‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 59 sur 110 · LA THEORIE DE> HYPO^TASES · texte numérisé non relu

LA THEORIE DE> HYPO^TASES

naît qiron peut être orthodoxe en confessaiil trois hypostases. Les diacres de Lucifer ont beau protester. « Xous, Grecs, raconte Grégoire de Xazianze dans son « panégyrique d'Athanase, nous disions religieusece ment une ouRie et trois hypostases, le premier mot « manifestant la nature de la divinité et le second la « triplicité des propriétés individuantes. Les Italiens « pensaient de même ; mais, par suite de l'étroitesse « de leur langue et de la pénurie des mots, ils ne f( pouvaient distinguer l'hypostase de lousie, et « employaient le mot personnes pour ne pas paraître (( supposer trois ousies. Qu'en est-il arrivé ?... On a « cru à une différence de foi là où il n y avait qu une (( chicane sur un son. On a voulu voir le sabellia- « nisme dans les trois personnes, l'arianisme dans « les trois hypostases... Le bienheureux Athanase « voyait et entendait tout cela; et, comme il était (( vraiment un homme de Dieu et un directeur des « âmes..., ayant convoqué les deux partis avec bonté « et douceur, il examina avec soin la pensée qu'ils (( exprimaient par leurs formules, et, ayant trouvé « parfaite conformité dans leur foi, il leur laissa les « mots et les lia ensemble par les choses \ » On était

exprimât exactement la pensée de Tertullien (consiibstantialis) iadv. Praxeam, 4). De fait, il n'était pas scripturaire (Athanase : De syn.. 36i et avait été chargé des sens les plus divers par les philosophes grecs et les théologiens gnostiques. Voir Strong : op. cit.

' Traduction de Régnon : Éludes de théologie positive sur la sainte Trinité, I, 18yi, 17G. Voir du même l'étude III, Fusion des Formules, même tome, p. 167-24o.

au temps de Julien; la persécution sévissait ; on s'attendait à ce qu'elle redoublât au retour de l'empereur, après la guerre de Perse ; le souci de concentrer les forces chrétiennes à la veille d'une crise aussi grave donnait un j)rix intini aux conseils de saint Hilaire. La persécution de Valens, après la mort de l'Apostat, en accrut encore l'opportunité et concourut aussi à pacifier les âmes. Dans l'afïaire d'AntiochcS la question dogmatique n'est qu'un simple prétexte; tout le monde est d'accord au fond, sur la foi-. Et c'est celte foi commune que Grégoire de Nazianze formule dans un discours célèbre, au concile de Constantinople. Montrant aux évèques qui l'entourent le peuple massé dans l'église, il s'écrie : « Demandez-vous quelle est ma foi? La voici. Elle est gravée dans le cœur do cette foule comme sur une colonne de marbre. Une seule nature dans trois, c'est Dieu... Ne soyons pas sabelliens en défendant le un contre le trois par une confusion qui sup})rime la distinction. Ne soyons pas ariens en soutenant le (rois contre le im par une division qui supprime l'unité. Cherchons, non à troquer un mal pour un autre, mais à ne pas nous départir du bien... Le un, nous le recon- « naissons dans l'ousie et dans l'inséparabilité de

' \()\r stipra. j). 1 1 4, ii.-l lii. ii.

* Kn même temps qu'il défend la Ihéorie orthodoxe des hyposlases, Ua.sile attaque la théorie arienne des hyposlases séparées et de VoL'^'h'nzrj:^, lïoii sa polémique contre Kunomios. Voir de Bégnon : op. laud.. tome 111. p. i217,sq.

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