‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 82 sur 110 · L ASCENSION DE CONSTANTIN! «PLE · texte numérisé non relu

L ASCENSION DE CONSTANTIN! «PLE

Mais son ascension au rang suprême est jalousement surveillée, dangereusement menacée. Ce n'est pas que Rome se méiie beaucoup : elle se sent sûre de son droit ; c'est Alexandrie qui guette avec une attention toujours en éveil sa naissante rivale. Il ne suffit pas au patriarche d'Alexandrie d'être escorté toujours de vigoureux gardes du corps, lorsqu'il se rend à Constantinople ; il veut encore y avoir un homme à lui. Théophile y installe Nectaire, une nullité: et. lorsque

son autonomie, son évèque propre, au début du iif siècle sans doute, avec lévèque Ptiiladelphe. Survient alors la transformation Constantinienne. — Le concile de Nicée. 3i5. confirme explicitement les patriarcats de Rome. Alexandrie et Antioche: il confirme peut-être ceux de Césarée. Ephèse. Héraclée [Hefele- Leclercq. I. 1. 55:2 et 1182]. — Lire le canon 9 du concile d"Antioche, 341 : « Les évêques de chaque province doivent savoi)- que l'e'vêque placé à la télé de la métropole est également charr/é du soin de la province, car c'est à la métropole que se rendent tous ceux qui ont des affaires à traiter. En conséquence il a été réglé qu'il occuperait aussi le premier rang pour les honneurs. .. » [Hefele-Leclercq. L 2, 717.] C'est le canon 3 de 381 qui attribue à C. P. le premier rang parmi les églises après Rome, dune manière formelle. Noter trois faits : 1" c'est sans doute à raison de ce canon et à partir de ce moment que Gonstantinople se substitue à Héraclée comme métropole du patriarcat de Thrace: 2» c'est sans doute à ce moment que C. P. commence d'absorber les patriarcats d'Asie (Ephèse) et de Pont (Césarée;: 3» la raison qui justifie l'honneur fait à C. P.. o:x ~h sTva'. aj-r// viav Ta>u.r,v. prépare la déchéance effective future de Rome. >'oter l'influence qu'a exercée sur l'épiscopat oriental l'opposition des Orientaux à la papauté, dans les affaires ariennes [Duchesne : églises séparées. 170-177]. — Sur la riposte préparée par Rome, et l'explication qu'elle donne de sa primauté par la primauté do Pierre, en .>%±, voir supra, p. 113. S([.

Noter aussi la loi du li juillet 421. par laquelle Théodose II rattache à G. P. l'iilyricum. jusque-là rattaché à Rome. — Boniface protesta. Théodose se tint tranquille [Duchesne : Anton. ccc/., 22'J-27'i. et Va.-Mut-ManirtMiot. 111.4322-13241.

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saint Ghrysoslomc a rom}DlacéXcctaire, il ouvre contre le grand évoque qu'il accuse d'origcnisme une campagne ardente ; il se fait l'instrument des rancunes d'Eudoxie et des femmes de la cour ; il triomphe avec elles lorsque Ghrvsostomc est déposé et exilé au concile du Chêne •.

Son neveu, saint Cyrille partage les passions qui l'animent. Comme il prétend diriger le gouverneur de l'Kgyple, Oreste, il vont dominer Constantinoplc ; il

' Les droits patriarcaux d'Alexandrie sur i'Kgyplc. la Peiitapole et la Libye ont été confirmés explicitement en '.>^2z> et oSl. L'évéque d'Alexandrie est à la tète de huit métropolitains et d'une centaine d'évèques. L'organisation civile de l'Kgypte — qui fut de tout temps très particulière (pas de civilas, pas d'autonomie locale) — a contribué peut-être à développer l'esprit dominateur, je dirais volontiers mipérialiste, des ])atriarches d'Alexandrie.

Théophile d'Alexandrie, 38o-il2, est une figure d'extraordinaire relief ; l'affaire origénisfe (voir supra, p. J76 et 118) n'est pour lui (ju'un moyen d'abaisser Conslantinople. 11 est d'abord origéniste convaincu ; mais voici qu'il se brouille avec les chefs des moines origénisles, les « Longs frères ». Dioscore. Ammon, Eusèbe. Kulhyme. (pii soni aussi pieux que giganles(iues : il i)asse aux Anliorigénisles. s'allie à Jérôme et l'^pipliane, fulmine contre Oi'igène (\()ii' A. Thierry, dans la Revue des deux Mondes de 1867, tomes 71, 73 ; Bonwetsch : Orif/enis/ische S/rei/igkei/en, dans llerzog-Hauck]. Quand S. Jean Ghrysostome recueille les moines origénistes bannis et intercède pour eux, c'est bien pis : Théol>hilc lance en avant le vieil et indomj)table Epiphane;à sa mort, il part lui-même. Voir, pour le détail, Puech : ^'. Jean Clwysoslome, 1900. Le concile du Chêne (pi'il organise est présidé par un ennemi de Jean, l'aul, évêque d'iléraclée (noter l'alliance d'.Mexandrie et d'iléraclée). et guidé par un autre ennemi de Jean, un diacre. Un second concile fut réuni contre Ghrysostome, lorscjuil eut protesté contre les honneurs divins que le peuple rendait à la statue d'argent dlMidoxie [sept. 40.3, janv. 40i|. Voir encore ilefele-Leclercq, 11, 1, 137.

