LE MONACHISME BYZANTIN
Les évèqiies travaillent avec ardeur à répandre rÉvangile. Païens et hérétiques sont très nombreux encore dans toutes les provinces. Porphyre de Gaza et Théodoret de Cyr sont les plus illustres de ceux qui
Der Anteil dev Slylilen am Aufkommen der Bilderverehrung [Philotesia déd. à KleinerL 1907, Berlin] : les visiteurs des stylites emportent des images du stylite, qu'ils vénèrent. Cet usage rappelle les oaÀÀoÇa-cT:: de la Dea Syra [Lucien § 28] : il y a certainement ici adaptation chrétienne d'une coutume païenne. Sur Siméon Stylite, voir Théodoret : Hist. rel., 26, P. G. 82, 146i; le Ménologe P.' G.. 114, 336; Lietzmann : Das Leben des h. Simeon Sfyliles. 1908. Leipzig. — Les Acémètes ont été organisés par saint Alexandre, qui a longtemps hésité entre l'apostolat et la solitude, au couvent proche Saint-Menas à G. P., puis à Gomon sur la mer Moire : Pulchérie le défend contre ses nombreux ennemis : il meurt vers 430. Gomme Eutychès, c'est à la Bible seule qu'il veut puiser, et donc il impose à ses moines l'apostolat, la prière, la pauvreté, l'horreur du travail ; avec 70 disciples il évangélise la Mésopotamie: au monastère, il organise la prière perpétuelle et la fainéantise. Saint Nil l'attaque vigoureusement à ce sujet. Jean transporte le monastère, peu après 430. sur la rive asiatique du Bosphore. Marcel, le successeur de Jean, jouira d'un énorme prestige durant sa longue carrière, défendra l'orthodoxie contre les Monophysites et la puissante famille arienne des Aspar. De même, au temps d'Acace, l'archimandrite Cyrille est un défenseur de Rome. Le couvent le Stoudion, fondé en 463 par le pieux consul Studius. suit la règle des Acémètes [voir l'article de Pargoire, dans Cabrol].
Saint Nil était un grand seigneur de la cour qui avait quitté le monde, avec son fiïs Théodule, pour vivre dans la solitude au mont Sinaï. 11 mourut vers 43). Il nous a laissé de nombreux écrits, fort mal connus, souvent fort curieux (P. G. 79 ; Tillemont XIV, 189; Fess\er:Inst.patr. 11,592).— Marc d'Ancyre l'ermite et Isidore de Péluse étaient de pieux et très savants moines qui cherchaient à concilier les Égyptiens et les Antiochiens : c'est Isidore qui décide Cyrille à réhabiliter en Egypte la mémoire de Chrysostome. Ils meurent l'un et l'autre vers 440-450. Voir P. G. 78 et 65; Bouvy : de S. Isidoro peh/siofa, 1885, Nîmes; Kunze : Marciis eremifa, 1885, Leipzig. — Leur contemporain Arsène (P. G. 66,1 617j est plus mal connu. — Sur s. Jérôme et sainte Mêla-
±fS[) LE DlVuUCE DE I. E(.LI>E ET DE EEMl'lUE
tentent de les convertira L'Abyssinie et l'Yémen, la Perse, l'Arménie, développent les églises organisées au siècle dernier par Frumcnce, Nersès et Grégoire rilluminateur; les persécutions ne parviennent pas à les réduire, mais Thérésie les décime '.
nie la jeune, et Schenoudi. voir supra, p. 13:2, 137: sur Hypatios de Ghalcédoine (y 446). voir sa vie par Gallinikos, son disciple.
11 faut signaler encore certaines dégénérescences du nionachisme oriental qui datent de ce temps... : tous les moines voyageurs ne sont pas aussi pieux que les compagnons d'Alexandre. Dès 308, Arcadius condamne certains d'entre eux qui causent du désordre |C'. Tk. IX, 40, 16]; les moines de Nitrie s'insurgent contre le préfet Oreste ; en 431, Théodose II fait chasser d'Ephése, par Candidianus, tous les moines qui s'y trouvent: les moines de Barsauma ont fort mauvaise réputation auprès des Chalcédoniens: le pieux Marcel, du reste, ne se gène pas pour faire manifester ses acémètes [affaire de 469]. Voilà des moines qui ont une manière à eux de fuir le monde. Voir le canon 4 de Ghalcédoine sur ceux « pour (pii la vie monastique nest qu'un prétexte » : « que les 7noiiies... soient soumis à t'évéque, qu'ils aiment la paix.... qu'ils se fixent dans les localités qui leur sont assignées, qu'ils ne se chargent pas des affaires de l'Église ni des affaires temporelles, si ce n'est quand ré\èque de la ville le leur demande... Quiconque transgressera notre présente ordon. nance doit être excommunié... Lévéque de la ville doit surveiller d'une manière très stricte les couvents ». Gf. supra jj. 136, n.
Voir encore Ladeuze : Etude sur le cénobitisme pakliômien, ^8lt8. Louvain. et Génier : Vie de S. Euthyme io77-473), Paris, lUOD.
' Sur Porphyre, évèque de Gaza, 3'J.-i-4i'.». voir sa biographie par le diacre Marc.
- Vers la fin du v« siècle, il semble que les chrétiens de l'Himyar aient revu un évèque, fixé à Nedjran : mais ils étaient peu nombreux; le Judaïsme l'emportait sans conteste, l'eu après, le roi d'.\xoum se convertira au Ghristianisme (sous Justinien) Duchesne : Eglises séparées. 300-316].
