‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 66 sur 110 · LA PROVIDENCE ET LHISTÙIKE · texte numérisé non relu

LA PROVIDENCE ET LHISTÙIKE

le Cliristianisme est rahoutissemeiil: et lachèvement de la philosophie grecque. Il pratique la métliode positive de saint Irénée qui veut appuyer la foi. non sur des théories métaphysiques, mais sur la continuité, historiquement constatée, des églises apostoliques. Il reprend l'œuvre qu'ont peut-être ébauchée ces grands voyageurs, ces grands curieux qui s'appellent Hégésippe et Sextus Julius Africanus. Il s'inspire souvent d'Origène. Les événements contemporains dont il est le spectateur et l'acteur contribuent enfin à éclairer le passé à ses yeux, à modeler définitivement sa pensée et à tixer en un système sa philosophie de l'histoire.

Dieu n'est pas seulement le maître absolu et le régulateur de la Nature; il est aussi le maître absolu et le régula leur de l'Histoire. Son action historique embrasse deux époques séparées par l'apparition du^'erbe dans la chair, la Théophanie. AvantJésus-Christ, les descendants d'Adam subissent les lamentables conséquences de la révolte de leur premier père ; ils sabandonnent à une vie déréglée et brutale, ils n'ont ni loi ni gouvernement, ne cultivent les sciences ni les arts, ne s'appliquent ni à l'étude de la sagesse, ni à la pratique de la vertu : ils vivent « comme des sauvages dans les déserts ». Lorsqu'ils sont parvenus au terme de celte décadence, le Verbe intervient, soit personnellement, soit par le ministère des Anges, auprès d'un ou deux amis de Dieu (Abraham; ; il ranime ainsi la vio divine chez leurs enfants ([iii foinienl peu h p(Mi la

nation des Juifs; coninK^ ces Juifs retiennent beaucoup (le leur corruption première, il leur envoie Moïse et leur donne la Loi : il ne juge pas le moment venu de leur procurer la claire intelligence de la véritable religion. — Mais l'influence de la Loi révélée par Moïse déborde du pays hébreu ; elle éveille et inspire toute la sagesse grecque dont Platon, non Aristote, est Torgane autorisé. — Enfin, les hommes étant devenus plus capables de recevoir la lumière, le Verbe de Dieu parait au commencement de l'empire romain dans un corps delà même nature que les nôtres et accomplit par ses actions et ses souffrances ce que les Prophètes ont prédit.

Après Jésus-Christ, l'Église naît et se développe ; l'unité de foi engendre peu à peu la paix du monde : les guerres et les maux qu'elles entraînaient à leur suite tenaient à la diversité des dieux qu'adorait chacun. Par la volonté céleste, l'empire romain et la loi chrétienne, destinés à unir dans les liens d'une concorde éternelle le genre humain tout entier, se sont élancés de terre et ont couvert les nations de leur ombre. Leurs communes conquêtes ne s'arrêteront qu'aux limites où finit la terre : elles seront rapides et faciles. L'àmc de tout homme est naturellement droite, capable de reconnaître le vrai et le divin : que tout homme lise donc aujourdiiui les prophéties, qu'il considère l'expansion miraculeuse du Christianisme, qu'il contemple l'éminente sainteté de l'Kglise. S'il fait sincèrement effort pour voir clair, ces faits le conver-

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