LES JEUNES ÉGLISES
aussi les égarements dont ces jeunes communautés sont capables ^
Leglise de Lyon, au contraire, tille assurée des églises d'Asie, n'est pas moins illustre par l'orthodoxie de ses évéques que par le courage de ses martyrs. 11 est possible que ce soit saint Irénée qui ait
^ Voir Ilarnaek, II, 234 et Diichesne, ï. 388. L'Afrique et la Numidie coiTespondent à peu près à la Tunisie et à la province de Constantine, la Césarienne aux provinces d'Alger et d'Oran. la Tin.^itane au Maroc [ Tissot : Géogr. comp. de la pvov. rom. d'Afrique, 1884, 1888. 2 vol. : Toulotte : Géogr. de l'Afr. clir.. 1891, 4 vol. : Babelon, Cagnat et Reinach : Atlas arch. de la Tunisie. 1892: Toutain : Les cités romaines de la Tunisie. 1896: Monceaux, Hi.sl. lift, de VAfr. chrét.. 1901. 1902. 3 vol.: Leclercq : L'Afrique chrétienne. Paris. 1904, 2 vol. et dans Cabrol ; Guignebert : Terfullien, élude sur ses sentiments à l égard de l'Empire, 1901 : AudoUent, Carfhage romaine. 1901].
Il est très possible que les premières traductions latines de La Bible aient l'Afrique pour patrie. Voir Monceaux : Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne, 1 il901), 97-116. — C'est au début du m* siècle, selon toutes les vraisemblances [Monceaux. I, 463- 0Û8] que lleurit Minucius Félix, rhéteur chrétien dont nous avons gardé un dialogue charmant. VOctavius lécrit entre 213 et 250, après Tertullien. avant Cyprien;,. Contre Cfecilius qui plaide la cause du Paganisme. Octavius en démontre les contradictions et la fausseté: et il démontre aussi la pureté, la vérité, la bienfaisance du Christianisme. « Tout cela avec une émotion communicative, avec une éloquence entraînante, quoique un peu apprêtée, et souvent alourdie d'érudition. » Voir Gaston Boissier : La fin du paganisme, 1, p. 251 ; Renan : Marc-Aurèle, 389. [Pour Bardenhewer, M. Félix est de peu antérieur à Tertullien, qui s'en inspire].
Sur les chrétientés d'Espagne, qui sont, semble-l-il, en étroits rapports avec les chrétientés d'Afrique, voir Leclercq : L'Espagne chrétienne, Paris, 1905: Ilarnaek : op. laud., II. 255. La romanisation de l'Espagne s'achève au moment où saint Paul y porte l'Evangile : la lettre 67 de saint Cyprien mentionne les églises de Léon, Astorga, Merida et Saragosse. Sur le concile d'Elvire. peu avant 303, voir infra p. 49. n. 1.
rédigé les actes de saint Polhin, de sainte Blandine et des autres saints martyrisés avec eux. Autour de l'église établie dans la métropole des Gaules gravitaient sans doute les quelques communautés éparses dans le pays : elles étaient certainement rares et récentes, les églises de Xarbonnaise mises à part. Les deux Germanies (Cologne et Mayence), l'Helvétie et les pays Danubiens, la Bretagne n'étaient pas beaucoup plus riches au point de vue chrétien : si toutes ces régions avaient entendu déjà annoncer l'Évangile, si môme l'une d'entre elles, l'Espagne, reçut vraisemblablement la visite de saint Paul, on ne voit pas que la vie chrétienne y ait fait nulle part de sérieux progrès. Il semble, du reste, que Tliégémonie de Lyon soit menacée par les progrès rapides de Vienne, d'Arles et de Trêves ^
Le groupement des chrétiens autour de ces six métropoles est de plus en plus clairement aperçu des hommes d'état romains. Or, la conception chrétienne
* Daprès Hirschfcld [SUzber. d. K. preuss-. Ak. d. U'm., 1895. 381]. l'église lyonnaise au début du ui« siècle est surtout grecque de langue; elle nest pas considérable. — Sur le déclin de Lyon au iiF siècle, voir Bloch : La Gaule indépendanle et la (îaitle romaine, Paris, 11)00.
Sur les églises de Gaule et de Germanie, voir Harnack : op. laud, II, 222-223. — Sur les églises de Bretagne, (la romanisation du pays est récente et superficielle), voir Harnack, II, 233 et SUzber. d. K. preuss. Ak. d. Wiss , 1904, 1)09 (légende de Lucius). Il est vraisemblable que le Christianisme avait atteint la grande île [Origéne : Itom IV, I, i7i Ez.] au irp siècle. Au concile d'Arles de 314, siègent trois évèques anglais : Heslitutus de Londres. Eborius d'York, Adelphiusde Lincoln? Nous connaissons deu.\ ou trois martyrs anglais de la persécution dioclétienne (saint Alban).