‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 64 sur 110 · LA DEFINITION DU CANON RIBLIOUE · texte numérisé non relu

LA DEFINITION DU CANON RIBLIOUE

Il n'importait pas moins, pour assurer la foi, de définir le contenu que de fixer le texte de l'Écriture ^

les Septante (sa version du psautier, introduite avec les autres dans la liturgie romaine, est appelée psalterium romanunv. — C'est de 386 à 391. à Bethléem, qu'il revise le A'ieux Testament. — C'est à partir de 392 environ qu'il entreprend la traduction directe du Vieux Testament qu'il poursuit jusqu'à sa mort (de 398 à 404. sa querelle avec Rufin l'absorbe). Il ne traduisit pas Banicfi, I et II Mac, Eccli, la Sagesse. Il publia, vers 391, une traduction latine et une traduction grecque de l'Evangile des Hébreux : travail aujourd hui perdu.— Les traductions de Tobie, d'Esfher, et des livres de Salomon ont été faites très vite. Dans l'ensemble, et malgré ses erreurs, l'œuvre critique de Jérôme nous est infiniment précieuse. Son texte supplanta peu à peu les anciennes versions ; il fut retouché lui-même dés le v«-vie siècle ; sous le nom de Vulgate ^xn» siècle^, il fut bientôt seul usité dans l'Eglise latine. — Voir le texte dans J. Wordsworth et White : XoL'um Testamentum D. X. J. C. latine secundum edifionem S. Hieronymi. Oxford, depuis 1889 : Kaulen : Geschichte der Vulqata, Mainz. 186S: Corssen : Bericht uber die latein. IHbelubersetzunqen iBursians lahresb., lOJ, 2, 1899) ; (Griitzmacher et Brocheti : Sanders: Etudes sur S. Jérôme, Paris. 1903: et Schanz : Ge^. der rôm. Lilt. IV. 1, 1904, p. 409. — Sur le remaniement du ye-vF siècle, voir A. Dufourcq : Etude sur les rjesta Martyrum romains, tome IV. Paris 1909.

S. Jérôme a encore, soit traduit, soit rédigé d'importants travaux sur l'Ecriture. Il a traduit : 1" l'ouvrage d'Eusèbe qu'on a dit: 2» trente-neuf homélies d'Origène sur Luc, vers 389, P. L , 26, 2J9: 3° quatorze homélies du même sur Jérémie: i'^ autant sur Ezéchiel, vers 380, etc.. — Il a écrit un Commentaire sur les Petits Prophètes, un Commentaire sur les Quatre grands Prophètes, un Commentaire sur quatre épifres de Paul lEph., Gai., Tite, Polémon). des notes sur les psaumes que D. Morin a retrouvées. Commentarioli iii Psalnws. Voir Schanz, p. 413. a Les deux derniers commentaires sur Ezéchiel et Jérémie montrent que l'auteur est constamment en progrès. Surtout dans le dernier, il renonce de plus en plus à l'allégorismc à mesure qu'il se détache d'Origène, et il entre plus avant dans l'interprétation historique... : il donne à quatre-vingts ans l'exemple d'un écrivain qui se renouvelle et qui perfectionne sa méthode. » (Lejay, R. C, 1908, II, 504.)

' Voir tome III. p. 218-^20.

Et voici que, à l'époque où nous sommes, la science chrétienne constate la contradiction que posent l'usage ecclésiastique antérieur et la tradition des Juifs palestiniens : Origène, Athanase et Jérôme montrent avec force que le « canon juif » relègue hors de la Bible les deutérocanouiqucs alexandrins ^ Cest en vain que Jérôme veut rompre avec la coutume ecclésiastique et rejeter du canon chrétien les livres exclus en Palestine ; un compromis se prépare qui doit satisfaire à la fois la tradition et la science. Saint Athanase reconnaît que les deutérocanoniques sont inspirés de Dieu, mais non pas de la même manière que les principaux livres bibhques : ils ne peuvent pas servir à fonder le dogme ; ils sont propres seulement à alimenter la piété -.

Le « canon » du Nouveau Testament provoque les mêmes discussions et commence à se définir suivant un compromis du même genre. Ici encore, à coté d'un bloc incontesté *, on distingue tout un groupe d'écrits

* C'osl-à-diro Tobie. JudiLli. les MaccJiabées. Eccli, la Sar/esse. lianu/i, Vépilre de Jérémie, Esther, 10, 4-16 (Vulg.), Daîi.. 3, 24yu, el 13-14.

* A. Loisy : Histoire du Canon de rAncien Testament. Paiis. IS'.iO, o6-t34. Origine défendait contiv .Iules Africain Tolne et Judil/i : Cyprien utilise tous les deutérocanoniques, sauf Judith; iMelhodius fie Tyi' utilise Bavitcli, Eccli... Les fameux niss. Vaticanus. Sinuiticus. écrits au milieu du iv siècle, contieniuMit ou contenaient tous les deutérocanoniques. — Sur l'opinion dAllianase, voir la lettre 39. P. G. 20. Hufin semble la suivre. Comm. in Sipnb. App., 36-38, ApoL. Il, 33... — Sur Topinion radicale de Jérôme, voir le l'roluf/u.s Galentus (au.\ livres (les Hois) et Vépître à l'uulin : au fond, il d((ute (ju'ils soient authentiques et inspirésy.

' EvangilcH,- A*'tes. 13 épiires de l'iiul.

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