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L ORGANISATION LITURGIQUE

Contemporaine de cette poussée d'éditices, se poursuit l'œuvre de réorganisation liturgique : les cérémonies du culte sont réglées à nouveau et adaptées aux églises triomphantes qui en sont maintenant le théâtre. Rien n'est changé pourtant dans les actes essentiels qui font communier le chrétien avec Dieu. On continue d'administrer le baptême comme auparavant, principalement aux adultes. Les catéchumènes se préparent pendant la sainte quarantaine, apprennent par cœur le Pater et le Symbole, les récitent à haute voix dans l'église; divers exercices spirituels, exorcismes, confession, jeune, servent d'épreuve aux candidats non moins que de préparation. Après le baptême, on enseigne aux initiés la doctrine des sacrements. L'Eucharistie entretient la vie apportée par le baptême ; les

trait le Christ assis sur un trône entre S. Pierre et S. Paul. Des palmiers encadraient la zone supérieure, et l'on voyait, aux pieds du Christ, des cerfs s'abreuver aux quatre fleuves... Sur le sol, de petits temples ronds, et, parmi ces temples, des arbres que de petits génies frappaient à coups de cognée. Puis, dans une zone inférieure, TAgneau était debout sur la montagne; à droite et à gauche, parmi les palmiers, douze brebis accouraient de Jérusalem et de Bethléem. » [Pératé.]

Sur les monuments chrétiens de ce temps, leurs principes de construction et leur ornementation [la mosaïque d'émail se substitue à la mosaïque de marbre ' Mausolée de Sainte-Constance ; surtout, abside de Sainte-Pudentienne) ; la peinture à fresques persiste : une iconographie nouvelle apparaît, d'allure orientale] ; voir Pératé dans l'Histoire de l'art... de A. ^Michel, I, (1905), 38; Marucchi : Éléments d'Archéologie chrétienne. 3 vol. 1900-1903, Paris, Rome ; Leclercq : Manuel d'Archéologie chre' tienne, 2 vol.. Paris, 1907 ; Wilpert : Die Malereien der Katakomhen Roms, Freiburg. 1903, 2 vol. in-folio ; et le Dictionnaire d'Archéologie chrétienne... de Gabrol idepuis 190:2. un volume (en deux tomes) paru, pour la lettre A;.

lO't L EGLISE IMPEl'.IALE : LA VJE CHRETIENNE

fidèles communient fréquemment, toutes les semaines ou même tous les jours ; dans certaines régions d'Orient, toutefois, où s'attiédit la ferveur primitive, où surviennent, après Constantin, des conversions plus nombreuses que 'profondes, le nombre des communions diminue et les évèques se plaignent. La confession de dévotion, recommandée par Origène, se répand peu à peu. La pénitence publique est toujours en vigueur, comme aussi le principe qu'on ne fait pénitence qu'une fois ; l'imposition des mains par le prêtre et la réception du cilice ouvrent le chemin du repentir et de la réconciliation ; le coupable se rase la tète, porte des vêtements de deuil, est contraint de garder la continence jusqu'à la mort'.

' Sur la liturgie baptismale, eucharistique, pénitenlielle au ive siècle, voir Duchesne : Origines du cuLle chrétien, o^ éd., 1904. Paris: Cabrol : Le livre de la Prière antique, Paris, 1900; Origines liturgiques. Paris, 1906; Dictionnaire dWrchéologie et de Liturgie ; S'àcaiidard : Origines du célibat ecclésiastique (Etudes de critique et d'histoire. I0U5, Paris); la Pénitence publique dans VEglise primitive: la Confession sacramentelle... Paris, i'.i0'6; Lea : Uistory of auricular confession, New-York; Schauz : Die Lehre von den h. Sa/iramenten, Freiburg, 1893 : l*oui'rat : La théologie sacram^ntaire. Paris. l'J08, 3^- édition : Rauschen : Eucharistie und Bussa/i rament in den ersten sec/is Jahr.. Fribouig. 1908.

