapis est détruite.
Les Païens gardèrent longtemps l'espoir d'une revanche. Voir la tentative d'Eugène, 392, et l'histoire si obscure de la chute de Stilicon, dans Orose.
88 L'ÉliLISE IMPÉRIALE : LA VIE CHr.ÉTIEXXE
de brûler de lencens et doffrir une libation ; Constance l'avait déjà retirée, mais la majorité du Sénat, qui était païenne, en avait obtenu le rétablissement : tout le monde y voyait le symbole du Paganisme. Une troisième mesure, prise également cette année, brisa pour jamais le lien qui unissait lidolàtrie et l'empire. Puisque l'empereur refusait d'être désormais le chef de la religion païenne, et puisque le symbole de celleci avait disparu du Sénat, il ne restait qu'à faire d'elle un culte privé, libre de vivre, mais non plus de s'alimenter aux subsides officiels. Ce fut l'o'uvre dune ou plusieurs ordonnances dont le texte est perdu, mais dont les dispositions sont citées dans les écrits de Symmaque et de saint Ambroise, et dans une loi postérieure insérée au Code Théodosien. Klles suppriment les privilèges et exemptions des prêtres païens, partagent entre le Trésor public et le préfet du prétoire les sommes annuelles jusque-là consacrées aux frais des sacritices, affectent à l'entretien des postes les appointements des V^estales, rendent au lise les terres des temples. » L'opposition païenne commença dès lors de se désagréger : les membres de l'aristocratie qui en formaient le solide noyau ne furent plus retenus par les revenus des hauts sacerdoces. D'autre part, les petites gens cessèrent de s'y intéresser lorsque deux lois de Théodose interdirent tout sacritice célébré en vue de connaître l'avenir. Les temples restaient encore ouverts : mais prêtres et fidèles s'apprêtaient à les déserter.