‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 33 sur 110 · PROGRES VERS LA JUSTICE · texte numérisé non relu

PROGRES VERS LA JUSTICE

L'influence du Christianisme ne se bornait pas à cette œuvre négative. La paternité de Dieu, la fraternité des hommes, la participation des hommes à la vie de Dieu, ces principes de vérité et de vie commençaient lentement de pénétrer dans les lois.

Les prêtres catholiques sont déclarés exempts de toutes les charges municipales. Les églises sont autorisées à recevoir des legs. Une loi ordonne aux juges, aux corporations et aux particuliers de chômer le dimanche; les « grandes fêtes chrétiennes, Xoël et Pâques, sont prises pour dates des vacances publiques ; la fureur des spectacles doit faire relâche le jour de la Résurrection, et, à cause de la sainteté du carême, tous les procès criminels sont suspendus pendant ce temps où les fidèles attendent l'acquittement de leurs àmes^ ». « Une inspiration nouvelle se fait jour dans les lois relatives à la famille. Celles qua portées Auguste contre le célibat sont abolies. Le législateur déclare incestueux le mariage entre proches parents ; il punit du feu les amours contre nature, par respect « pour la sainteté du logis de Tàme humaine ». Le rapt des jeunes filles entraîne pour les séducteurs, et même pour leurs complices, d'exceptionnelles sévé-

' Lois de 313, 31U, 3->U, 321, Eusèbe, x, 7; Code Theod., XVI, ii, 1, :2, 4, 7; Code Jiist., III, xii, 2. — Voir Allard : 159-160; Villien.' p. fJO. Les Constitutions Apostoliques veulent que Vesclave chôme samedi el dimanche, VIII, 33. — Une loi [C. Theod., XI, 1, 1, de 3(iû d"après Duchesne, II, 058, 2] exempte de l'impôt foncier les églises publiques, une autre exempte du chysargyre les bas clercs qui exercent quelque petit commerce IC Theod., XIII, 1. 1, 11, 14: XVI, 2, 8, 10, 30].

rilés. La prostitution, supprimée d'abord pour les esclaves chrétiennes, puis pour toutes les autres en général. Unit par être frappée dun châtiment rigoureux. Le mariage est protégé de diverses manières. L'autorité paternelle perd son droit abusif de vie et de mort et lexposition des enfants est, sinon abolie, du moins entravée : quiconque recueille un enfant exposé, a sur lui, de par la loi, les droits du maître sur son esclave ; de sorte que le père dénaturé est dès lors incapable de revendiquer les siens. » Déplus, « Constance abolit dune manière générale la tyrannie déjà si ébranlée des formules sacramentelles : elles couvrent trop souvent des pièges tendus à la bonne foi, aucupatione syllabanim insidianles ^ »

' « Constantin eut la pensée de réformer les mœurs et le droit en «'inspirant des doctrines du Christianisme. Dans son panégyri(iui' |)rononcé en 3i21, Nazarius caractérise les débuts de son (jMivre législative (c. 38) : Sovœ leges rtgendis i/toribus el franf/endia constitiitn'. Velerum caltnnniosve ambaf/es recisas capiandœ simplicilatis liKjueo-s perdideriiml . Pudor litius. Munila coiijiif/ia. Ses successeurs l'ont en général suivi dans celte voie. Ce n'est l)as à dire que la diffusion des idées chrétiennes ait amené une transformation totale et instantanée du droit : ce serait bien mal connaître l'esprit humain et la résistance qu'opposent à toute réforme sérieuse la force des habitudes ainsi que les intérêts qui peuvent être lésés. L'élément chrétien n'était pas encore assez fort pour renouveler entièrement le droit : il a pénétré suri ont dans les règles sur la condition des personnes, sur la famille et les successions ». [Cuq : Inslitidionii juridn/ues des liomaiiifi, II (l'.IU8), 776. Voir encore Gide : Étude sur la condition privée de lu. femme. "1'^ éd.. Paris. ISS.") ; Troplong : De l'influence du christianisme sur le droit civil des Romains. Paris, 1808; nouvelle édition par Bayle, Tours. 1902, \i. 83: vSchmidt : Essai /nstoriijue sur la société civile dans le monde romain el sur sa transforma lion par le Christianisme, Strasbourg. 4854; de Broglie : op. laud.]. Constantin se considère comme chargé du soin de faire respecter

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