L organisation du caléchunuiial elde la disci|)line de Ijuctine, qui a débuté au iii<= siècle, s'épanouit au iv^. « Les catéchumènes sont des postulants dont il convient d'éprouver les disj)Ositions. de former la conscience et la foi selon une i)édagogie méthodique : on leur donne un pédagogue en chaque église utoctor audientiuni) )>\ en conséquence, les fidèles et les clercs sont liés parla discipline de l'arcane. c'est-à-dire qu'ils ne i)arlent pas devant les catéchumènes (ou ne les célèbrent pas devant eux) des mystères derniers de la foi. [Datifl'ul -.Études d'histoire et de théolo-

LA LITUUGIE 10;

La célébration des myslères s'accomplit peut-être avec plus de solennité qu'autrefois. Ils commencent par des psalmodies ilntroU), mêlées de lectures ; vient ensuite l'homélie, précédée d'un salut à l'assis-

fjie posilice, V. 1. — Le catéchuménat, inconnu à Irénée, est attesté par Tertullien. de Pœiu 6, 7, P. L.. 1, I23t)-1^42; Origène : In Levit. ho m., ix, 10, V. G., 12, o23 (et 605, 547. 973) : et C. Cels. I. 7, P. G.. H, 668, iOOO; S. Jean Chrys. : in 1 Cor. hom., xl, 1, P. G,. 61, 347]. — Le symbole des apôtres sert à l'administration du baptême et à l'instruction des catéchumènes.

Loi pénitence publique ç.ou\^vens.\{\in châtiment public, édicté à la suite dune confession privée, préparant une réconciliation publique. Suivant les églises et les fautes, les châtiments étaient très sévères et humiliants exclusion des mystères-, ou bien consistaient seulement en jeûnes, mortifications, privation de l'Eucharistie. (En Asie Mineure, par exemple, les pénitents étaient divisés on quatre groupes : les Pleurants, les écoutants, les Prosternés, les Assistants.! La confession était entendue par lévéque qui, de bonne heure, délégua son pouvoir à de simples prêtres, connus à Constantinople sous le nom de « prêtres pénitenciers », et en Asie Mineure sous le nomd' « économes» de la pénitence. Il semble que tous les péchés graves aient été sourais à la pénitence publique, si même il avaient été secrets. — Vers 3yl. sous l'épiscopat de Nectaire, un scandale survenu a Constantinople Gt abolir la pénitence publique. — On ne voit pas (jue l'aveu public des fautes ait été oblifjatoire. — En Occident, au contraire de ce qui se passait en Orient, les pénitents n'étaient pas exclus du service divin: on leur refusait seulement lEucharislie. Voir Constit. Apost., ii, 16 ; Gregor. Thaum. Ep. Can.. P. G., lu, 1019; Basile : Fp. can., 199, 2l7 ; Augustin .De fide et op., 48 ; Serrn., 3.52, 8; Sozomène, vu, i6: Ambroise : De pœn. — Sur la confession, voir Sozomène, vir, 16; Origène: In Levitic. Hom. II: Tertullien : De pœn., 10; Gyprien : De lapsis, 29 ; Pacicn : Farani. ad Pœn., 6. Pour la ré mission des péchés légers. S. Basile ^Reg. brev. tract.}, et les moines recommandent la confession, S. Augustin et S. Ambroise la prière «récitation du Pater) et l'aumône.

La communion est reçue tous les jours par les fidèles en Afrique [S. Gyprien : De oral, dorn., 18, P. L.. 4, 531, iet 350); S. Augustin : De sermone Dei in rnonle, ii. 7, P. L., 34. 1280

106 l'église LMPKRL\LE : la vie CIIRÉTIENXE

tance aïKjucI on répond par 1 acclamation « et avec voire esprit », puis une prière supplicatoire pendant laquelle se retirent les catéchumènes et les pénitents et à laquelle s'associent les fidèles par l'in-

