‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 67 sur 110 · L ŒUVRE D EL'^EBE · texte numérisé non relu

L ŒUVRE D EL'^EBE

liront. Le monde ne formera quimo famille sous le sceptre du Père tout-puissant et tout bon. — Cette vue générale s'accompagne et s'étaye d'une conception particulière des progrès de la foi : c'est « dans la suite des évêques qui ont succédé aux saints apôtres », et c'est dans leur œuvre qu'il faut cherchera découvrir les grandes lignes de l'action de Dieu dans l'Église ^

* L'œuvre historique d'Eusèbe, évèque de Césarée de Palestine, né vers 265. mort en 340, est considérable : elle peut être envisagée à un double point de vue. — Mais d'abord je rappelle qu'il s'est formé à Antioche et à Césarée sous Dorothée et sous l'amphile, que c'est unennemii d'Athanase et du consubstantiel, qu'il fut un favori de Constantin, un prélat de cour, un homme de lettres.

Heureusement pour nous, il avait la passion de l'histoire. Son Histoire Ecclésiastique, écrite vers 313-32.5 (10 livres) expose l'histoire de l'Église depuis Jésus jusqu'en 323 d'après des documents d'archives que nous n'avons plus. C'est pour nous un document d'une inappréciable valeur. La Vie de Constantin, malgré les flatteries qui la déparent, est encore très précieuse (écrite après 337). La Chronique, en deux parties, résume l'histoire du monde depuis Adam jusqu'en 325 et fixe les synchronismes des ères grecque (olympiadesi, juive (années d'Abraham), romaine ; l'ouvrage a eu deux éditions, l'une peut-être antérieure à 312, l'autre de 32.5 : il nous est surtout accessible dans la version qu'en a faite Jérôme, vers 381 : nous en avons des versions syriaques, une arménienne. La Collection des anciens martyres réunissait des actes de martyrs antérieurs à Dioclétien, tels que ceux de S. Polycarpe ou de S. Pothin : elle est perdue. On a parlé plus haut du livre des Martyrs de Palestine, et des recherches d'Eusèbe sur l'histoire et la géographie d'Israël, p. 207. Jérôme assure qu'il avait écrit encore une étude sur les contradictions des Evangiles, une Vie de Pamphile : tout est perdu.

Dans une autre série d'ouvrages, la préoccupation philosophique, ou apologétique, prend le pas sur la préoccupation purement historique, qui guidait surtout Eusèbe dans ses autres travaux. La Préparation évangélique, adressée à Théodote, évèque de Laodicée de Syrie, combat par la raison et par les

Saint Augustin continue dune manière originale le double travail auquel ont collaboré les penseurs de la chrétienté romaine : il tente en même temps d'adapter la science à la foi et d'organiser la loi selon la science. Mais sa synthèse, pour savante quelle soit, apparaît surtout comme une leuvre vivante : c'est lelTort d'une àme angoissée autant que dune pensée claire.

Né à ïagaste, Augustin révèle de bonne heure un esprit avide d'apprendre, une àme de l'eu. 11 passe de l'école de Tagaste à celle de Madaure, et, de ]\Iadaure, son père l'envoie à Carthage. A peine arrivé dans cette ville, le jeune homme contracte une liaison

proplu'Iii's les reli^'ions v[ los philo.sophics jtaïiMKn^s. La Uéinons- Ivalion ëvanfjelique, adressée au même évt'qne (on ncn a que les 10 j)remier5 livres, pluïi un extrait du 15') vise les Juifs, dernontie la divinité de l'ICglise par l'honioufénéité des deux Testaments, les prophéties. la miraculeuse^ propagation de l'Kvangile. La Théop/ianie. qui nous est parvenue en syriaque, résume les deux ouvrages précédents. Mais quel est leur rapport à la l'ipparalion Ecclésiastique . et à la fJéniotisf ration Ecclésiastique (l(»nl |)arle Pliolius, eodd. 11-12? <>n ne sait, l'ne étude spéciale lies Prophéties faisait partie d'une vaste introduction générale cl (Iriiiciilaire à lEvangile. Contre l'orphyre il avait écrit trente livres. 11 avait aussi, contre Ilieroclôs, montré (|ue l'AiJollonius (le l'hilostrate avait été modelé sur Jésus. .Son Apologie et liéfulalion était enfin une défense générale du Christianisme.

" O qui reste de ce trésor est com])arati\ cment inexploré, a pu écrire Lightfool il y a plus de (trente) ans. et combien reslel-il encore k faire! » [BatiffoI|. 11 a été de mode, très longlem|)S. de montrer en Dusébe. un érudit très savant, et... pas très fort. Voici que les théoriciens du totémisme découvrent qu'il a fait preuve d'une grande pénétration, lorscpi'il a parlé des religions

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