‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 81 sur 110 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

LK Clir.ISTIAMSME ET LES HVZANTLXS

Au ni^ et au iv*' siècle, on la vu, la vie chrétienne s'est développée sur tout le pourtour de la Méditerranée ; mais cest en Orient (pi'elle s'est épanouie avec le plus de force. C'est là qu'elle est née ; et le progrès de 1 empire perse a déplacé du côte de l'Est l'axe de l'empire romain : Uome a été décapitalisée au profit de Constantinople. — Du v au vm'- siècle, l'Orient clirétien perd celte prépondérance; le Christianisme pivote sur soi, se retire peu à peu de sa lerre natale, se tourne vers de nouveaux pays et s'y enracine. L'Église divorce avec l'empire pour épouser l'Occident. Il convient d'envisager séparément les deux actes de cette évolution mystérieuse.

La retraite de l'I^glise évacuant les pays orientaux s'est opérée en trois étapes. L'exaltation de Constantinople au V** siècle, sa vaine tentative au vr siècle pour se subordonner Piome, sa révolte autonomiste au v^^

L EGLISE IMPERIALE ET L EMPIRE CHRETIEN 2d1

lorsqu'elle rejette l'autorité de celle quelle n"a pu asservir, ces trois faits paralysent progressivement la vie du Christianisme dans les pays qui ont été son berceau, et préparent lœuvre de l'Islam qui y portera la mort^

La politique des Valentinien, réglant sur les tins supérieures de rÉglise l'activité de l'I-^tat, multiplie leurs inévitables rapports et resserre leur intime solidarité ; l'Église se sert de l'Etat pour hâter l'avènement du royaume de Dieu, l'Etat se sert de l'Eglise pour la mieux servir et confère des attributions civiles aux dignitaires ecclésiastiques. L'adaptation mutuelle des deux organisations sœurs devait se produire peu à peu, et naturellement, s'accomplir au détriment de la moins solide ou de la moins ancienne ; c'est dire que les cadres de l'empire, selon toute vraisemblance, allaient attirer à eux les cadres de l'Église. Et l'on constate, en fait, que les circonscriptions diocésaines tendent à coïncider- avec les divisions politiques ; que la place

' Voir Krumbacher lEhrhard et Gelzer) : Gesch'uhle der hyzantinischen Litteratar von Jusllnian bis zur Ende des Ostrômischen Reiches io27-1453), '1^ Aiiflage, 1897. Mûnclien, et le petit volume, bourré de faits classés, de Pargoire : L'église byzantine de hi~i à 847. Paris, 1905: Hesseling (trad. fr.) : Essai sur la civilisation byzantine. Paris. 1907. Mais pourquoi faire dater de Justinien lépoque byzantine ?

- Mais ne coïncident pas toujours, notamment en Afrique. Italie. Bretagne. Illyricum occidentat. Voir même quelques anomalies en Gaule, Espagne. Mauritanie "Duchesne : Revue liist.. 87 (1905), 289].

252 LE DIVORCE DE L ÉGLISE ET DE l'eMPIRE

d\u\v cité dans la société religieuse lui est assignée^ selon le rani;- qu'elle ()ccu()e(lans la société civile — cela s est vu à Nicée, en o^'i, et se dit à Antioche, en 341 — ; que la capitah^ politique aspire au nMe de capitale relic^ieuse : l'affaire du schisme dAntioche l'a manilesté à tous les regards. Bien que, de par le concile de Sardique, l'église romaine ait seule qualité pour recevoir les appels, les évéques d'Orient oublient \o chemin de liome et prennent celui de Constanlinople ; saint Jean Ghrysjjslome dépose et remplace lévèfpie d'Mphèse, et saint Ambroise, lorsqu'il veut agir contre l'évèque de Nicomédie Gérontius, s'adresse non pas au pape, mais à l'évèque de la nouvelle Rome. Cette situation de fait commence de transformer le droit. Le concile de 3(Si attribue, on se le ra|)pelle, à l'évèque de Gonstantinople le second rang après Rome : criante injustice <pii sacrifie à une parvenue les droits d'églises vénérables comme Antioche, Kphèse ou Jérusalem, pour ne pas nommer Alexandrie ou Carthage ! Bien plus, afm de plus solidement asseoir la fortune de la jeune église, ce même concile, avec le même souci de la justice, arrache à lléraclée le diocèse de Thrace et le rattache à la ville impériale

• Sur les origines de l'œuvre Ijyzanliiie, voir supra p. H3-M5. .rajoute que Constanlinople existait de toute anliijuité : dabord sous le nom tle Lnijos ; ensuite, à partir de 658 avant Jésus, sous le nom de /^.y-o/jce [Byzas est le chef dune colonie mégarienno qui s'établit alors k Lygos]. By/ance fait son entrée dans l'histoire eiirétienne avec l'iiéréticpie Théodote le corroyeiir. à la tin du ir siècle; la chrétienté locale est alors administrée par MM |Mv|ic dépenda?il de l'évècpie d'Iléraclée ; elle ol)lie?il

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