(voir 1». L., 36, 200. 1614)], à Rome [S. .lérùme .Ep. 48, 15; 71, 6 P. L.. 2:2, itOe. 672; Gerontius : Vila Melaniae junioris, éd. Rampolla, p. 36]. parfois en Italie [Chroniatiii.s : In Ev. Mat., 5. P. L.. 20. 361] : — elle est reçue quatre fois la semaine (mercredi, vendredi, samedi, dimanche; en Asie Mineure (S. Basile: Ep.*So, P. G., 32, 484), une ou deux fois la semaine dans les monastères d'Kgypte (samedi, dimanche : Cassien ; De Cœn. InsL, n\, 3 ; Coll. \m, 21, P. L., 49, 115, 1117 : — (parfois, dans dautres monastères, chaque jour : Rufin : Ifisf. Mon. ,2. 7, P. L., 21. 406) ; — une ou deux fois l'an à Con.stanlinoi)le et parmi quelques ascètes très rigides [Pâques, Kpiphanie : 8. Jean Ghrvsoslome : In ep. ad Ueb. hom., XVIL 4. P. G.. 63, 131 [voir 233. ou 62, 28-2U]. — S. Augustin et S. Jérôme ne veulent ni louer ni blâmer l'usage de la communion quotidienne. Nul ne proclame robligation de se confesser avant de communier ; mais S. Cyprien, S. Augustin, S. Jérôme. S. Jean Ghrysostome conseillent aux indignes de s'abstenir [Moureau. dans Vacant-Mangenot, III, o04, et Dublancliy, ibid., III. 517. sq.]

Les jours déjeune [mercredi, vendredi], [ou de station : Pasleur : Sim.. V. 1|. les fidèles jertnent juscpie vers le milieu de l'après-midi [Huchesne. Culte. 21'.i]; ils s'abstiennent souvent, ces jours, de vin, viande, lait et uMifs.

« Les chrétiens se servent toujours, dans leurs maladies, dune huile ou dune eau bénite, en vue |)rirHipalement de se |)rocurer la guérison. Ce rite était probablement radaj)tation d'une prati(pie l)lus ancienne... De très bonne heure, comme le prouve le texte de S. Jacques, on a cherché à attacher une signification si)iriluelle â cette |)ratique... La lutte contre les usages païens a forcé les autorités ecclésiastiques â la régler et à accentuer les effets spirituels » [Lejay : R. II. L. R.. 1906. 373. Voir : 1» Vordo de Vérone (Uauler) etl'ancien o;v/o éthiopien: les deux versions de l'Luchologe de Sérapion (Pourrai, 297) : Consf. Apost., VIII, 29; Test. Uni Xtn : Sacr. Gelas ; 2» Tertullien : Ad Scap.,i; 3. Exégèse de Jac, v, 13-15 dans Origène, S. Jean Ghysostome (ainsi P. G., 67,384), et. un peu plus tard. S.Cyrille d'Alexandrie (vers 412-428). et S. Innocent I (lettre à D(>ceniius. 19 mars 416)].

vocation Kyrie eleison. La iilurgie proprement dite commence alors. L'évêque revêt un habit de fête, il fait le signe de la croix et rend grâces à Dieu : a Oui, vraiment, il est juste de vous célébrer cVaborcL Dieu réellement existant... » ; et la prière eucharistique déroule les hommages de l'homme à la majesté jjienfaisante de Dieu, tandis qu'à la lin, le peuple répond : Saint, Saint, Saint est le Seigneur. L'hymne terminée, l'évèque reprend l'eucharistie interrompue. (.< Oui. vaiment lu es Saint... », et il commémore l'œuvre de la Rédemption et il prie le Seigneur de faire descendre sur l'oblation la vertu de son Esprit-Saint pour la traiLsformer au corps et au sang du Christ. — Le mystère consommé, Jésus présent sur l'aulel, l'évèque reprend la parole et dirige les supplications au Dieu ^

' Pour la paix et le bien-être du monde, pour la sainte Église catholique et apostolique, pour les évèques, les prêtres, les bienfaiteurs de lÉglise. les malades, les voyageurs, les petits enfants, les égarés.

Cette description, tirée des Constitulions apostoliques, peut donner une idée du service divin au iv^ siècle. Si grandes que fussent les divergences des diverses liturgies, quant â leurs teneurs, elles étaient semblables quant au rituel quelles supposaient, quant à la distribution, au style et au thème général des prières. Pour plus de détails, voir Duchesne : CiiUe. 5o. sq.