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veut surtout empêcher lévèque impérial de devenir le patriarche universel, le premier personnage de l'Église. Voici précisément qu'en 4:^8, Xestorius, qui occupe le siège de la nouvelle Rome, signale ses prédications par des paroles maladroites. Il blâme ceux qui appellent la Vierge Marie « la mère de Dieu », (-)£oro/or, il enseigne à la suite de Théodore de Mopsueste que l'union de l'homme et de Dieu en Jésus est surtout morale : il la compare à l'union de la statue et du temple qui l'abrite : il y voit moins une unité réelle, svto^'.ç o'j^'.xr, , qu'une sorte d'habitation de l'homme Jésus par le Verbe éternel ; Marie est donc la mère du Christ, Xv.c-o-oxor, elle n'est pas la mère de Dieu,

' iSestorius. né en Syrie, à Germanicia, élevé en partie à Antioche. moine au monastère dEuprepios dAntioche. puis diacre et prêtre de la cathédrale dAntioche. acquiert une très grande renommée en raison de son éloquence, de son ascétisme et de son zèle orthodoxe. Eluévèque de Gonstantinople. en décembre 427, il sera déposé en 431 à Ephèse et mourra le 7 juillet 466. Tous les débris de ses œuvres qui nous sont parvenus, — un édit de 435 ordonnait de les brûler — viennent d'être réunis par Loofs : Sestoriana. Die Fragmen/e des Neslorhis (lesammell. untersucht und heraiisf/egeben. Halle, 19U5, in-8. Goossens a retrouvé en syriaque le liber HeracUdis de >'estorius : Bedjan en prépare Tédition. A la suite de Garnier [préface de Marins Mercator. P. L. 48, 10S9: Tillemont, XIV, 612J. Batitïol a cru reconnaître la main de N. dans 52 sermons, attribués pour la plupart à Basile de Séleucie (R. Bibl.. 1900, 329j : théorie combattue par Loofs. Il parait certain que des te.xtes authentiques de >'estorius se cachent parmi des écrits attribués à dautres. Voir P. L., 48. 753-1218.

Xestorius s'inspire de Théodore de Mopsueste. élève de Libanios et de Diodore de Tarse, compagnon de Ghrysostome : né vers 35u, prêtre dAntioche vers 3S;j, evéque de Mopsueste en Cilicie

Lémolion fui profoiule : runitr de riiomme-Dieu était détruite parcelle doclrine ; elle distinguait en lui deux personnes comme deux natures ; c'était la négation de rincarnation, portant l'annihilation de l'œuvre rédemptrice. Cyrille, avec beaucoup de décision, prit la tète du mouvement qui se dessinait : la foi chrétienne ripostait au nestorianisme en entourant partout de marques dhonneur la sainle mère du Sauveur: le culte de Marie s'épanouissait spontanément, silencieuse mais éloquente réponse aux blasphèmes du novateur. Le jour de Pâques, en 429, Cyrille l'attaque avec force,

vers 39:2, Théodore meurt en 4:28. Son aulorité est très grande : Théodose I veut lentendre à Gonstantinople. Julien d'Eclane court chercher auprès de hii asile et appui. — Il avait commenté la plus grande partie des livres de TAncien Testament, les quatre Evangiles et les épîtres de Paul; il avait écrit encore un Traité de l'Incarnation, en 15 livres: une Défense de Basile contre Eunomius, un Traite' de l'Esprit-Saint, un Traité contre les mages zoroaslriens, un Traité de la nature et de Vorigine du péché,... La plus grande partie de ces livres est perdue, ou inconnue. Voir P. G. 66 : Mercati : Alcune note di lett. patrist., Milfmo. 4898: Chabot : Coinm... in Ev... Jo/iannis,... .^i/riace. I. 1897. Paris; 8\vote : T/ieodon... in ep. Vauli Comment... Cambridge. 1880-82. VoirKihn: Th. von M. und Junilius. 1886. Freiburg: Swete. dans le Dict. of chr. biogr.: Ilarnack. 11, 3±2. — Cf. llahn. 1897, 302.

La méthode e.Kégélifiue de T. est anti-origéniste. anti-allégorique ; sa théorie de la volonté est nettement pélagienne ; sa christologie enfin semble avoir formulé le nestorianisme (Sur Diodore de Tarse, son maître, \o\r supra, p. 175-176). La pensée de Théodore, sur ce point, s'est formée sous linduence de l'apollinarisme (voir p. 203-20.0) et contre lui : il ;q)puie avec une égale vigueur sur l'intégrité de l'humanité et sur l'intégrité de la divinité de .lésus ; l'union de l'âme de Jésus et du Verbe sera, en conséquence, non pas physique, xa-' oùi-lav. mais morale, xa-:' eooo/.(av. comme la relation qui la créée, <jyict'.^; c'est librement et persévérammcnt que lame de Jésus a ou à choisir et

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