LES OUVRAGES D AUGUSTIN
Ces livres ^ permettent de reconstruire la synthèse qui s'est achevée dans son esprit dès 396-397 : il a
' Voici, dans Tordre chronologique de leur apparition, les plus importants des 1Û3 ouvrages que l'on doit, authentiquement, attribuer à Augustin : 386-;ji;7, Contra Academicos. de beata vita. de ordine. Soliloquiorum libri II, de immortalitale anima? tous dans P. L., Z'2) : de moribus ecclesise catholicaî et de moribus Manichfeorum, P. L., 32 ; 388-39o de libero arbitrio, P. L.. 32; 388-391, de vera religione, P. L.,34; 391-392, de utilitatecredendi. P. L., 42 ; 396-397, de diversis qutestionibus ad Simplicianum. P. L., 40 ; 397, de doclrina christiana, P. L., 34 ; 400, Confessions, L.. 32; 400, contra Faustum, P. L., 42: 400, de consensu evangelistarum, P. L., 34 : 400. contra epistolam Parmeniani, P. L., 43 ; de bapfismo contra donatistas, P. L., 43 ; 400-402, contra litteras Petiliani. P. L., 43: de ïrinitate, 400-416, P. L., 42; de Genesi ad litteram, 401-41-5. P. L., 34 ; 405, de natura boni contra Manichceos, P. L., 42: 412, de peccatorum mer. et rem., P. L.. 44; 412, de spiritu et littera, P. L., 44 : 413-426. de civitate Dei, P. L., 41 : 415, de natura et gratia contra Pelagium, P. L., 44; 416-417, in Joannis Evangelium, P. L.. 35: 418, de gratia Christi et peccato originali, P. L., 34 : 419-420, de nuptiis et concupiscentia, de anima et ejus origine, P. L., 44; 421, contra Julianum, P. L., 44; 421. Enchiridion, P. L., 40 : 426-427, de gratia et libero arbitrio, de correptione et gratia. P. L., 44 : 426-427. Retractationum libri duo, P. L.. 32 ; 428-429, de prasdestinatione sanctorum, P. L.. 44 : 428-429, de bono perseverantife. P. L., 45: 429- 430, Opus imperfectum contra Julianum, P. L., 45. [D'après Portalié et Rottmanner]. — L'édition princeps a paru à Bàle, 1506, par les soins d'Amerbach et Dodon [très incomplète]: je rappelle Tédition d'Erasme let Froben, Bùle, à partir de 1528) ; jinsiste sur la magnifique édition bénédictine (Delfau, Blampin. Constant, Guesniéi. 1679-1700, 18 volumes en 11 tomes in-folio, qui a été souvent reproduite, notamment par Migne. [Voir iThuillieri : Histoire de la nouvelle édition de S. Augustin donnée par les bénéd. de S. Maiir ; Ingold et Didio : Histoire de l édition bénédictine de S. Augustin, Paris, 1903: Tassin : histoire littéraire de la Conr/réf/ation de S. Maur., 1770, Bru.xelles : L'. Robert : Supplément à l'fiist. litt. de la Cong. de S. M , 1881, Paris : II. Wilhelm : Nouveau supplément à l'histoire litte'raire..., 1,1908, Paris]. En 1894. ont commencé de paraître les Iraitésd Augustin dans le Co?'p?/5- de Vienne. (Sur les anciennes éditions, voir Schonemann, reproduit dans P. L., 47, 9).
224 I^ Ef.LISE IMPKRIAr.E : LA PENSEE CHRETIENNE
découvert alors que la grâce est u!i don gratuit de Dieu à riiomnie. .Jusque-là il scxpliciuait sa conversion comme une vicloir(^ de son àme angoissée, une conquête de sa volonté propre tendue vers le bien et le vrai. 11 s'aperçoit à ce moment que les doutes qui agitaient sa conscience et l'empêchaient de dormir, que leffort incessant et opiniâtre de sa volonté sont un pur effet de la bonté divine. L'idée de Dieu qui, lentement, sest éclaircie dans sa conscience s'épanouit alors avec une puissance incomparable ; elle explique le monde, comme elle explique sa vie ; c'est le principe et le support de toute sa doctrine, c'est sa doctrine elle-même. Deum et animam scire cnpio. Sihilne plus? Nihil omnino. Dès qu'il a connu, dès qu'il a j)0ssédé Dieu, il a vu clair, et les fauss(\'^ pliilosophies ([ui l'avaient séduit se sont écroulées tout d un coup; pour ro//', dira-t-il, il faut donc commencer par croire. Owo coniiail-il de 1 astronomie et de la physicpie après les avoir tant étudiées ? En quoi ces sciences l'ont-elles rapproché de Dieu ? Comment contester h^ur insufTisance et leur vanité ? Il n'est que de sentir et voir Dieu, c'est-à-dire Jésus-Christ ; il n'est (pie de recevoir sa grà('e et de ressusciter sa vie; il n'est que de se souuK^ttre à l'Eglise, de participer à ses sacrements, d'entrer dans la cité céleste. Tout le reste est vanité! La science de Dieu, du Christ et de l'Eglise, voilà donc ce qu'il faut conquérir ; et c'est à élaborer cette science que saint Augustin dépense son àme '. ' iJans l'oxposé (jui suit, je j)iiise lo plus souncmI à J. Martin :