Dans la seconde moitié du iv^ siècle, se constitue à Milan la liturgie ambrosienne d'où procède la liturgie dite gallicane; : elle se distingue de la liturgie romaine par plusieurs traits, tels que « le chant du Benedictus, le maintien de la leçon prophétique: la lecture des Gesta Martyrum aux fêtes des saints avant répitre; l'hymne des trois jeunes gens avant l'évangile:... la lecture des diptyques avant la préface : la procession de l'oblation:... la fraction placée avant le Pater: le prologue pascal du Pater, la doxologie ancienne du Pater » [Lejay]. Cette liturgie est sans doute d'origine orientale : sur dix prédécesseurs de

invisible et présent : a Seigneur, nous vous prions pour (( votre sainte Eglise répandue d'un bout à l'autre du « monde..., pour moi qui ne suis rien, pour ces prèc( très..., pour l'empereur, les magistrats, larmce..., « pour les saints.... pour ce peuple, pour cette cité, « pour les malades..., pour ceux qui nous haïssent et « nous persécutent... » On récite ensuite le Pater accompagné d'une nouvelle litanie diaconale, très courte, que clôt une bénédiction prononcée sur le

S. Ambroise, dix portent des noms grecs ; Âuxence. qui préct^dc Ai7ibroise (o.j5-o74) est un Caiipadocien ; la culture d'Ambroise lui-même est toute grecque. Du rôle personnel de S. Ambroise — (jui n'est pas, sans doute, l'auteur du De Sacramenlis, V. L., 'i6, 417 — , on ne peut dire qu'une chose : il a introduit le chant des hymmes et des i)saumes à deux chœurs alternés, afin de vulgariser la doctrine orthodoxe sur la Trinité, et afin d'aider le peuple à se tenir tranquille. [C'est dans S. Ambroise qu'on trouve, pour la première fois, missa signifiant la messe. P. L., 16. 995. A.] — Voir P. Lejay : Ainbrosien [RU], dans Cabrol, 1, 1, 1373. Le de Mysleriis es\ sûrement de S. Ambroise.

L'assistance à la liturgie du dimanche est presque de règle. « Si quelqu'un, établi dans une cité, reste trois dimanches sans aller à l'église, on le privera (pielque temps de la conuuunion », décide le concile d'Llvire, canon 21 (vers 300). Voir le concile de Sardique, can. 11 (14), les Constltuiions aposloliqties, VII, 31. P. G., 1, 10-22 : Eusèbe : Vita Constant., IV, 18-20, P. G., 20, 1106 (Cf. 24, 706).

L'assistance à la liturgie les jours anniversaires des martyrs locaux [S. Cyprien : Kj). 34. 3 : concile de Laodicée, canon 51, Mansi, II, 572 ; S. Augustin : Serm. 312] et les jours de grandes fêtes est peut-être, parfois, obligatoire. S'illien : Histoire des commandements de l'Jùjlise, Paris, 1909. p. 108-116. Cf. Code Justinien IL XII. 7.

Ln Orient, le samedi participe du dimanche et est célébré comme jour de fête [Const. Apost.. V. 15]. — En Occident a»i contraire, il participe du vendredi et entraîne le jeûne [concile d'Elvire, can. 26].

peuple. La communion a lieu alors. Lévèque communie le premier, puis les prêtres, les diacres, les sousdiacres, les lecteurs elles psalmistes, les ascètes, les diaconesses, les vierges, les veuves, les petits enfants. La communion finie, le diacre donne le signal de la prière que lévèque prononce au nom dotons ; puis, on s'incline pour recevoir sa bénédiction ; et l'assemblée se sépare en paix. — La liturgie est célébrée de cette manière, non seulement les dimanches, mais aussi les jours des fêtes chrétiennes : à Pâques, à la Pentecôte, à l'Epiphanie, vieilles solennités de l'époque primitive, comme à Noël, à l'Ascension, au dimanche des Piameaux, à lExaltation do la Croix et à la Purification de la Vierge, fêtes instituées peut-être à ce moment même ^

