‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 73 sur 110 · OTRE CONNAISSANCE DE DIEU · texte numérisé non relu

OTRE CONNAISSANCE DE DIEU

pluralité de ses déterminations. Notre pensée claire, notre verbe sort de notre perception primitive et confuse de Dieu^ comme le Verbe divin sort de la science

' Mais comment Tàme perçoit-elle Dieu, directement ou indirectement? Il semble que saint Augustin ait rejeté la première hypothèse, lontologisme. Pour lui, l'àme voit en soi, moins Tètre divin, que les imarjes des idées divines imprimées en elles par Dieu, images analogues à celles qu'on obtient en appuyant un sceau sur une cire. C'est la théorie des species impy-essse ou de l'illumination divine, acceptée par les Augustiniens de la période scolastique. Il continue ici, et modifie. Plotin.

Sur la connaissance de Dieu par l'homme, voir plus haut, p. 224 et 225. Libre arbitre, II, 2-7-10: traité sur S. Jean, xxxv, 4; — Trinité, viii, 6, 7 ; x, 1-4, M ; xii, 14-io et xiv. 6-15, xv, 21, 12- 15; Rétract., I, 4, 8: Ep. 130; livre des 83 questions, 54; de la vraie religion. 30, 31.

Voir Souverain : Essai sur le Platonisme dévoilé..., Cologne (Amsterdami, 1700 ; Baltus : Défense des S. Pères accusés de platonisme, Paris, 1716 [voir sur cette polémique laZeits.f. hist. Theol. 1864, 319]: Lœsche : de Auq. plotinizante.... 1880, léna ; Grandgeorge : S. Augustin et le néo-platonisme, Paris. 1896: — Schutz : iS. A. de origine et via cognitionis intellect ualis doctrina ab ontologismi nota vindicata. 1867, Munster; Zigliara : délia luce infel-

lettuale et delV ontologismo secondo 4., Bonaventura e Tom-

masso. 1874. Roma, 2 vol. : — Melzer : Augustini et Cartesii placita de mentis humanœ sui cognitione, 1860: Ott. dans le Phil., Jahrbuch, 1900: Leder : Untersuc/iungen ilber A's Erkenntnisstheorie in ihren Beziehungen zur antiken Skepsis..., 1901, Marburg : — von Endert : Der Gottesbeiveiss in der patristisclien Zeit mit besonderer Beriicksichtigung Augustins, 1869, Freiburg.

Un grammairien africain, qui se convertit sur le tard au Christianisme, indiqua peut-être à Augustin l'idée d'un plotinisme chrétien : c'est G. Marius Yictorinus,qui, après avoir écrit une^r.y grammatica, combattit Ariens et Manichéens, célébra les Macchabées et composa une libre adaptation de Ylsagogé de Porphyre [vers 360. — Ce fameux texte vient dètre restitué d'après le commentaire de Boèce par P. Monceaux, Mélanges Havet, 1909, 291]. Voir Geiger: C. Marius Victorinus Afer... Metten. 1887-89; R. Schmid : M. Y. rhetor und seine Beziehungeii zu Augustin. Kiel. 1893: Monceaux, III: ïixeront. II, 235 sq.

234 L EGLISE IMTEIUALE : LA PENSÉE ClinÉTlENNE

(lu l'ère. Plus claire elle devient, plus elle voit Dieu, plus elle s'unifie sans pourtant jamais devenir absolument une. L'analyse descriptive de la pensée vivante révèle du même coup ({u'elle saisit l'Absolu et ([ue l'Absolu est. Linlolligonce ne le construit pas, elle le constate : « la raison ne rend pas nécessaire 1 exis- « tence île Dieu..., le raisonnement ne fait pas que « Dieu doive exister. » Dieu est présent à l'àme; éclairée par la grâce, l'àmc linit par s'en apercevoir.

Dieu est présent à l'àme d'une manière absolue, bien (ju'incomplète ; et encore parce que « l'àme « humaine est naturellement unie aux idées divines ». Ce double fait jious permet d'entrevoir quelque chose de la nature de Dieu et de son (euvre. Dieu est imnmable, absolu, infiniment supérieur à tout ce qui est limité et fini : « il est l'être même », la simplicité absolue. Il est la perfection absolue, justice suj)rêmc, bonté suprême, omniscience, env(doppan( même les futurs conditionnels. La beauté absolue appartient à son essence. 11 agit librement, dans une absolue indépendance. Mais Dieu possède plus de réalité que nous n'en pouvons concevoir : sa réalité totale s'exprime dans la Trinité. « Dieu est Trinité et, de cela, il ne faut « pas conclure qu'il est triple. » Augustin essaye de nous doniKM' du mystère une image approchée. Ce n est pas (piil vcmmUc le rendre intelligible : « de la « créature au Créateur y eùt-il jamais similitude pos- « sible ? » {( Le langage humain est trop pauvre (pour « exprimer ce qu'est le Dieu triple et uni. On a dit

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