LA REVELATION ET LA BIBLE
deviennent l'objet d'une science spéciale : ceux qui s'y adonnent travaillent à lixer la lettre du texte et les contours de la collection. Origène pourchasse à travers les diverses chrétientés les vieux manuscrits qu'elles possèdent, déplorant qu'ils soient trop souvent corrompus, « soit parla négligence des copistes, « soit par la témérité des correcteurs qui ajoutent ou (( retranchent selon leur bon plaisir. » Afin de pouvoir répondre aux Juifs qui objectent les iniidélités des versions chrétiennes, il entreprend le plus vaste ouvrage de critique biblique qui ait jamais existé : il se propose dénoter avec soin, dans une étude comparée de l'original et du texte grec, toutes les différences
dApollinaire ; d'autre part, Apollinaire était attaqué par les méléfiens, ennemis de Paulin : on connaissait partout son glorieux passé. De là les efforts de Damase pour le ramener. Basile profitait de la circonstance pour tâcher de rapprocher Rome de Mélèce (ambassade de Dorothée). — Voir Cavallera : G. Voisin : VapolUnarisme. Élude historique, littéraire et dogmatique... VJO\, Louvain : Draeseke : Apollinarios von Laodicea.. . 189:2, Leipzig ; Lietzmann ; ApoUinaris von Laodicea und seine Scliule, 1904, Tubingen.
Les Apollinaristes semblent avoir falsifié, ou fabriqué de toutes pièces, un certain nombre de textes : falsifications qui pèseront lourdement sur la pensée chrétienne, lors des controverses dyophysites [S. Cyrille, Timothée .Elure en seront dupes].
Les églises syriaques n'ont fourni à la pensée chrétienne aucun théoricien original : les idées d'Aphraate. « le sage perse » [Vingt-trois Lettres, de 337 à 345; éd. Graffin-Parisot, 1894, 1907], ont une couleur archaïque accentuée; celles d'Ephrem, mort en 373, n'ont pas beaucoup de relief; ce sont de précieux témoins de la croyance traditionnelle. Voir Schwen : Afrahat... Berlin, 1907 ; Chavanis : Les lettres d'Afrahat... Saint- Etienne, 1908; Eirainer: Der h. Epkraem der Syrer... Kempten, 1889: Lamy : S. Ephrem [Université catholique, III. IV, 1890]; Tixeront, II, 2o2 .
des deux textes. Il dispose donc son travail en six colonnes — d'où lui est venu le nom d' Hexaples — et y range côte à côte le texte hébreu en lettres hébraïques, la transcription greccpie du texte hébreu, la version d'Aquila, celle de Symmaque, celle des Septante, celle de Théodotion. Dans le texte des Septante, il marque d'un obèle les mots ou les passages qui manquent à l'original et comble les lacunes par des emprunts faits aux autres versions — emprunts annoncés par un astérisque ; — aux endroits où la traduction des Septante lui parait inexacte, tantôt il la modifie d'après Ihébreu sans en avertir le lecteur, tantôt il la « double » du passage parallèle pris à une autre traduction. Ce travail gigantesque népuise pas son activité critique : dans ses Scholies, il s'efforce encore d'élucider les difficultés que soulève tel ou tel mot du texte *.
' Les IIe.\'ai)los ('laient piM-dtis. On en a rcU'uuvé réceiiinicnt d'intéressants fraf^menls. Voir G. Morcati • Un palimpseslo ambvosiano dei salmi esapU. Torino, IS96 (Comptes rendus de l'Académie de Turin, V.) avril 1806; Revue Biblique, 1896, 87: Ceriani, dans les Rendiconti dcl r. Istiltito Lomliardo..., 1896, 400; Mercali: A'o/etZi letteratura bihlica e cristiana, 1901. Roma. Les fragments de l'Ambrosienne donnent, en cinq colonnes (manque la transcription en lettres hébraïques) les psaumes 29 et 4.0 (30, 46) en entier, et des passages des psaumes 17, 27, 28, oO, 31, 34, 35, 48 et 88. Au même moment, Taylor trouve dans un palimpseste du Caire, les quatre colonnes grecques du psaume 21 : ce fragment nous restitue sans doute un i)assage des Tëfraples, extrait des Hexaples qui ne donne pas le texte hébreu. Les Hexaples furent rédigées sans doule ù Ccsarée entre 237 et 250. — Le texte hexaplaire des Septante fut copié par Pamphile : de là ces codices palestini dont parle .lérôme (praef. in Paralij).), cjui ])ut consulter l'exemplaire original dOrigéne :