LA VIE DE- AMES
sur l'empire dans la foi vivante des consciences chrétiennes. C'est cette vie de la foi dont il faut maintenant montrer les principaux aspects. Cette histoire continue et développe l'histoire du in*^ siècle : les conditions étant les mêmes, on ne peut s'étonner que les formes
lentement jusqu'à ce qu'un accord public intervienne entre le Roi des Rois et l'Eglise : il est négocié par Maïuta. évèque de ^[asphergat, Isaac, archevêque de Séleucie. et le roi lazdegerd I, vers 4U0-4U9 ; il est consacré par l'édit royal et par le concile de Séleucie, 410. Les églises sont reconstruites, tous les chrétiens délivrés, tous les évéques subordonnés à Isaac et à Maruta : le concile adopte le concile de Nicée et les « canons régulateurs » des « Pérès Occidentaux ». [Labourt : Le Christianisme dans Vempire perse, 1904. p. 39-98; et Leclercq : Martyrs, III. 127-277].
De lÉglise de Perse il faut rapprocher les Eglises d'Arménie etd'Abyssinie. L'Arménie, évangélisée sans doute dès le in« siècle par des missionnaires syriaques venus d'Edesse, se convertit tout entière, avec son roi Tiridate II, 201. à l'appel de S. Grégoire riUuminateur (né vers 238) : celui-ci rédige une liturgie arménienne et transmet sa charge épiscopale à son jeune fUs, Aristakès ; parce qu'il a lui-même été consacré évèque à Césarée de Cappadoce. c'est Césarée qui exerce son influence sur les chrétientés naissantes. Mais la royauté arménienne leur devient bientôt hostile : les catholicoi lousik et Nersès sont martyrisés vers 335 et en 374. Le roi Pap. surtout travaille à rompre les liens qui attachent à Césarée, et à l'empire, ses sujets chrétiens : il craint d'être absorbé par l'hellénisme ; il donne la charge de catholicos à la famille d'Aghbianos, ennemie de celle de i'illuminateur qui l'a gardée jusque-là. Et c'est en vain que saint Basile tâche de sauvegarder l'autorité métropolitaine de Césarée : l'Église d'Arménie évolue vers l'autonomie. Au même moment, les Arméniens perdent l'indépendance politique, l'empire et la Perse se partagent leur pays, les églises semblent se dissoudre (380-390). Le concile d'Achtichat. tenu parNersès vers 305, leur avait donné la discipline ecclésiastique de Césarée. — Voir Arsàk Ter-Mikelian : Die armenische Kirche in ihren Bezie/iungen zur hyzanlinischen, Leipzig, 1892 ; Gelzer dans Herzog-Hauck. Petit dans Vacant- Mangenot.
Le royaume d'Axoum Abyssinio et le royaume homérite (Yémenr observaient « l'antique religion sabéenne, variété du
100 T. Kf.LT^E IMPKinAf.E : I>.\ VIE ClfRETIEXXE
de la vie laicnt élé encore. L'organisation ecclésiasti({ae et le mouvement religieux du m- siècle se prolongent et s'épanouissent ; les seuls progrès du culte de.^ martyrs et du prestige des ascètes distinguent cette période de la période précédente.
Au lendemain de la paix constantinienne, li^glise devait d'abord se réorganiser au point de vue matérieP. L'Etat lui rendait et les cimetières qu'elle possédait hors des villes, et les maisons (domus Ecclesiœ) cpi'elle avait intima muros; elle répara les dégâts commis et construisit des basiliques somptueuses pour glorilier le Dieu de sa longue espérance. On peut suivre avec quelque précision les progrès de cette œuvre à Rome. Sur la voie Nomentane s'élève l'ésflise
polytliéismo sémitique » : Mahroni était lo grand dieu dWxoiim. Des.liiifs fiigi.tifs étaient venus après Pompée, Titus, Hadrien, plus tôt peut-être (dl-lléphantine). Au cours d'un voyage que faisait de ce cùté, Méro|)e de Tyr avec ses deux élèves, Frumentius et .Edesius. ilérope fut massacré, mais les enfants furent épargnés, ils acquirent une grande influence et parvinrent à rentrer dans remj)ire. Or. Frumenlius tint à retourner prêcher l'Kvangile {'i ses anciens maîtres : S. Athanase l'ordonna évèque vers 345, environ le temps où Constance envoyait en ambassade au roi homérite l'évèque Théophile. Une nouvelle église était fondée. — Voir Duchcsne : ÉqUaea séparées, ;JOU. sq.
