SAINT CYRILLE
Cyrille est un tenant d"Apoll inaire, il gagne à sa cause le savant évèque de Cyr, à deux jours d'Antioche, Théodoret. Il n'est pas dit que l'évèque de la
ment physique, avec la divinité... Au pauvre laboureur du Delta, à Touvrier obscur du port de Pharos. Cyrille permet de toucher Dieu en ce morde ... et de sassurer. par ce contact doii sort une parenté mystique, de sûres garanties pour l'au-delà ; et non pas seulement la garantie de l'immortalité, mais la garantie de lapothéose » [Duchesne : Autonomies Ecclésiastiques, Eglises séparées, 2° éd., 1905, 34-40]. Pour Cyrille ô Aôyo:; 'rv;rr/vt av^pw-o; ojx à'vOpoj-ov àvÉÀa6£ ; « bien que le Christ possède tous les éléments essentiels de la nature humaine, il n'y a pas dans le Christ un homme individuel subsistant par lui-même; la nature humaine du Christ tout en étant complète, na pas par elle-même une existence autonome et indépendante : mais elle subsiste dans le Dieu Logos » : d'où l'unité parfaite, physique, l'unique hypostase. l'unique nature du Verbe incarné, 'x'.t. oj--.- Toj 6£0j ss-japxojiJLivT,, jormule fréquemment employée par Cyrille. Contre le dualisme nestorien. et afin de prouver la réalité de l'Incarnation du Verbe en personne, il insiste sur la v.vno'j:;, dont parle S. Paul. Vhil.. 2. 5-8 : et il pense que. si la croissance physique du corps de Jésus a été réelle, son développement mental et morat a été simulé : le Verbe incarné « a fait semblant d ignorer en raison de son humanité, ou bien il a proportionné à son âge la manifestation de sa science »: Bruce : T/ie humiliation ofClirist. p. 50 [Cyrille a modifié son vocabulaire au cours des polémiques : xpàTi;, [J.iç'.^]. — Les théories eucharistiques de Cyrille sont étroitement liées à sa christologie : il montre dans Veulogie le même corps divin que dans l'incarnation, qui vivifie nos corps, les immunise contre la mort, nous fait uns avec Dieu. iComm. SU7' S. Luc). (Naturellement. Nestorius rejetait la théorie unifiante et vivifiante de l'eucharistie cyrillienne. — Mahé : L'Eucharistie d'après C, dans R H. E.' 1907. 677: Batiffol ; Etudes d'hist. et théol. pos . II, 278. i
Pour plus de détails, voir Harnack ; Mahé dans Vacant-Mangenot ; Kriiger. dans Ilerzog-Hauck: Seeberg. Loofs. Schwane. sans oublier Petau ni Thomassin : les études de Mahé dans la R. H. E.. 1U06. 1007 et lOO'.i : Weigl : Die Heilslehre des h. C. von AL, Mainz. lOOo : Rehrmann : Die Christologie des h. Cyrillus von Ale.randrien... Hildesheim. 1902.