' Le temps pascal comprend une période de jeûne que cl»M la fête de Pâques, une période de réjouissance que clôt la Pentecôte. Le temps de jeûne est de deux jours (vendredi et samedi saintsi ininlerrompus au temps de TertuUien : à Alexandrie, au ni" siècle, on jeûne toute une semaine, parfois d'un seul trait. La période quadrar/ésimale apparaît en 325. [concile ^'icée, 5], et tantôt ce carême précède la semaine sainte et s y ajoute [A ntioche. G. P.]. tantôt la semaine sainte est comprise dans le carême [Rome, Alexandrie, Jérusalem] : les dimanches seuls, à Rome, sont affranchis de la loi du jeûne, il n'y a donc que trente-six jours de jeûne. Noter qu'on 7ie jeûnait pas toute cette quarantaine : « les lettres pascales de S. Athanase en fournissent la preuve »: « c'était une période pendant laquelle, plus qu'en tout autre, on jeûnait ». Les jeûnes effeclifs varient avec les églises. Yillien : op. laud.. 245. — Sur les dispenses que s'accordent les fidèles, voir concile de Gangres, c. l'J. — Le jeûne de lAvent est attesté au concile de Saragosse de 380. c. 4. — La procession des Rameaux est propre à Jérusalem [Duchesne : Culte, 229, sq.].

A Nicée, on a décidé de ne pas tenir compte des calculs juifs

110 L EGLIïiE IMPÉRIALE : LA VIE CHRÉTIENNE

Le développement de lorganisation hiérarchique^ atteste l'inlensité de la vie chrétienne aussi bien que les progrès du culte et la construction des basiliques. Aux charges anciennes d'évéques, de prêtres, de

dans la fixation do la date do la Pàquo. Voir supra p. 74, n. 1.

La plus ancienne attestation do Noël est le calendrier philocalien. 336 [la date du 25 décembre a été fictivement choisie, peut-être parce que c'est le Nalalis Invicti] : fête romaine, elle sintroduit à Antioche vers 375. — L'Epiphanie est la fête orientale équivalente à Noël : sa plus ancienne attestation est Clément d'Alexandrie. Voir Duchesne : Culte, passim. — La fête de l'Exaltation de la Croix est née à Jérusalem, au iv« siècle, de l'ostonsion du bois sacré, le 14 septembre [Pargoire : Egl. byz. 114].

* Les évoques sont élus par l'ensemble du peuple chrétien [Thomassin : Ancienne et nouvelle discipline de l'Église, liv. H. 15 et 10]. Le plus souvent le pouvoir civil n'exerce aucune pression dans les élections épiscopales [Duchesne, IL G63]. — On veut que le clergé soit entretenu par les fidèles, et reçoive, comme autrefois les lévites, des prémices et des dîmes iCyprion, Origène. Concile de Gangres).

La pratique du célibat se réjiand de jjIus en j)lus. imi)osée aux clercs par le prestige croissant de l'ascétisme [Origène : In levit., VI, 6. P. G. 12, 474: Cyrille de Jérusalem : Cal. XIL 25. P. G. 33. 757] ; Tévéque marié renonce le plus souvent à ses droits conjugaux [voir les histoires de Synesius do Ptolemaïs et d'Antonin d'h|)hèse; et Kpipliano : haer, 4S. 9, P. G. 41, 868; Const. Ap. Egyp. XVI, 2]. — Le droit des prêtres au mariage, lorsque ce mariage a été contracté avant l'ordination, est défondu par Paphnuce et un évéquo do Haute Egypte au concile de Nicéo. et |)ar les Constitutions apostoliques. — La continence est déclarée obligatoire pour les prêtres par le pape Sirice, 386 [lettre à Ilimêro de Tarragono], pour les évéques, les prêtres et les diacres par le concile de Carthage do 390, ^Lansi III, 692. et mémo, dès 300. par le concile dl-llviro. S. Ambroise, S. Jérùme, S. Augustin favorisent cotte évolution (S. Léon, le premier, étendra aux sous-diacres Tobligation do la conlinence).

Voir Bickoll (cpii fait remonter, à lorl. cet usage aux apôtres) dans la Zeit. f. h. T/œol., II et III, 1878-79: Friedberg, dans llerzog Haurk. IV. '2ii4 et Vacandard dans Vacant-.Mangenot, IL 2068.

