LA BIBLE ET LA SCIENCE
LEcriture Sainte ne peut, d'aucune manière, la lui rendre explicable. « La physique n'a pas de rapports « avec la religion. )> « On ne lit pas dans lÉvangile « que le Seigneur ait dit : Je vous envoie le Paraclet (f pour qui! vous instruise du cours du soleil et de la « lune, car le Seigneur venait faire des chrétiens, et « non des mathématiciens. » Le récit génésiaque ne nous livre pas les secrets de la nature ; « l'exposition « selon Tordre des jours a pour objet principal d'inc( diquer sous l'apparence d'une histoire ce que doit « être l'avenir ». Le mot soi7\ dans le récit biblique, désigne la matière, le mot matin désigne la forme. La Bible est muette sur les questions de physique ; il faut se garder de compromettre son autorité en la faisant intervenir en ces matières ; on l'exposerait au blâme et au mépris des infidèles qu il faut convertir par elle. « L'esprit de Dieu qui parle par la bouche (( des auteurs sacrés n'a rien voulu enseigner aux
imaginés par rastronome « ne subsistent qu'en son esprit et ne sont rien dans les cieux ; seul, le mouvement complexe et indéi-omposé de chaque astre est doué de réalité » : la fameuse uniformité de mouvements des corps célestes est un mythe creux ; en tout ce qui touche à l'astronomie, sachons nous contenter d'à peu près, ~ô ivyj-. Voir Duhem : Essai sur la notion de Ihéorie physique de Platon à Galilée, Paris, 1908. — 'Voir encore le courant sceptique itome II, p. 44-46)].
Sur l'essence des choses créées d'après Augustin, voir de la Genèse contre les Manichéens, I, 5. 6, 7, s2; ouvrage inachevé sur la Genèse, 3. 10, 4. ll-lfi, 12. 37; interprét. littérale de la Genèse, I, 1, 4, G, In ; II, 41 ; V, 5 : VI ; VII : IX : Confessions, xii, 3-13, 17, 21-22, 29; — de l'ordre, I. 2 : des mœurs de l'Eglise. II. 6; Vraie religion. XI. 21.
232 L ÉGLISE IMl'EUIALE : LA PENSEE CHRETIENNE
« hommes sur ces choses qui n'importent nullement « au salut K »
La connaissance de la vérité, au contraire, la connaissance (le Dieu, qui est nécessaire à l'homme, ne lui est pas refusée. Lhomme, par X'inteUeclion, est capable de percevoir le vrai. « Notre propre existence « est un point sur lequel nous ne craignons pas qu'une (( vraisemblance nous tromj)e, car il est certain (jue « se tromper, c'est encore vivre. » Ce fait brut ne peut pas être érigé en un principe duquel on déduirait l'absolu ; il est plus sage de le délinir, et de le décrire exactement. Penser, c'est rendre une notion plus claire quelle nétait d'abord ; c'est voir plus nettement ce qu'on voyait plus confusément ; c'est rendre conscient ce qu'on possédait inconsciemment. Or, ce (jue l'àme porte ainsi o])Scurément en elle, c'est Dieu. Elle pense immédiatement l'immuable, bien qu'elle vive dans la nature changeante. Comprendre l'imnuiable ne peut donc pas être pour elle autre chose que comprendre Dieu. Dieu existe donc, elle pense Dieu. Du reste, n'étant pas « de soi », peut-elle n'être pas (' de Dieu » ; peut-elle ne j)as trouver Dieu en soi, lorscju'elle réfléchit sur soi? Dieu est donc, et l'objet de l'intellection, c'est Dieu. De là résulte l'unité fondamentale de la connaissance spéculative, malgré la
' Sur les rapports do la sciiMice et de la Hible. voir Genèse contre Man. I, 14, 22, 23: II, 12; ouvrage inachevé sur la Genèse, 3, 7, 13: interpr. littérale de la Genèse, I, 10, 12. 17; II. 14: IV: Confessions, V, 3, 5 : XII, 13-27; Cité de Dieu. XI, 7, 9, 31.