260 LE DlVOHGfc: DE L EGLISE ET DE L EMPIRE
cilé impériale courbera docilenienl la liHo sous les insolences d'Alexandrie. Conslanlinople veut prendre sa revanche et effacer la honte du concile du Chêne. Nestorius s'agite; soutenu par l'empereur, il tente de ressusciter pour sa défense le parti (jui soutenait jadis Melècc et les Cappadocicns contre Alexandrie et l'Occident. Mais il ne parvient pas à agir assez vite et sa cause n'est pas claire ; le pape Célestin auquel il en appelle le déclare hérétique; Cyrille et le concile d'Alexandrie lui adressent douze anathèmes auxquels ils le somment de souscrire ; le jour où se réunit à Ephése le concile général qui doit vider la querelle, beaucoup d'évèques sont encore en route dont il escompte la voix. Cyrille refuse d'attendre; il prouve la maternité divine exprimée par le mot i-ho-ô/jj;^ il démontre l'union réelle des deux natures, il fait déposer Nestorius ^
* Ce sont les moines, à Pâques 4:29. qui ont avisé Cyrille de la ])iH)pagancle nestorienne; d'où sa lellre aux 7)wines qui recommande le terme flieolokos, sans pourtant nommer Nestorius. Celui-ci se fc\che cependant : Cyrille tâche de ra|)aise'r et de le ramener, mais en vain. Il sadresse alors à Acace, lévèque centenaire de Bérée. à l'empereur, aux princesses, au pape Célestin, qui a envoyé aux renseignements son diacre Posidonius. 430 : de là, le concile de Rome et la condamnation de N. : Cyrille est chargé de la faire connaître au patriarche et de lui donner dix jours pour se soumettre. Avec les décisions de Rome. Cyrille envoie celles du concile qu'il a réuni à Alexandrie, novembre 430. — N. s'appuie sur Théodose et veut Ojiposer à Célestin et à Cyrille le concile général rpi'a convoqué l'empereur. 1!» novembi'e 430, pour le 7 juin 4:51. La première session a lieu le 2:2 juin : le diacre Pierre d'Alexandrie présente les textes réunis par Cyrille: comme N. ne parait pas. on le dépose. Alors arrivent le
DÉl-AITE DE NESTORIUS 261
Et Xestorius, pour la seconde fois, refuse dabandonner la lutte. Un synode quil assemble sous la présidence de Jean dAntioche dépose Cyrille et un de ses partisans; les excommunications se croisent; l'empereur hésite ; Constantinople refuse de baisser pavillon. Finalement, pourtant, elle y sera contrainte. Alexandrie est très forle ; et puis, vraiment, la doctrine de certains patrons de Xestorius est ruineuse pour la foi. Beaucoup de théologiens qui, par défiance pour Cyrille, l'avaient d'abord soutenu, s'écartent de lui peu à peu : Jean d'Antioche, Théodoret de Cyr abandonnent leur chef, et l'empereur, soucieux de faire cesser ces agitations, contraint les évêques de l'empire à sincliner à leur tour. Il interdit la lecture des ouvrages de Xestorius, de Diodore de Tarse et de Théodore de Mopsueste; il fait fermer l'école d"Edesse qui tient pour leurs doctrines ; il enjoint de confesser lunion réelle des deux natures ^
26 ou le 27 juin, les amis de N. — De là, Van/i-concile : Cyrille et son ami Memnon d'Ephèse sont déposés, et emprisonnés en août-octobre. Alors, l'empereur le relâche, confirme la déposition de N. et dissout le concile. L'habileté, peut-être les largesses des « Égyptiens » avaient retourné la cour contre les « Antiochiens ». — Voir Hefele-Leclercq. II. 1. 218-377 et Kraatz : Koptische A/if en zum ephesenischen Konzil von 431. Leipzig, 1904.
' Sur la chute du Nestorianisme et du parti d'Antioche, voir Hefele-Leclercq, H. 1, 378- i22. En 43:2. le concile du diocèse d'Orient, réuni par Jean d Antioche à Bérée. abandonne Xestorius et ses contre-anathématismes. et les « Égyptiens w signent en 433 un symbole élaboré |iar lanti-concile, où l'on admet deux natures et un ttoôt.j-ov. I'Évcot-.;;, le vaô^ et le Oeotoxo; [P. G. 77, 176-177]. Les Antiochiens exaltés restent seuls à l'écart avec Alexandre de Hiérapolis. André de Samosate. Melelios de Mop-
La défaite de Xcslorius u'cil pas seulement une victoire pour la foi : cesl encore le triomphe d'Alexandrie. Comme autrefois Théophile, Cyrille installe sur le siège de Gonstantinople un homme à lui, son ami Proclus ; et la fête de l'Annonciation, sans doute d'origine alexandrine, importée désormais à Gonstantinople, commémore à la fois la mère de Dieu et la victoire de son lidèle défenseur, le patriarche de l'Égyple '.
