LE RÈGXE DE DIEU
société chrétienne, comme à une association quelconque, des conditions normales d'existence : il est tenu encore de faciliter la conquête des âmes et leur persévérance dans le bien, d'assurer par conséquent des moyens favorables à l'exercice du ministère de l'Eglise et à la constitution du royaume de Dieu ^
' C'ost pourquoi les religions autres que le Christianisme sont progressivement poursuivies. Une loi de 3,^1 interdit les sectes de toute dénomination, bannit leurs chefs, confisque leurs églises, interdit leurs assemblées [Eusèbe. Vit. Const., III, 6i-6o],: une loi de Théodose du 2S février ^SO impose à tous « la foi que Véglise romaine a reçue de l'apôtre Pierre )i [C. Théod.. XVI, 1, 2J ; une loi du 19 juillet 381 interdit aux eunomiens et aux Ariens de bâtir aucune église [C. T.. XVI, 3, 8j ; une loi du 30 juillet 381 ordonne de remettre toutes les églises aux mains des évèques catholiques [XVI. 1, 3] : nouvelle loi contre les hérésies en 383 [Socrate, V, 10: Sozornène. VII, 12 : Theodoret, V, 16: C. T., XVI. :j. 11], en 384 [XYI. 5, 13], [d'où plaintes des lucifériens, P. L, 13. 252]; [à la demande de l'évéque Ithacius. malgré S. Martin. Priscilien est mis à mort par Maxime, en 383. pour maleficium : Ambroise et le pape Sirice condamment cette exécution].
Parmi les hérésies chrétiennes, ce sont naturellement les Ariens qui ont été le plus durement combattus. Néanmoins, beaucoup survivent : les Ariens, les Donatistes. les Novatiens, les Montanistes, les Marcionites.
Le IV» siècle, en revanche, voit le déclin des Églises gnostiques et des cultes orientaux : les cultes d'Isis. de Cybèle et de Mithra sont encore attestés en 394. à Rome [Rufin, II. 33; Carmen Paris, icod. 8084): Rev. Arc/i., 18G8. 451 : Bull. Arch., 1868. 49 ; Cumont : Myst. de Mithra; Religions orientales : La polémique de l'Ambrosiaster, R. H. L. R.. 1*J03, 425]. Maison ne voit pas ce qu'ils deviennent, passé cette date. J'imagine [A.Dufourcq : G. M. R., tome IV : Le Séo-Manichéisme et la Lér/ende chrétienne] que, si la plupart des Gnostiques sont entrés dans le Christianisme catholique, les adeptes des cultes orientaux ont di\ se réfugier dans le .Manichéisme. Le Manic/iéisme, en effet, est toujours nivant malciré les persécutions qu'il endure, 372, [C. Théod., XVI. v, 3]. 381 [XVI, V, 7], 389, 39y, 403, 407 [XVI, 5, 9, 18. 3-5. 38, 40, 41. 43, 48].
Il est curieux de comparer — brièvement — la situation du
a8 l'église IMPÉRL\LE : LA VIE CHRETIENNE
L'empiro a Irouvô la limito de son action sur l'I^glise, TEgliso a trouvé lo ])oint d'appui do son action
Ghristianismo dans 1 empire romain conquis par IKvangile aux épreuves (piil ne cesse de subir dans l'autre emi)ire (|ui rivalise avec Rome dans le monde, et qui rejette obstinément la révélation de Jésus. L'Kglise chrétienne de Perse, organisée par Pa|)a aux environs de l'an 300 [y o'iv supra, p. 44, n. 1], a toujours pour centre Séleucie-Glésiphon, et pour point d'apjuii les églises d'Osrhoène et de Syrie; mais elle souffre de ce fait que. depuis Co7istantin, le Clirislianisme paraU chose romaine. (On sait l'antagonisme politique cjui séjiare Rome de la Perse. Comparer: en Russie, le Catholicisme jtaraîl chose polonaise). Les hostilités (pie Sapor II engage (337) contre Rome « revêtent le caractère d'une guerre de religion » et s'accompagnent dune persécution épouvantable contre les chrétiens, 340-379 : elle commence par le martyre de Siméon Bar-Sab-Ràe, « chef des Nazaréens... (([ui) partagent les sentiments de César, notre ennemi », et elle ne s'interrompt (pi'à la mort de Sapor 11, -19 aoi'it 379. Klle s'est adoucie ^i la mort d'Azad. eunuque favori du roi ; elle s'est ra|)idemenl localisée: elle a été favorisée par les Juifs et surtout par les prêtres mazdéens. Aucune procédure régulière. Le supplice [glaive: lapidation : décou|)age lent et progreseif du corps, en commentant par les memlires (Jacques. Bedjan, IV. 197)] suit immédiatement, en général, le dernier interrogatoire. Après Siméon. les principaux martyrs sont sa sœur Tarbo, ses successeurs sur le siège de Séleucie Sadhost et Harbasémin (342, 346). 120 prêtres ou clercs de Séleucie en 34o, Miles évéque de Suse en 340, Narses évoque de Sahrgerd en 343, Jean évéque dArbel en 343 et son successeur Abraham, le prêtre Jacques, sa sœur Marie et cinq autres religieuses en Adiabène en 347. Iléliodore évéque de Phenek et 27.') chrétiens martyrisés à Dastgerd, 3(12. etc.. « La persécution de Sapor II ne le cède ni en durée ni en intensité à celles qu'avaient subies les églises du monde romain. C'est le grand honneur des chrétientés persa?ies d'a\ oir sup|)orté. sans sond)rer. inie aussi époiivantable tempête ».
Avec la paix (3S3) et l'alliance (388) de Rome et de la Perse, elles voient revenir enfin la sécurité. La hiérarchie se réorganise