‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 48 sur 110 · ALEXANDRIE ET CE>AREE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE ET CE>AREE

curiosité du jeune homme: sa renommée de savant chrétien le fait appeler par de grands personnages soucieux de sinstruire : tels, le légat d'Arabie ou encore la princesse Mammée, mère d'Alexandre Sévère. II a pour amis lesévèques de Palestine Théoctiste et Alexandre. Un de ses admirateurs, aussi riche que dévoué, Ambroise, met à sa disposition tout un personnel de sténographes et de copistes ; les commentaires du maître jouissent ainsi, en dehors de l'école, de la plus large publicité.

Vers 21o, pour des raisons obscures, Origène quitte Alexandrie et va à Césarée de Palestine : mais son évèque le réclame, il revient dans sa patrie et il v enseigne environ dix années. A ce moment, après un voyage assez mystérieux, Démétrius le dépose, alléguant sa mutilation volontaire, poussé peut-être par la jalousie. Origène trouve asile auprès des évèques palestiniens, sinstalle à Césarée et continue sur ce nouveau terrain son enseignement, ses publications. ses prédications. Bientôt même Démétrius meurt ; et c'est Héraclas qui lui succède, et c'est Denys qui reprend les catéchèses, Denys, un des amis d Origène. Origène, pourtant, reste à Césarée, où allluent d'illustres auditeurs ; on 1 y vient chercher pour réfuter les hérétiques. L'Arabie le voit paraître deux fois au milieu d'assemblées épiscopales dont il est l'oracle : il combat ceux qui jugent l'àme mortelle et admettent quelle ressuscite en même temps que le corps : il arrache au modalisme Berylle de Bostra. Sa science,

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sa dialocliquc, son rloqucnce seul invincibles; à tout cela sajoulcni le charme de la sainteté la plus douce cl la plus humble et le prestige d'un ascétisme éclatant. Une «gloire lui manque encore, celle des confesseurs de la loi : vWv ne lui (\^l pas longtemps refusée. Déjà, en :23'"), il a dû fuir en Caj)padoce la persécution de Maximin; quinze ans plus tard, les policiers de Dèce le trouvent et le saisissent à son poste de maître chrétien. On le met à la question, puis il est jeté en })rison, chargé de chaînes, enfin soumis à la torture de Técartement des jambes ; on le menace du feu, on lui fait endurer d autres supplices; mais rien ne peut vaincre sa constance. S'il n'a pourtant pas le bonheur, comme l'évèquc Alexandre, de mourir en prison, il a du moins le temps de s'associer aux mesures miséricordieuses prises par les Denys, les Corneille et les Cyprien envers les tidèles qui ont faibli. 11 meurt enfin, couronné de toutes les gloires auxquelles un chrétien peut aspirer en ce monde, et pauvre^ jus(pi"à son dernier jour^

' Je résume ici M«^ Diichesne : H. A., I. 34i-34:j et :i43-349. Orij^'ùne, 185-254. Sur sa vie, voir l-^usôbc, VI: Grr^'oire le Thaumaturge P. G., 10, 1073. S(i. ; Pamj)hile : A-o'/.rr^ioi 'iizr;v/rjj; ; Jérôme, Pholius. Origine Adamance a été l'élève de Clément d'xUexandrie ; c'est vers 218 (luil est revenu de Palestine à Alexandrie, et c'est vers 231 (juil s'est réinstallé en Palestine, à Césarée. Au cours du voyage qu'il a fait vers 228, il a été ordonné prêtre à Césarée par l'évéqiie Théoctiste, son ami. Durant la persécution de Ma.ximin, 23.'», il s'est caché dans la maison de la vierge Julienne.

Sur la critique biblique d'Origéne, voir infra p. 205.

Les œuvres d'Origéne couq)rennent : 1" des scolies, c'esl-à-dirc

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Ce grand chrétien trouve deux dogmes essentiels dans le symbole de foi qui lui a été enseigné, la créa-

des études visant à élucider des points obscurs de la Bible. S. Jérôme cite celles qui ont trait à V Exode, au Lévifique. à Isaïe et à VEcclésiasfe. Elles sont toutes perdues: peut-être ontelles passé en partie dans les chaînes grecques [surtout dans le Commentaire sur VOctaleuque de Procope de Gaza. Harnack, I, 403: Einsenhofer : Prokopixs von Gaza, 1897, Freiburg].

2» Des /iome7«>5 très nombreuses, dont nous avons gardé 17 sur la Genèse, dans la traduction de Rufîn ; 13 sur l'Exode, id. : 16 sur le Lévilique, id.; 28 sur les \ornbres, id. ; i6 sur Josué, id. ; 9 sur les Juges, id. : '2 sur les Rois, une en latin, une en grec : y sur les Psaumes, dans la traduction de Itufin: 9 sur Isaïe, dans la traduction de JérOime: 19 sur Jérémie, dont 14 dans la traduction de Jérôme [voir Klostermann : Die Lherlieferunr^ der Jeremia- Homilien des 0., 1897. Leipzig : sur Job dans la traduction de S. Hilaire; 2 sur le Cantique dans la traduction de Jérôme: 14 sur Ezéchiel dans la traduction de Jérôme : 39 sur Luc dans la traduction de Jérôme.

3<> Des tomes ou commentaires savants surrÉcriture, dont nous avons gardé 4 sur le Cantique dans la traduction de Rufîn. 8 sur Matthieu, 9 sur Jean en grec, 10 sur VÉpîfre aux Romains dans la traduction de Rufin, — sans parler de nombreux fragments.

4" Le Contra Celsum. écrit en 248 [Eusébe, YI, 36.2. — Vaticanus srra^cus 386, du xin*=], à propos du milltMiaire de Rome. Sur Celse, voir t. m. 229.

0° Le de Principiis, en quatre li^Te3[Dieu: le monde: l'Homme: l'Ecriture], publié vers 230, en cachette d'Origéne. Nous n'avons que la traduction latine faite en 398 par Rufin : celle qu'exécuta Jérôme en 399, et qui prétendait être plus exacte, est perdue.

6° L'Exhortatio ad martyrium. écrit en 235 et adressé à Ambroise et à Protoktetos. Nous avons le texte grec.

7^^ Le de Oratione. écrit vers 233-249. adressé à Ambroise et à Tatiana, sa sœur. On y trouve une explication du Pater.

On a de nombreux fragments des autres ouvrages d'Origéne, qui sont perdus: voir la liste de ces ouvrages dans S. Jérôme [édition Klostermann. SiLz. Ber. de Berlin, 18'.i7, S.'io].

Lire le texte dans l'édition de Migne, P. G. 11-17, qui le plus

tuvent reproduit celle de dom de la Rue, Paris, 1733-1759. Une édition nouvelle est en cours de publication dans le Corpus de Berlin : en 1899, Kœtschau a publié VExhortatio ad M., le contra

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