C'est la seconde humiliation que le chef-lieu d'une lurbulenle province inflige à la capitale de l'empire; ce sera la dernière. La victoire d'Alexandrie l'égaré sur l'étendue de ses forces et la nature de son rôle. Dioscore, le successeur de Cyrille, prétend exercer ce rôle d'arbitre suprême de la foi auquel Gonstantinople aspire en secret et que Jésus a dévolu à Pierre. La
sucste : rempcreur exile quelques-uns d'enUT eux, avec leur chef Neslorius : Théodoret de Cyr se décide alors à signer le symbole d'union [Mansi, V. 183/2^1. 303; P. G. 83. 1488. 1474: Ilarnack. II. 34i, 1]. — Mais cette pacification est superficielle : le symbole d'union est équivoque. Cyrille ne parvient à faire signer aux Orientaux, outre l'adhésion au Ocotôxoç, que « ces deux formules bien anodines : il n'y a pas deux Christs ; — le Logos (jui, de sa nature, ne peut souffrir, a souffert dans sa chair ». Des hommes qui, comme Ibas d'Edesse. gardent le symbole d'union, écrivent, dit-on : « Je ne suis pas jaloux du Christ de ce qu'il est devenu Dieu, car je puis le «levenir si je veux » [Labourt : le C/trislianisme dans l'empire perse, 2D*i-i'.>'*]. — Naturellement, beaucoup d'Égyptiens accusent Cyrille d'avoir trahi la foi en accei)tant le symbole d'union [voir ses lettres i\ Acace de Méliténe, Valérien d'Iconium, etc...].
* Proclus. évèque de Cyzique 42(3-434, j^uis de C. P.. 434-44G. On a (!<• lui n homélies [P. G. 65, 679; Duval : LUI. syr. 316). — Ce que je dis de l'origine de la fête de l'Annonciation est hypothétique : voir l'arlicle de Cabrol. dans I). A. C . I. i*. 2242. :i'i47.
TP.IOMPHE DES Er,YPTIEN> 263
faiblesse de l'empereur Théodose II favorise rambilion du patriarche : pendant près de six années, Alexandrie dicte la loi^
Larchimandrie de Constantinople, Eutychès, est un membre influent du parti alexandrin que Proclus, l'ami de Cyrille, a su grouper dans la capitale ; il soutient les théories du maître, il insiste même sur lunité de la personne de Jésus au point que l'on peut se demander ce qu'il subsiste d'humain dans l'èlre du Sauveur : son corps, dit-il. nest pas un corps humain, individuel, son humanité n'est pas réellement la même que la
' Dioscore. évèque cl" Alexandrie de 444 à 451. mort à Gangres 454. avait accompagné Cyrille à Ephèse en 431. puis était devenu archidiacre. C est un personnage plus que suspect : comment Cyrille se Tétait-il attaché? Dioscore dépouiUe et fait tueries héritiers de Cyrille; il pille ses ouailles: il entretient un harem isa maîtresse Pansophia). Il lie partie avec ce coquin qui s'appelle Chrysaphius. le chef des eunuques et le favori de Théodose II : la sœur de Théodose, l'ancienne régente Pulchérie sera au contraire le soutien des Catholiques : la femme de Théodose, Eudoxie, est flottante : Chrysaphius parvient à se la rattacher et à l'opposer à Pulchérie. — Sur la reprise de la bataille sur le double terrain ecclésiastique et doctrinal, voir Hefele-Leclercq : 11, 1. 489-512 : cest à Àntioche, puis à Constantinople. que certains clercs accusent de dyophysisme le jiouvel évèque dEdesse Ibas, vers 445-448. Qui sait s'ils ne sont pas poussés par Dioscore ? Vers février-avril 448. Dioscore pousse l'empereur à déposer l'évèque de Tyr. Irénée, comme dyophysite. En troisième lieu, peu après que Théodoret de Cyr a publié, vers 447, ses trois fameux dialogues intitulés le Mendiant. 'Epav.aTT,^, Dioscore l'accuse de dyophysisme nestorien à propos d'un sermon qu'il a prononcé à Antioche : d'où polémique entre Dioscore, Théodoret et son ami Domnus. l'évèque d'Antioche. Alors les dyophysites se décident à riposter : Domnus attaque Eutychès. [Voir, en copte, le panégyrique de Macaire de Thôou, œuvre d'un monophysite contemporain de Dioscore, dans la Revue éirynt. .logique. I-llI. ISSO-Siî. Paris.]
