‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 61 sur 110 · LE> DEUX NATURES DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LE> DEUX NATURES DE JÉSUS

Comme il défend contre les Macédoniens la doctrine d'Origène rectitiée, il la défend encore contre Apollinaire de Laodicée qui conçoit d'une façon vicieuse le mode de cette union. Apollinaire a bien compris qu'il faut que Dieu même soit mort pour que la mort soit vaincue; il tient justement à limité de la personne de Jésus-Christ, mais il la formule inexactement. Disciple des Grecs, il veut que le Verbe se soit uni au corps et à lame de Jésus, mais non à sa raison, v'j/t, AoY'./.T,, voGç : le Verbe en tient lieu, dit-il ; si Dieu parfait s'unit à l'homme parfait, ce sont deux Fils de Dieu. Tun par nature, l'autre par adoption : ojo -Alf.x k'v vîvscba'- oO 6'jvaTa',. Grégoire de Xysse proteste contre cette mutilation de l'àme humaine du Christ ; il soutient avec les Pères du concile d'Alexandrie l'intégrité absolue de l'humanité de Jésus. La tradition ne criet-elle pas avec force qu'elle ne veut voir compromise aucune des deux natures de THomme-Dieu^ ? En même

par politique, S. Basile et S. Hilaire n'appelaient pas Dieu le Saint-Esprit, quils disaient consubstantiel au Père et au Fils.] — C'est en 359 quWthanase démontre contre eux la divinité du Saint-Esprit dans ses lettres à Serapion [ce que le Fils est au Père, l'Esprit Test au Fils : donc...]; elle est affirmée encore par le concile d'Alexandrie. 362, et par le concile de Constantinople, 381. Voir de Régnon : op. laiid., tome lY, passim., et Schermann : Die Gottheit des h. Geisfes nacli gr. Vsetei'ii des IV Ja/t,, 1901 . Fribourg. La pensée grecque s'oriente parfois vers la doctrine du Filiorjiie [avec Epiphane]..

' Apollinaire, né à Laodicée de Syrie vers 3ÛU-31Û. est un ami fervent d'Athanase, qu'il reçoit rfiez lui en 345 : vers 361-36:2. dev»Miu évêque, il combat un prêtre mélétien, Diodore d'Antioche, lequel (p. 17.5-176) n'admet entre le Christ historique et le Verbe qu'une union morale, et il enseigne que. dans le Christ, le Verbe tenait

temps qu'ils affirmaient victorieusement, en théorie et en pratique, la légitimité de la science, les Cappadociens, sopposant à la fois à lArianisme et à lApoUinarisme, savaient donc préserver son humanité comme sa divinité et conserver intacts leslondements de la foi.

L'organisation progressive du contenu de cette toi devait amener les esprits à soccuper avec une attention particulière et des sources où elle puise et de l'action divine doii elle procède : l'étude de la Bible et de l'Histoire marche de })air avec les progrès de la théologie.

Les livres sacrés dans lesquels Dieu a parlé à l'homme

la j)lace du vo\j;, cesl-à-dire de Vdme. Le concile d'Alexandrie de 3G2 s'occupe de l'affaire. Les mélétiens, naturellement, attaquent vij^oureusement Apollinaire, qui. soucieux de toujours nettement affirmer, contre les Ariens, la réelle incarnation de Dieu, enseigne qu'il n'y a en Jésus qu'une nature. Cette controverse, locale jusqu'en 37U, envahit dés lors tout l'Orient. — Epiphane la combat avec vigueur dans VAncoratus. 374. dans VAdrersus hœreses, 377. Alors, pour échapper à ses arguments. Apollinaire modifie sa doctrine et fait appel à la théorie trichotomiste de Platon. La théorie ainsi retouchée (le Christ est composé d'un corps humain, dune âme animale, et du Verbe faisant fonction de raison) est formulée en un symbole que Vitalis présente à Damase et à Grégoire de Nazianze : après l'avoir approuvé, 375. liamase le condamne: Apollinaire refuse de se soumettre malgré les efforts d'Epiphane : mais Basile refuse de le soutenir. L'aj)ollinarisme est condamné en ;)77 [Mansi, II1,4:27J: la sentence est confirmée en 378 à Alexandrie, en 370 à Anlioche, en ^81 ii Ccnstantinople. — Les apollinaristes résistèrent, les uns (Timothée de Béryte. Polémon) prêchant la consubstantialité de la chair (qui, du reste, demetire une vraie chair) avec la divinité du Verbe et donc l'unité de nature de Jésus, les autres (Valenlin, llomonius) se contentant de supprimer son àme. — Jérôme, avant de fuir au désert, avait étudié sous la direction

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