LES JEUNES ÉGLISES
rinthe, qui exerce une sorte de surveillance sur les églises de Grèce et de Crète, rentre elle-même, ce semble, dans Torbile de Rome.
A côté de ces vieilles églises émergent de 1 ombre, à la Un du second siècle, Alexandrie, Carthage et Lyon. Limportance économique et morale d'Alexandrie n'est pas moindre alors qu'au temps de Philon ou des Ptolémées ; l'éclat de cette université curieuse qu'est le Musée explique même que l'église alexandrine nous soit connue d'abord par son école. Divers systèmes syncrétistes et gnostiques s'y disputaient les esprits : la communauté des fidèles avait ainsi été conduite à organiser une école officielle, le didascalée, où les chefs ecclésiastiques ne se contentaient pas de donner un enseignement élémentaire, tel qu'il convenait à des catéchumènes; « ils y faisaient exposer et défendre la foi par des érudits et des philosophes chargés officiellement de ce soin, nommés et révoqués par eux «. C'est déjà l'église qu'on appellera plus tard çO.o^o'-i'.xw-a-rj, l'église qu'ont illustrée Pantenus et Clément et qui va produire Origène. Mais l'ardeur de sa foi et l'étendue de sa science sont plus célèbres que l'exactitude de sa doctrine : compatriotes de Basilide,, de Valentin et de Carpocrate, Clément et Origène n'ont pas su se préserver toujours d'erreurs analogues aux leurs ; on ne voit pas qu'aucun évêque alexandrin ait réfuté ces fameux hérétiques ou qu'aucun ait exercé nulle part, avant ces fameux docteurs, une influence quelconque. Le Christianisme alexandrin semble moins homoe'-nr
que le Chi-islianisme des églises apostoliques : il rayonne néanmoins sur toute l'Eg-ypte où se sont formées de noml)reuses communautés, et aussi sur la Cyrénaïque *.
Si l'église d'Alexandrie fui peut-être fondée par des chrétiens de Palestine — il y eut souvent des rapports étroits entre celle-ci et celle-là, — il se peut encore que l'église de Carthage ait été l'œuvre de Rome : l'histoire de TertuUien, nous lavons vu, l'histoire de saint Cyprien, nous le verrons, attestent les relations intimes qui, même au point de vue ecclésiastique, unissaient l'Afrique à l'Italie. L'Afrique et la Numidie étaient profondément romanisées, tandis que les populations des deux Mauritanies, Césarienne et Tingitane, échap})aient dans une mesure notable à l'action des procurateurs impériaux. La même différence se reflète dans la situation religieuse : plus qu'à l'occident, c'est à l'orient de l'Afrique mineure que le Christianisme a pénétré. Carthage et Lambesse, les deux centres romains, sont aussi le siège de deux importantes églises autour desquelles se pressent près de quatre-vingts autres; certaines d'entre elles sont même établies hors de la ligne des postes romains, chez les Gétules et chez les Maures. Les martyrs scillitains, les saintes Félicité et Perpétue, l'infatigable activité de TertuUien ont fait connaître à l'Kglise la fougue, la science et
' Sur Alexandrie cl l'Egyple, voir Ilarnaek, II, [:]'2 et Duchesne. I. 47o, sq.; G. Lefebvre : Recueil des iiiscrtptioiis rjrecques il'Effyple, 1907. Le Caire.