nôtre ; elle s'évanouit, elle disparaît dans la divinité du Verbe; il ne subsiste plus en Jésus, après lincarnation, qu'une seule nature, la nature divine. — VA lorsque Tévêque d'Antioche, Domnus, puis Tévêque de Dorylée, Eiisèbe, enseignent que l'unité personnelle n'empêche pas la dualité des natures, Eutychès les poursuit devant lévèque comme hérétiques. Il sait quil peut compter sur Dioscore ^
11 ne sait pas que la tliéologie de Cyrille n'est pas toujours également heureuse dans le choix de toutes ses formules; il ne sait pas que la foi chrétienne proclame avec autant d'énergie l'humanité réelle du Christ que la divinité réelle de Jésus. L'occasion est bonne pour le parti anti-alexandrin ; voici venir l'occasion longtemps cherchée. Eutychès est traduit devant le concile permanent que forment autour de l'empereur les évêques, ses conseillers ; il est condamné comme hérétique le 22 novembre 448. La plus grande publicité est donnée à la sentence : elle n'est pas moins salutaire au prestige de Constantinople qu'aux intérêts de la foi -.
' Va\ 448. lùilyfliôs est très àj^r : il a pu iiaîlre \(M'.s 370 ; moine et })rèlre, il e.st devenu vers 418 larchiniandrite, c'est-ùdire le supérieur d'un couvent proche C. P. (pii compte près de 300 moines. Il a été parrain de Chrysaphius. Son zèle pour la théologie de Cyrille s'est lait connaître en 431. en même temps (pie son ignorance. C'est ce brave homme cpii se (latte de parfaire l'œuvre de Cyrille : il tombera dans le docétisme en niant avec plus ou moins de netteté la consubstantialité du corps et de l'àme de Jésus à Marie. S. Léon, aucpiel il dénonce de prétendus nestoriens. a appris i\ se défier de lui.
* On ignore si la Ictli'c accusatrice de Donmus (à l'empereur)
LE BRIGANDAGE D ÉPHÈ>E 260
Mais Théodose II a peur de Dioscore ; tandis que Flavien. lévèqae de la cité impériale, est félicité par le pape saint Léon, l'empereur se laisse intimider par les Egyptiens : on voit, du moins, qu'il embrasse leur cause. Au lieu même où ils ont triomplié naguère, à Éphèse, Théodose convoque un nouveau concile ; il en confère la présidence à Dioscore lui-même. La formule « les deux natures » est réprouvée. Eutychès est jugé orthodoxe après quil a déclaré adhérer aux conciles de Xicée et dÉphèse et condamner Apollinaire aussi bien que Xestorius. On dépose au contraire Flavien et Eusèbe pour avoir dépassé dans leurs recherches les formules d'Éphèse et de Nicée. Pareille peine atteint d'autres évêques ennemis d'Eutychès ou suspects de nestorianisme. Théodoret de Cyr était rangé
eut un résultat quelconque. — En novembre 448, Flavien. que Chrysaphius déteste et qui, depuis 440. est évèque de C. P., réunit le concile où il reçoit un mémoire d'Eusèbe de Dorylée contre Eutychès; or, celait ce même Eusèbe qui, en 428, simple avocat, avait attaqué Xestorius: Eusèbe dit les nombreuses et vaines conférences où il a tâché de ramener l'archimandrite. Nouvelles conférences : Flavien rédige un symbole attestant les deu.x natures, et que. après l'incarnation, le Christ se compose de deux natures i/. o-'jo o'jzi'j'.v en une seule hypostase [Mansi, Vf, .5oG. 680, 67U] : quelques-uns seulement, comme Basile de Séleucie et Séleucus d'Amasée disent que le Christ est en deux natures, iv o jo ç;j7£7'.v. Eu.tychès dit que, après lincarnation, il n'y a plus en Jésus-Christ qu'une seule nature : c'est l'enseigne ment des Écritures, auquel ne peut être comparé celui des Pères ; néanmoins, il prétend ne pas nier la parfaite humanité du Sauveur. Il ne veut pas dire que, en son humanité, le Christ nous soit consubstantiel. et néanmoins il reconnaît que la Vierge nous est consubstantielle et que Jésus lui a emprunté sa chair. — Voir Hefele-Leclercq. II. 1. 517-53^.
