‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 54 sur 110 · LA RELIGION NEO-PL ATOMCIEXNE · texte numérisé non relu

LA RELIGION NEO-PL ATOMCIEXNE

par une tliéosophie que Jambliquc organise. Syrien d'origine, pénétre par les influences orientales, Jamblique bâtit sur les fondements du Néo-Platonisme un panthéon international, oi^i il case toutes les divinités dont il connaît le nom; il demande que, pour purifier son àme, on recoure à l'intermédiaire de ces êtres divins, et fait le plus large accueil à la théurgie et à l'astrologie ^ — Hieroklès préconise et Julien suit la même méthode positive : tous deux offrent un Dieu aux âmes pour vivifier leur vie. L"un choisit Apollonius de Tyane, dont un ingénieux rhéteur, on le sait-, a jadis modelé sur les Évangiles l'histoire douteuse. « Les chrétiens, dit Hieroklès, vantent partout Jésus c( et le comblent de louanges parce qu'il a donné la « vue aux aveugles et opéré quelques autres miracles

' Jambli(iue. le plus fameux disciple de Porphyre, mort vers 3;j0 ? ?, avait écrit une Vie de Pf/thagore et une Exhortation à la l'hilosophie que nous pouvons encore lire. Mais c'est le commentaire de Proclus (voir infrcD sur le Timée qui nous le fait le mieux connaître. Ses spéculations sur le Démiurge-Ame du monde, qu'il confond tantôt avec rintelligence, tantôt avec le monde, l'éloignent de IMotin. Développant une idée de Porphyre, il imagine phisieurs triades secondaires au sein de la grande Triade : nous retombons |)resque dans l'arithmétique sacrée de Valentin et des Gnostiques. .Son spiritualisme est beaucoup moins sévère et absolu que le spiritualisme de Porphyre et de Plotin ; sa m?)rale est moins ascétique, plus pratique et plus humaine.

Deux de ses émules achèvent la justification des mythes et des rites : les auteurs inconnus du De diis et mundo et du De 3///57e?'//.s- [Vacherot. H, \'2U] qui tendent à réorganiser la liturgie païenne, sous le nom de théurgie. Julien les a éclipses l'un et l'autre. — Sur la nullité des Païens du in* siècle, qui ne sont pas néo-|)latoniciens. voir Croisel. V. 754.

- Voir tome II. p. 6."j.

i'<2 L EGLISE IMI'EUIALE : LA PE^•^EE CHRETIENNE

« de ce genre. Apollonius a acconii»li de plus Linuuls « miracles, comme ratlesleiit Maxime, Damis el sur- « tout iMiilostrate, hommes autrement dignes de foi « que Pierre el Paul, lescpiels n'étaient (pie des men- (' teurs, des i^rnoranls et des magiciens. » — Julien choisit Milln-a. qui lui a apj)aru à Vienne et lui a prédit sa grandeur future ; il utilise le pouvoir impérial pour réformer le culte et les mœurs des Païens ^

Les attaques mêmes qui sont dirigées contre le Christianisme attestent donc d'une manière saisissante la complète victoire de lidée religieuse, et la vanilé de ces attaques atteste en même temps qu on narrive pas à dissocier du Christianisme la religion. Les chrétiens qui ripostent aux Néo-Platoniciens le prouvent à leur tour : ce n'est pas le principe de la synthèse origéniste (pi'ils défendent ; cen est le développemenl et le détail-. Tandis que Firmicus Maternus combat avec une vigueur brutale la théosophie païenne, et

' VoirAllard: op. lainl.. 11. 2 13-:27:h. Julien est aussi religicii.v quArnobo [voir supra |). o3, n. 3]: nul na arcordé plus d'importance au.\ |)rali(jues religieuses : au milieu de son jialais. à C(»nstantinople. il a construit un sanctuaire a Milhra. incarnation du Soleil, son dieu préféré. Dieu. Ce Dieu est triple (l'Un : le Soleil intelligible: le Soleil visible]: il a crée les dieux nationaux, et par eu.x gouverne le monde [voir Discours sur le Roi Soleil. 362]. Leurs mythes recèlent une doctrine très haute [Sur la Mère des Dieuj], et mùme une morale ascétique et charitable [Contre les chiens ifjnoranls]. — Themistios de C W, ;;i0-3ya. qui ranime l'Aristotélisme a bien plus de valeur.

- Quehiues-uns cherchent même à utiliser le l'Iolinisme pour If développement delà foi : C. Marins Viclorinus et S. Augustin. Voir in/ra. p. -33, n.

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