' Imi 321, Constantin permet aux églises de recevoir dos legs, Code Théod., XVI. i>. 4. Les conciles d'Antioche, 311. c. 24-2:j et de Carthage. .'598, c. 31-32, condamnent la vente des biens ecclésiastiques [.Mail si, H, 1327; III, 9oi]. La propriété ecclésiastique est |)rivilégiée [C. Théod., XI. xvi, lo]. — Certains clercs font la chasse aux héritages [.lérôme : Ep. 5t>. ad Xepo/.. 0, P. L.. 22, :>32 : CoiL T/iéod., XVI. ii. 20 (370) et 27 (390) ; Ambroise : ép. ad Marcel, 82. 9: P. L. IG, 1278; Augustin : Serm.. 3.55, 3, 4; P. L., 3'.). i;>71. d'après Lallemand, II, 102-104]. Voir Galante :. La coitdizione giuridica délie cose sacre^ l, Torino, 1903..
LunGAM.-ATlO-V MATÉIUELLE lUl
de Sainte-Agnès, et tout auprès, dans l'ombre de la basilique, on trouve le mausolée dune fille de Constantin. Sur la voie Lavicane, cest le cimetière ad duos lauros, oh dort, sous un monument pompeux, lanière de l'empereur, sainte Hélène. C'est le cimetière de Saint-Laurent, sur la voie Tiburtine : sur la voie Appienne, le cimetière de Saint-Sébastien, ceux de Calliste et de Prétextât qui sont tous restaurés peu à peu. Mais lojuvre de Damase vaut qu'on y insiste : la Rome souterraine change alors d'aspect. Au cimetière de Calliste, Damase fait réparer la crypte fameuse où reposent les papes martyrs et la décore de deux inscriptions gravées avec le plus grand soin par Dionysius Furius Filocalus ; il agrandit la crypte de Sainte-Cécile et en élargit le luminaire ; il creuse l'escalier par lequel on y descend ; il commence sans doute de bâtir la basilique des saints Nérée et Achillée, au cimetière de Domitille. En même temps qu'il décore les tombeaux des saints, il s'efforce d'assurer leur mémoire : de là. ces inscriptions magnifiques qu'il fait graver dans tous les cimetières. Au Vatican, sur l'emplacement même du cirque de Néron, théâtre de la mort de saint Pierre, s'élève une basilique somptueuse placée sous son patronage. Les libéralités de Constantin, qui ont contribué pour beaucoup à la décoration de l'éolise. concourent aussi à embellir les deux autres basiliques qui se dressent au Latran, où le pape établit sa demeure, et aux Trois-Fonlaines, où a été décapité saint Paul. Sainte-Croix de Jérusalem,
i02 h EGLISE IMPERIALE : LA VIE CHRÉTIENNE
Sainte-Marie Majeure (basilique Libérienne) et Saint- Laurent datent de la même époque. La seconde de ces églises peut, encore aujourd'hui, donner une assez juste idée de ces basiliques du iv^ siècle. « Les proportions majestueuses de lédificc, les splendeurs de la décoration, les pavés de marbre, les plafonds d'or, la magnificence des autels incrustés de pierreries, le luxe de la vaisselle sacrée, le chatoiement des étoffes et des tapisseries brodées de couleurs et dor, l'étincellement des mosaïques lambrissant les murailles, tout concourt à donner aux visiteurs une puissante et agréable idée du Christianisme triomphant. Par les idées symboliques qui en inspirent la décoration, la basilique apparaît comme la demeure glorieuse de Dieu. A l'abside, le Christ triomphant montre l'Église en sa magnifique apothéose ; aux parois du chœur, d'autres représentations souvent empruntées à l'Ancien Testament marquent la haute et mystérieuse vertu du sacrifice de l'Eucharistie ; à lare triomphal apparaissent les scènes redoutables de l'Apocalypse ; le long des nefs, la théorie des martyrs évoque le souvenir des luttes et des gloires passées ^ ».
' Diehl :Juslinien. p. 6u4. La basilique de Saint-Pierre au Vatican qui est construite au temps de Constantin sera démolie au xv-^ siècle : M?"- Duchesne en a dressé un plan détaillé dans son édition du Liber Pontificalis, Paris, l, 188G. i:ile était décorée de mosaïques et de peintures : « la façade de son atrium et sa grande façade, les parois des nefs, l'arc triom|)hal. labside étincelaicntde vives couleurs. Sur l'arc triomi)hal, le Christ avait à sa gauche S. IMerre et fi sa droite l'empereur cpii lui offrait j^eutétre le modèle du nouvel édifice... La mosaï(|ue absidale mon-