L ORGANISATION HIERARCHIOrR Hl

diacres, sous-diacres, acolytes et portiers, s ajoutent des fonctions nouvelles rendues nécessaires par l'épanouissement de la foi et la complication croissante de ses manifestations. Les herméneutes expliquent l'Écriture au peuple; les chantres exécutent les psaumes pendant l'office divin ; les parabolans soignent les malades; les copiâtes enterrent les morts; les mansionaires gardent les églises ; les syncelles conseillent l'évéque ; les économes administrent les biens des églises; les défenseurs tV église poursuivent les procès ecclésiastiques ; les notaires et les archivistes enregistrent et conservent les actes. Le grand nombre et l'activité des conciles trahit de même la richesse de la vie chrétienne : ils décident lapplication des usages traditionnels de l'époque antérieure à des cas particuliers et précisent ainsi, dans des textes écrits, les principes du « droit canon » ^ D'autre part, les usages antérieurs sont recueillis dans des compilations anonymes placées sous le nom des Apôtres, comme les

* Principaux conciles : Anoyre. 314; Néo-Gésaréc, 314-325; Gangres, 340?: Antiochc,341 : Sardique, 344: Laodicéo, 343-381 : Constantinople. 381. Voir Hefele-Leclercq, I. 2, pas.slm. La conlunie de dresser les procès-verbaux des conciles apparaît à Antioche, à la fin du ni« siècle, et se répand lentement au w". Si « nombre de conciles particuliers n'ont laissé aucune trace historique », nous avons gardé les canons de plusieurs autres. — Voir le texte dans ^lansi, les versions latines dans Turner : Ecclesise occhlentalis Monumenta Jaris Anliquissima [Oxonii, à partir de i8'.i9]: les versions syriaques dans Schulthess : Die syrischen Kanones der Synoclen von Nicaea his Chalcedon, Berlin, 1908. Sur les collections conciliaires, voir :Maassen : Geschichte der Quellen and der Litteratuv des canon. Rechts, I, 1870. Gratz.

Constilutions Apostoliques, ou sous le patronage du concile cleNicée, comme la Dklascalie des S 17 Pères '. Ce double travail assure solidement les fondements de la discipline.

La personnalité des grandes églises s'accuse enfin avec une vigueur non pareille. Rome, Césaréc, Antioche, Alexandrie, Carthage, occupent la môme situation qu'au III® siècle ; Arles et ^'ienne, Trêves et Tours héritent de Lyon ; elles groupent toujours autour d'elles les églises établies dans les cités- et qui commencent à déborder dans les campagnes : la multiplication des chorévéques à cette date atteste cette expansion du Christianisme parmi les foules. Entre toutes ces grandes églises, Rome occupe toujours la première place : le concile de Sardique déclare même oxplici-

* Les Constitutions apostoliques sont un rtMîianiement, opéré à Antioche. vers 370, par un semi-arien, de la Dulascalie des Apôtres [trou les livres I-VI : devoirs des fidèles et des clercs |. de la Doctrine des Xll apôtres [d'où livre YH. l»^» moitié], de la Constitution ecclésiastique Égyptienne (remaniement des canons d llippolyfe, fait au début du iv siècle; — d'oi'i le livre VHI et dernier : |)rit''res liturgiques]. Le compilateur a terminé son ouvrage par 8o canons disciplinaires qu'il a intitulés Canons apostoliques. C'est lui encore « qui a interpolé les sept lettres authentiques de saint Ignace et leur en a adjoint six aulres de son cru. » Duchesne : Culte, 56: Batiffol : Litt. grecq., 200 : surtout Funk : Die Apostolischen Konstitutionen... 1891. Koltenburg : Didascalia et Constitiitiones Apostolorurn, 1906, 2 vol., Paderborn.

Achelis : Die âlteslen Quellen des orient. Kirclienrechis, 1891, Leipzig: Nau : Les canon'i apostoliques dans Vacant-Mangenot.

* A l'unité administrative, la civitas, correspond en général l'unité ecclésiastifpie. Vévécfié : la métropole civile, ou les raisons (pii l'ont enfantée, enfante la métropole ecclésiastique. Voir Duchesne: Culte 13-23: Gillmann : Dus histitut der Cli.orslùscliœfe^ im Orient. Munchen, 1903.

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