SAINT CYRILLE
établit les titres de Marie au nom de mère de Dieu, affirme l'unité personnelle de Jésus, ainsi que la tradition Texige ; il part non du Jésus historique, mais, comme saint Jean, du Verbe éternel. C'est le Verbe qui est et reste le sujet de cette personne mystérieuse ; après l'incarnation, l'unité des deux natures est si réelle, zvoj^'.ç çu';'//t,, que leur distinction n'a guère plus dès lors qu'une valeur théorique ; le Verbe a revêtu la nature humaine tout entière, il la unie à soi dans son essence, il l'a élevée ainsi au divin. C'est pourquoi, dans l'Eucharistie, la chair de Jésus donne la vie aux
choisit le bien. Au fond, il identifie la o'jt'.ç à V'j-Ô's-ol^'.:, et, parce qu'il voit deux natures parfaites en Jésus, SkiIt., il voit en lui deux personnes. — Comment donc entend-il leur unité ? car il affirme qu'il n'y a pas deux Fils, ni deux Seigneurs. [P. G. 60. 1017J. A l'entendre, cette unité est « prosopique » de -pÔTOjTTov étant le rôle de l'acteur au théâtre) : elle n'est pas une [J.'-?.;. ni une xpàT-.^, ni une ^jvxpaji;, mais une Tjvâosia, c'est-à-dire une union qui exclut la compénétration ; telle l'union de l'âme et du corps, du corps et du vêlement, de la statue et du temple, de l'homme et de la femme. — Mais on insiste. — Que pense Théodore de l'adoptianisme de Paul de Samosate, et delà naissance de Jésus? Théodore condamne expressément Paul de Samosate : il pense que la Vierge peut être dite Oeo-ôxo;. mais seulement par inférence. 'f, àvaoopà. Voir Tixeront : Des concepts de nature et de personne, dans la Revue d'histoire et lit. rel., 1903, 382; Hefele-Leclerq : II, 1, 219-247.
Les documents publiés par Loofs. ceux que prépare Bedjan ont jeté sur ces problèmes, si délicats déjà, une lumière nouvelle, et embarrassante : il est assez probable que Nestorius ?ia pas été, au fond, hérétique. Sa malheureuse Iiisloire s'expliquerait : 1° par Vimprecision de certaines de ses formules: 2» par les théories foncièrement hérétiques de certains Antiochiens; 'è" par l'outrance du point de vue théolorjique de Cyrille ; 4° par les ambitions ecclésiastiques d'Alexandrie. Voir Bethune-Baker : Nestorius and his Teaching. 1908. Cambridge. [U sépare, en Jésus, non les natures, mais les ousies] '