parmi coux-ci, ainsi qulbas d'Edesse; Domnus d'Aiitioche était déposé malgré ses rétractations ; Flavicn de Constantinople fut si maltraité qu'il mourut au bout de trois jours ^
Ces brutales représailles des Alexandrins firent que l'opinion se retourna tout entière contre eux. Seul. Tliéodose bésitait à les brider : le blé qui nourrissait Constantinople venait d'Egypte. Si les Egyptiens l'arrêtaient, Constantinople mourait de l'aim, Constanti-
' Sur c-es événcnirnls. et le (.'oiifile appelé brigandage d'Ephèse. voir llefe!e-Leclerc(|, H, 1, 539-021. Le soir de sa condamnation, Entych^s en appelle à l'empereur, au pape, aux conciles d'Alexandrie et de Jérusalem ; il n'a consenti à comparaître devant le concile qu'accompagné d'un oJ'ficier de l'empereur; [or. il sest trouvé que le ministre désigné, Florent, était un grand chrétien, mais non pas un ami de l'archimandrite]; il s'appuie maintenant sur Chrysaphius ; la disgrâce de Flavien est décidée ; on laccuse. au printemps 44'J, d'avoir falsifié les actes du concile de novembre 448, (d'où une double enquête par deux commissions) : Chrysaphius, Enlychès et ïhéodose décident la réunion d'un concile général, où Dioscore viendra à la rescousse et blanchira l'archimandrite. Le concile se réunit à Ephése, août 449 : 130 évèques ont accouru, le pape est représenté par deux légats, Jules et Hilaire (et par le notaire Diilcitius- ; mais Dioscore. qui préside, ne lit aucune des deux lettres que Léon a écrites au concile et à Flavien : celle-ci, la plus importante, la plus fameuse, exprime une doctrine qui justifie Flavien. concilie le dyophysisme orthodoxe avec l'unité d'hy- |)ustase justement chère à saint Cyrille : au reste, Léon est très loin d'adopter toutes les formules du grand Alexandrin et notamment celle qu'a recueillie Eutychès. une seule nature. — La discussion fut étranglée. Voir G. Hoffmann : Verhandlungen der Kv'chenversanimlung zu Ephesus am XXII Auffusl CDXLIX ans einer syriachen Hand.schrift... ueberselzt... Kiel. 1873; P. Martin : Le pseiulosi/node... d^Ephèse étudié d'après ses actes retrou rés en syriaque, Paris. 1875. Le texte de lépitre dogmatique de Léon à Flavien. en dali' du 13 juin 4i9 (qu'adoptera Chalcédoine) i)eut se lire P. L.. 54, 755, ou Mansi, V, 1360. ou IIcfele-Leclercq, II, 1, 569.
