TRIOMPHE DE CON>TANTINOPLE
vilèges de léglise romaine à sa fondation par l'apôtre Pierre, le concile de Chalcédoine développait l'idée de 381 et déclarait que les Pères avaient reconnu « au « siège de l'ancienne Rome ses privilèges, parce que « cette ville était la ville impériale ». Le « parti byzantin » vainqueur de Dioscore entendait sans nul doute que, de ce principe, l'empereur, un jour ou l'autre, saurait tirer la conséquence, et transférer à Byzance les droits souverains de Rome K
Rome s'alarma. (^ Il y a une différence, écrivait (( saint Léon, entre Tordre temporel et l'ordre ecclésias-
évêques cèdent : une commission élabore un formulaire qui emploie la formule h ouo ojtet-.v, qui affirme la consubstantialité de Jésus et des hommes, etc.. [le texte âv oùo... n'est pas tout à fait sur]. Bien plus, non seulement le concile dépose Dioscore : on réhabilite les grands chefs du dyophysisme antiochien, Ibas et ïhéodoret, « orthodoxes de tenue et de formules, non d'éducation et de tendances. Il n'est pas jusqu'au grand docteur du parti, Théodore de Mopsueste. dont le nom n'eût été prononcé sans aucun blâme, plutôt avec éloge ». Enfin, malgré Atticus de Nicopolis, on passe entièrement sous silence les fameux anathématismes de Cyrille à Nestorius. Chalcédoine marque une défaite du Christianisme grec.
Deux problèmes. Comment le concile, cyrillien en majorité, at-il capitulé sur la question doctrinale? Sans doute, par suite de l'alliance de Rome et de C P. ? Peut-être par peur de l'empereur. — Comment les légats et l'empereur n'ont-ils pas vu l'imprudence de leur conduite : « on aperçoit alors beaucoup d'hommes de bien, de théologiens distingués ; mais il n'y a pas d'Athanase » ;Duchesne).
En brisant Alexandrie, Komc a brisé son défenseur oriental.
' Voir, au canon 3 de Sardique, les mots T.i-po-j toj à-osToÀoj TT.v avrî<jLY,v -•.'Xf[70)'xvj ; et, sur le canon ^8 de i'6l, ilefele-Leclercq, il, '2, 81ô-S2o, 839-84i, 1260-1270. Dans sa protestation, S. Léon s'inspire du projet de décret de Damase (voir supra, p. 116, n...
570 T.K DIVORCE DE L Ef.USE ET DE L EMPIRE
« tique; et l'origine apostolique d'une église, sa fonda- « tion par les Apôtres, est ce qui lui assure un rang « élevé dans la hiérarchie. » Ces proleslations étaient opportunes : le démembrement du patriarcat d'Antioclic coïncidait avec l'abaissement du patriarcat d'Alexandrie. Les églises de Chypre s'émancipaient de la vieille métropole syrienne, et l'évèque de Jérusalem, conduisant adroitement à la cour et au concile des négociations parallèles, obtenait de celui-ci les trois provinces palestiniennes, de celle-là la Phénicie et l'Arabie. Au môme moment, les métropoles traditionnelles de rOrient voyaient donc leur rayonnement saffaiblir et grandir Constantinoplc pour recueillir leur héritage. La siq-nitication de Chalcédoine ne tient pas tant à la condamnation dune hérésie (pi'au décisif triomphe du parti « byzantin ».
Les conséquences doctrinales se firent sentir, toutefois, les premières. Les partisans d'Eutychès, les Monophysiles, sagitèrent partout à la fois. Puisque la théologie de Cyrille est condamnée, pensaient-ils, puisque Chalcédoine rejette li/oj^-: 'jj-î-.xr,, c'est donc que les Nestoriens ont pris leur revanche et affermi leur erreur : Jésus-Christ est dédoublé ; à côté du Verbe éternel, il y a en Jésus une autre personnalité différente ; c'est une quatrième personne qui s'ajoute à la Trinité divine. N^oilà le blasphème horrible que les Monophvsites repoussent, voih'i le crime des Nestoriens, voil;i hj crime de tous ceux (jui ne suivent pas Cyrille. i\v^ Pèn^s de ChaleédoiiH* par conséquent.