‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 65 sur 110 · LA DEFINITION DU CANON BIBLIQUE · texte numérisé non relu

LA DEFINITION DU CANON BIBLIQUE

admis par les uns, rejetés par les autres. L'Occident en général, léglise de Rome en particulier, repousse \' Épilre aux Hébreux, et comme œuvre paulinienne et comme écrit canonique ; saint Denys d'Alexandrie, saint Cyrille de Jérusalem, saint Jean Chrysostome rejettent Y Apocalypse dont l'explication les embarrasse ; par contre, certaines églises lisent aux fidèles la Doctrine des douze Apôtres, le Pasteur d'Hermas, l'épître du pseudo-Bernabé, lépitre de saint Clément, et même, chez les chrétiens-juils, VEvangile des Hébreux. Origène tâche d'introduire un peu d'ordre dans cette confusion en accueillant sur le même pied que les livres incontestés, comme Écritures divines inspirées par Dieu, tous les textes qu'une église un peu notable trouve dans sa tradition. Eusèbese montre plus difficile : il distingue les Écritures incontestées, (ou homologoumènesj, les Écritures contestées par un petit nombre d'églises (ou antilégomènes), les Écritures qui n'ont pour elles qu'un petit nombre d'autorités (OU apocryphes)^. Saint Jérôme, plus conciliant en ces matières qu'en ce qui touche au canon hébreu, joue ici le rôle de saint Athanase. Il distingue soigneusement le point de vue théologique du point de vue historique, l'inspiration divine de lauthcnticité littéraire : Vinspiration divine d'un livre peut être directement attestée par la tradition ecclésiastique sans

* Hermas. Barnabe, Doctrine des XII, Évangile des Hébreux, Actes de saint Paul. Apocalypse de saint Pierre. Voir A. Loisy: Hifstoiredu Canon du Nouveau Testament, Paris, 1891, 139-207.

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rjue son nrnjiiir hainaine suit chiivement connue par des documenls ; f|ni dit canonicité ne dit pas aulhenticilé. Limporlant à ses yeux n'est pas de délerniiner avec précision l'auteur luniiain du texte — d'autant ([ue saint Pierre et saint Paul ont pu employer difTélents secrétaires ; — c'est d'établir avec certitude lusai^c prali({ue des églises K C'est la tradition d'Ori- ^bne et plus encoi'i^ la Iraditioii dlrénée; c'est la ti'adition chrétieiuje.

lui même temps que la science de la parole de Dieu, les chrétiens organisaient peu à peu la science de l'action de Dieu dans le monde : la révélation des Écritures est-elle autre chose ((uune partie, un aspect de l'activité du Créateur soutenant, dirigeant, redressant la création '! Les études cpie provo(pie la Rihie coudinsent à l'étude de l'action divine dans rHistoir(\ Ainsi liMid à se constituer la science de la Providence.

1! semhh^ c{ue c'ait été lœuvre propre d l^usèhe, évéque de Césarée, que d'organiser les efforts et de synthétiser les spéculations des premiers historiens chrétiens, lùisèhe continue la tradition d'Isaïe, essentiellement j)r(>vi(lenlialiste, (juil int(M'prète snrtoiit j)ar Piiii(»n. il continue la pensée des Apologistes poui' (jiii

' Au fond, Jérônu' penche j)Our rautlicnticitc paiilinicnnc do lleh. et il est très catciîorique pour affiniKM- (prdli^ est inspirée. C'esl la tradition de TéfîUse grec(pie rpii ledélermine. Voir lepilre a Paulin, et le ite riris (notices de Pierre, Jaccpies. Jude. Jean). — Sur le.s catalo.i,Mies canoniques de ce temps, voir Preuschen : Analecla. Kiirzere Texle ziir (iesc/iichle... des- Kanons. 18!»3, Leipzig: Zahn : G. N. T. K.: Uufourcq: Élude sur les (ieala Mavhjruin romains. IV. 1909, Paris.

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