PROGRES DE LA CHARITE
L'esprit de cliarité fraternelle est aussi puissant que ridée de justice. Une loi établit que « les enfants des indigents seront élevés aux frais du fisc, de peur que les parents ne soient tentés de les tuer : car, dit Constantin, l'éducation de l'enfance ne souffre aucun retard et les
les évèques et leurs décrets [Eusèbe : Vit. Const.. IV, 24j. Cf. Kiirth : Les origines de la civilisation moderne. F, 160-162, et aussi G. Sorel : La ruine du monde antique. Conception matérialiste de l'histoire, Paris, lUOl. « Le cliristianismc a introduit dans le droit, dit Cuq, les idées d'humanité et de charité. »
Voir en particulier Lefebvre : Leçons d'introduction générale à Vhistoire du droit ?nrt/n //io;iJ«Z /ra/jfa/.s, Paris, i'JOû. On étend la valeur juridique de la parenté naturelle. Les fiançailles acquièrent une très haute valeur [Constantin, C. V., 3, 15, et Godefroid : ad C. Theod., III. y, 5]. Les empêchements au mariage deviennent plus rigoureux [C. Theod.. III. 12, 1] : S. Ambroise fait prohiber les mariages entre cousins germains [epist. 60; Code. V. 4, 19]. La dissolution du mariage devient plus difficile : on tend à la subordonner à l'intérêt des enfants [Code. V. 17. 8 pr. Lefebvre, 2ÛH] ; en cas de second mariage, les enfants du premier lit sont spécialement protégés [Théodose L C. V, '.), 3 et 5j. Le devoir de fidélité est imposé au mari aussi bien quà la femme [Cuq, II. 804], bien que se soit aggravée linégalilé des époux quant à la sanction de l'adultère ; la subordination de la femme au mari est renforcée : elle doit suivre ses avis dans sa conduite extérieure et lui confier l'administration de ses biens [Ambroise : ep. ad Vercell. ; Augustin : epist. 262: Code. Y. 17. 8. 3: vui, 18, 12 pr.. Lefebvre. 191, 493] : néanmoins, le droit de la femme n'est pas anéanti : « le mari doit agir d'accord avec son mandant: il ne peut aller contre sa volonté » [Cuq.. II, 80a]. Le sénatus-consulte Velléien, qui empêche la femme de soutenir son mari de son crédit, est aboli en fait à ce moment, parce qu'il empêche de réaliser le consortium totius vitae que, d'après la doctrine chrétienne, suppose le mariage. [Voir Lallemand, Histoire de la charité. II, II, 61: Chastel : Etudes historiques sur l'influence de la charité.... Paris, 18o3.]
Une loi de Constantin accorde aux mineurs une hypothèque légale sur les biens de leurs tuteurs [Mor : Comm. des Hyp.. II. n° 420. — Troplong Bayle. 89] : il généralise le droit des mères sur la succession de leurs enfants.
92 l'église IMPÉIIIALE : LA VIE CHRÉTIENNE
mœurs de notre temps ne permettent pas qu'on laisse mourir de faim une créature humaine. S'il ne supprime pas l'esclavage, le législateur se préoccupe dadoucir le sort des esclaves et de faciliter leur affranchissement : le maître qui fait périr l'un deux dans les tourments est déclaré homicide. Il est défendu de marquer d'un stigmate la figure des condamnés aux mines, car c'est « souiller cette face humaine qui a été moulée à « limage de la beauté céleste... wLe régime des prisons est adouci, la promiscuité des sexes supprimée, chaque prisonnier assuré d'une nourriture sufHsante et de 1 usage des bains ; et tous sont placés sous la protection du prêtre, l'homme de la miséricorde. La durée de la prison préventive est diminuée,, la prison privée interdite. Une loi décide que, pour laisser aux inspirations de la clémence le temps d'intervenir, un délai de trente jours s'écoulera entre une sentence capitale et son exécution. Une autre stipule que les propos outrageants contre l'empereur ne seront plus punis. L'héritage des condamnés à mort est assuré à leurs parents. Enfin les combats de gladiateurs sont abolis : Constantin a interdit, dès 325, cette monstrueuse institution; et le moine Télémaque, en 404, fait définitivement triompher dans les mœurs cette prescription de la loi K
Lallribulion aux évoques d un certain rùle social est la garantie et comme le couronnement de cette
' Voir Kurth : loco cilalo et Liilleiiiand : Histoire de la C/iari/e. H, 19U3, 4i'-45, suiiout p. 65. Sur la vente des enfants par les