CHALCEDOINE 267
nople se révoltait. Heureusement ce fantôme d'empereur disparut. Le fi8 juillet 450, l'énergique Pulchérie lui succédait, qui donnait sa main et son trône à Marcien. C'était un rude et loyal soldat : il envoya promener les ambassadeurs d'Attila ; il secoua le joue de l'Egypte : il rejeta le brigandage d'Ephèse, ainsi que, de tout côté, on appelait le précédent synode ; il ordonna à tous les évoques, atin de ramener la paix dans l'empire, de signer la lettre qu'avait adressée le pape à Flavien. Enfin^ comme l'agitation persistait, il réunit à Chalcédoine, dans l'église de Sainte-Eupliémie, le 8 octobre 4ol, plus de 600 évoques; les légats pontificaux présidaient le concile aux lieu et place du pape, saint Léon. Les décrets de 449 furent déclarés nuls ; pour condamner à la fois Xestorius etEutychès, on déclara qu'il fallait confesser un seul Seigneur en deux natures, sans confusion et sans changement, sans division ni séparation, -x-yy-fy-hj: y.Toi--oj.:, âo'.a-.of- -ojr, àyoj&'GTw:, unies en une seule personne et en une seule hypostase, chacune d'elles, demeurant après l'union, entière et sans altération, avec ses propriétés respectives K Seulement, on ignorait les anatliématismes de Cyrille.
' Sur l'œuvre dogmatique de Ghalcédoine, voir Hefele-Leclercq, U. 1. 622 et If, 2, 64'j-847, Tillemont XV et les Encyclopédies. — Saisi par Flavien. qui en a appelé à Rome. S. Léon fait annuler les décrets d'Ephèse au concile de Rome. 6 octobre 449. et négocie sans aboutir, avec Théodose II, pour quEphèse soit désavoué et un nouveau concile réuni. — Mais voici que le pape renonce à son idée du nouveau concile quand Marcien arrive au trône et quil impose à Anatoiius. le nouvel évéque de C. P.. la condam-
268 LE DIVORCE DE LÉGLISE ET DE l'eMPIRE
Rome triomphait; mais son triomphe n'était pas sans mélange : le patriarche d'Alexandrie était déposé, et Constantinople, enfin (k'^harrassée de cette église rivale, tirait heureusement parti de son triomphe. Le 28^ canon lui reconnaissait le rang d'église patriarcale au môme titre qu'Alexandrie ou Antioche ; son patriarche recevait le pouvoir de consacrer les métropolitains des trois diocèses de Pont, de Thrace et d'Asie. Enfin, non content de pourvoir au présent, on préparait adroitement l'avenir. Tandis que le concile de Sar(li({ue avait expressément rattaché les pri-
nation (ri-^titych('s : sans asscnihli'e nouvelle, en 451 comme en 43:2433, la paix se fera [l\ L., 54, 'J05, 9llt|. Par malheur, Marcien ignore l'évolution de Rome et convoque un concile général pour le !«' septembre 451 : Léon y consent. — [Lire dans Mansi, VI, 539-1U02 et YII. 1-0:27, les actes du concile (rai)rés une collection qui eut peut-être une valeur officielle.] Les légats étaient Paschasinus. évéque de Lilybée, Julien, évéque de Cos, le j)rétre Boniface, Tévéque Licentius ajjociisiaire et le prêtre Basile. Après qu'on a révisé le j)rocès de Flavien, on aborde la question doctrinale : ce sont les commissaires impériaux qui insistent afin d'avoir un nouveau symbole : les évéques n'en veulent l)as; pour s'éviter la peine d'en rédiger un. ils adoptent et acclament la lettre de Léon à Flavien, 17 octobre 451. — Puis, ils se ravisent, poussés sans doute par les Cyrilliens exaltés qui trouvent tiop favorables au dyophysisme antiochien les formules de S. Léon : tels, par exemple, les évéques d'Illyric et de Palestine. En effet, le lundi 22 octobre, un symbole est présenté à l'acceptation des évéques ; il a été élaboré par les Cyrilliens amis d'Anatolius; à la formule de Flavien : il y a en J.-C. (leii.v nalures, ojo cp jtîi; sTvai, il subslilue celle autre, £/• ojo O'jaîtov, qui insinue la (lisparilion de la dualité des natures en J.-C. après l'incarnation [Mansi, VI, 734-738, 742-743, 74G]. Les légats comprennent ; ils menacent de s'en aller si l'on ne s'en tient j)as au texte de Léon. L'empereur intervient ii son tour, énergitpiement, en faveur du texte de Rome. Les évoques résistent et accusent le pape de nestorianisme. — \ la longue, les