‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 52 sur 110 · LA PURIFICATION SELON PLOTIN · texte numérisé non relu

LA PURIFICATION SELON PLOTIN

or, la science v« ritahl»' est indépendarite de l'expérience; rame doit donc s'aflranchir, ne purifier du monde sensible : là, pour elle, est lessence de la vertu. Dans ce procès divin, lame gravit successivement les divers degrés de l'Être. Elle connaît par le raisonnement les idées et les genres suprêmes ; à un second stade, elle se replie sur elle-même et contemple directement et sans raisonnement le monde intelligible; elle s'unit à l'Intelligence, parvient en elle à la connaissance parfaite, sans perdre toutefois la conscience de sa personnalité. Un progrès ultime lamène à contempler TUn-Premier kii-mème. Cette contemplation est confuse, inconsciente, car Tàme à ce moment est surélevée au-dessus de la connais-

moins définies que rintelligence, ne répugnent point absolument à la nature divine... Dieu est la cause des causes, l'acte même, l'acte absolument simple, immanent, dans lequel vient se perdre toute distinction de la puissance et du mouvement, de l'essence et de l'action... Dieu étant absolument simple, sa nature et sa volonté ne font qu'un : la nature du Bien est la volonté de Dieu. Or, la nature dé Dieu est immuable: donc sa volonté est immuable... Ce n'est pas non plus sans raison qu'on attribue la Providence au premier principe... : le monde est disposé comme si le conseil et la délibération eussent présidé à sa formation. Il est sorti spontanément de la nature divine, c'est-à-dire du Bien, avec tous les caractères de son principe, beauté, bonté, harmonie... Ainsi il faut écarter de la nature divine tous les attributs qu'une fausse analogie y rattache communément : ils répugnent profondément à la notion même de premier principe... II est absurde d'essayer de le comprendre... Mais nous sentons sa présence... par l'impression en nous de quelque chose de plus grand que tout ce que nous connaissons : nous en sommes véritablement inspirés » [Vacherot, I, 382-4U6]. Avec Plotin, la vieille théorie de Dieu-Ame du monde atteint sa forme la plus achevée et la plus haute.

164 I. i:r.Li<E impériale : la pensée chrétienne

sanco ot du chanL^diHMit. coinnK" llUro sii|)iviiio liiinième. La furnu' traiisciMidaulo de raclivilé iuloUocliioUo ost une forme inconsciente : c'est Textase, ïv-xn'.;. dans laquelle lame ravie s'abîme en Dieu. « Dès qu'elle ressent la douce chaleur du bien, elle « prend des forces, elle s'éveille et elle ouvre ses ailes ; « et, au lieu de s'arrêter à adminM* l'Intelligence, qui « est devant elle, elle sélève à iiii ])rincij)e j)lus haut « encore. Car. lanl qu'il y a ([iiehiue chose ^W snj)é- (( rieur à ce (ju'elle })0ssède, elle monte, entraînée,» par « l'attrait naturel qu'elle a pour Celui qui inspire « l'amour ; elle franchit la région de l'Intelligence et (( elle s'arrête enfm au Bien, parce qu'il n'y a plus « rien au delà... (Alors) nous ne sommes point sépa- « rés de lui, nous n'en sommes point dislanis... Mai.>^ « c'est (Ml rt'n (pie nous respirons, c'est en lui (jue (( nous sommes sauvés, ia-vir>.j.îv xal -Tf-i'^oacOa '. »

' Kmu'ades, VI. vu. 22 et ix. Gesl à pr()|)os ûv ce i)assnp(» que Thomassin écrit: « Quo non video qiiid pulchriiis, qiiid niaçnilicentiiis dici possil ad sumini boni laudom ». [lh>f/in. llteoL, 1. i(»7 : Fouillée : His/oire de lu philosophie, 170.]

Jo suis, (|uanl à Plolin. re.\pt)sé qu'a donne de Wiill : llisloire de la philosophie médiévale. Paris, lUOO, p. 1 l'J. — Il est très remaniuable (pie de Wuif n'indi(pie nulle pail cpie le l'iolinisnie est une riposie à l'Origénisme. Pareillement L'eberwefrs-lleinze : il étudie indépendamment les deu.x systèmes [11*' Theil. 18".)S,8« éd.j. Il sullit cejx'ndant de les analyser et de les dater pour apercevoir leurs rapi)orts. — On s'explique mal la tliéorie de F. Pi<-avel [h.sijiiisse d'une histoire générale et comparée des philosophies médiévales, Paris, 19ao], pour (pli le Néo-Plalonisme se serait formé, si jdse ainsi dire, extérieurement au Christianisme, puis en aurait influencé la doctrine. Il me parait éxidenf (voir tome II. ;»(» el I. p. Xlj (pie les deux doctrines se sont formées dans la même atmosphère, (pi'elles visent à répondre aux mêmes besoins

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