‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 74 sur 110 · LA TRINITE SELON AUGUSTIN · texte numérisé non relu

LA TRINITE SELON AUGUSTIN

« cepeiulant trois personnes, non pour dire ce qui est, (( mais pour ne pas le taire totalement. » L'unité de la Trinité, la trinité de l'Unité sont figurées dans le monde par une foule de rapports ternaires ; elle est quelque peu comparable, notamment, à la solidarité et à la diversité des trois facultés humaines, la mémoire, l'intelligence et la volonté. Mais il ne faut pas nous leurrer : « pour la vision de la Trinité, quelque « progrès que nous y fassions pendant cette vie, ce ne (( sera jamais qu'une vision par énigmes* )>.

' Etre, sagesse, bien ; — éternilé, vérité, volonté : — père, image, don: — existence, science, amour; — i)liysique . logique, éthique, etc..

Sur la « théologie » cfAugustin. voir le de Trinitate, surtout Y, VI, XV, et tous ses ouvrages, passim. — Augustin conçoit la Trinité de la même façon que les Occidentaux en général : la pensive des Orientaux tombe sur une Personne-Dieu, puis sur une seconde Personne-Dieu, puis sur une troisième, dont elle découvre ensuite la substantielle unité. C'est la Sature divine gui est l'objet premier de la foi et de la pensée d'Augustin : il considère ensuite « les opérations intimes de cette nature divine, en tant quelle est intelligente et coulante » ; et, naturellement, c'est à ianahjse de l'âme humaine, obscure image de Dieu, qu'il emprunte les éléments de sa théorie trinitaire — qu'on appelle parfois, pour cette raison, psychologique. Rien de j)lus significatif à cet égard que la doctrine d"A... touchant les théophanies de l'Ancien Testament : elles manifestent, à l'entendre, non pas une des trois Personnes, mais Dieu 'indiscrète, ou encore, dit-il, /^erio/ja [m) ipsius Trinitatis. [Collatio cuni Maximino ariano ; de Trinitate, lll, 16, 18. Voir de Régnon, 1, 257. — S. Epiphane et S. Grégoire de rs'azianze ont commencé, à rencontre des Ariens, de mettre l'accent sur l'Unité. Dès lors. l'Kglise fera écho à S. Augustin plus souvent qu'à ses devanciers].

11 est très assuré, du reste, qu'Augustin garde la croyance à la distinction des trois Personnes : il voit en chacune une relation subsistante [de Trinitate, \V\\, prœm ; VII, 6; de Régnon, I, 82]. — Outre de Régnon, voir Th. Gangauf : Des h. A. spéculative Lehre von Gott dem Dreieinigen, 1866, Augsbourg.

Dieu ncsl pas identique au monde. « Si l'àme est la « substance de Dieu, la substance de Dieu se trompe, (( la substance de Dieu est violée, la su])Stancc de (( Dieu est trompée » ; ce qui est une a])surdité sacrilège. L'idée de création ex «i/îj/o s'impose : « l'essence « souveraine fait être tout ce qui est; voilà pourquoi « elle se nomme essence ». Mais « qui oserait dire (( que Dieu, sans savoir comment, a constitué toutes « choses ? On ne peut le dire, ni le croire ; il reste « donc que toutes choses ont été laites d'après un « principe..., et chacune d'après son principe propre. « Et ces j)rincipes... (sont) dans l'esjjrit du créateur»; ce sont les idées divines qui informent toutes choses. — L action de Dieu maintient et conserve ce qu'elle a produit : « ce qui n'est pas par soi-même, s'il est aban- « donné par le principe qui le fait être, ne sera plus » ; toute énergie cfTective vient donc de Dieu; la créature ne peut (pieii diriger l'emploi comme le laboureur dirige sur les ])entes l'eau que lui envoie le ciel. GoncurremmcMit à cqHq pî'ovidoice « naluvelle » qui entretient la vie de l'univers ])hysique, la providence i( volontaire » guide les volontés et les intelligences ^

' Sur le rai)porl de Dieu au monde, voir Dispute contre Fortunat, I. 5, 11, 12, 13, 17; n,20, 21 : contre Fauste. xi, 3-4; .\x. 5, •>. 10. 15, 17; XXI. 16; xxii, 21-22, 98; xxvki, 5; contre Félix; contre Secundinus7, 9, 20, 24; Cité de Dieu, iv. 9-12.29-31 ; vu, 5- 6 itouchant le j)anlhéi.sme) ; — Vraie religion, xi, -lit: les 83 Questions, 4ti; Kp. 14; Cité de Dieu, vu. 28 et xi, 10. xii ; Interpr. litt. Genèse, v. 13-15 ; Trinité, iv. 1 ; Genèse contre Manich.. i, 3 ; livre inachevé sur la Genèse, 3 ; Confessions, xi. 7, 10-13, 30-31 : XII, 1. 15. 18 : (le la loi et du symbole, ii, 2 (touchant la création).

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