Kn Arménie, le fils de Nersès.Isaac reconstitue les églises (390) : son ami Mesrop crée une écriture nationale: vers 410-432 ils traduisent la Bible en arménien d'aj)rès la Peschitto. les Septante hexaplaires et le texte grec du N. T. Vers foO. le mystérieux
LA THEOLOGIR BYZANTINE ^î)!
La science sacrée enfin s'épanouit toujours en œuvres savoureuses. A côté de Cvrille, qui a eu le mérite de démasquer et de ruiner le péril nestorien. il faut faire une place d honneur à Théodoret de Cyr. l'infatigable convertisseur des Marcionites et des Ariens.
Agathangc écrit l'Histoire de Terdaf el de Gréqoive l Illuminateur. Son contemporain. Eznik. di.sciple de Mesrop, évèque de Bagrevand vers 450, réfute le Paganisme, le Parsisme zerwanitisle. lastrologisme et le marcionitisme : il donne de précieuses indications sur les religions qui luttent contre lÉvangile. A la même époque, David traduit et commente les aristotéliciens et les néoplatoniciens, et saint Elische commente Josuë. les Juges, la vie du Christ, malgré les horreurs de la guerre où sombre lindé- ])endance arménienne [Wardan battu par Jazdegerd II, 419-451]. Peu à peu, toutes les églises glissent dans le Monophysisme : le concile de Vagharchapat. présidé par le catholicos Papken. condamne solennellement Chalcédoine en 491. Voir Arsak Ter- Mikelian : Die arinetiische Kivche in ihren Beziehungen ziw hijzantinischen vom IV bis zum Xlll Ja/wh, 1895, Leipzig ; Asgian : La chiesa armena ed il ?iesloi ianismo, 1900. 2S2; article de Petit, dans Vacant-Mangenot.
LÉglise chrétienne de Perse est toujours vivante. Acace et lahbalaha s'efforcent en vain [vers 4*20] d'intioduire les canons d'AncN re, Néo-Gésarée, Gangres. Antioche et Laodicée : par leur imprudence, les chrétiens déchaînent une persécution sauvage : sous Jazdegerd I et Bahram V meurent martyrs Abda, rs'arsaï, Hormisdas, Suène, Jacques Plntercis. Jacques le Notaire (420i'2-2}. La liberté religieuse est rétablie en 422, et le catholicos Dadiso i421-i56i la confirme en rompant les liens qui subordonnent aux « pères occidentaux » TÉglise de Perse. Cette politique nempéche pas la persécution de Jazdegerd 11. 446-4o0 : alors périt, entre autres martyrs, le fameux missionnaire des montagnes de la Médie, Pethion. Mais cette politique prépare ladoption du nestorianism.e par lÉglise perse : les élèves d'Ibas à l'École des Perses, Barsauma notamment, y contribuent fort ; lorsque Zenon, en 489, ferme cette éco'e comme un foyer de nestorianisme, il consolide, par là même, l'évolution autonomiste que Dadiso et Barsauma ont favorisée ou favorisent. Barsauma recueille à Nisibe ses maîtres et étudiants, ISisibe devient le centre
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Il s'est dégagé des théories qui lont séduit tout d'abord, il a continué les traditions antiochienncs et établi la Connaissance de rÉcanglle j^ar la philosophie des Grecs. Le cinquième livre de son Abrégé des Fables Héréliques esquisse dans son ensemble la synthèse chrétienne ^
tlu'olo^Hquc do la Perse. Kl dès lors, malgré des conflits ecclésiasliiiues [lutte de Barsauma contre le catholicos Babowai], le Christianisme ne cesse de progresser aux dé|)ens de la religion des mages : Saba est le i)lus fameux missionnaire de ce temps (vers 480). — Barsauma, né vers 415, meurt entre 492 et 495]; l'orthodoxie nestorienne est déterminée par le synode d'Acace, peu après la promulgation de Tllénotique : le fameux docteur Narsés. surnommé le Lépreux, fait Télogedes théoriciens du dyophysisme. Diodore, Théodore et Nestorius [Martin : Journal asiatique, juillet 1900; et Labourt : Le Christianisme dans Vempire perse, p. 99-266].
' C'est la dernière gloire de l'Kcole d'Anlioche, ou il est né (vers 393), où ils'est formé, où il a subi l'influence de Théodore de Mopsueste et de S. Jean Chrysoslome. Évéfjue de Gyr. à deux jours de marche d'Antioche, en 423, il mourra en 458. On sait la |)art (piil a prise à la controverse dyophysite : je rappelle que, dé|)osé en 449, il est rétabli dès 4;.U. ifa toujours pensé que l'apollinarisme était immanent au cyrillisme. Son œuvre exégétique n'a rien d'original [Comm. sur Cantique, Psaumes, Prophètes; traité sur l'Octateuque]. Ses dix sermons sur la Providence, au confrain», sont très fameux : ils datent de 430; de ménie T'Avaxpozr^, réfutation des anathématismes de Cyrille et V'KpTr.i-r'^ç, (voir supra, p. 263, n.), et l'Histoire ecclésiastique rédigée vers 450 (indépendante de Socrate et de Sozomène ; conte la j)ériode qui séj)are larianisme du nestorianisme). On a gardé encore de lui un recueil de le'f/endes de moines et plus de 230 Lettres fort curieuses. Ehrhard lui attribue deux traités sur la Trinité et sur VIncarnation qu'on rattachait autrefois à s. Cyrille. Beaucoup d'autres livres de Théodoret sont i)erdus. Lire le texte dans Schuize, 1769-1774, reproduit par Migne. P. G. 80-8i. Voir Garnier, dans Migne: Hoos : De Theodoreto démentis et Eusebii compilatore. 1883, Halle: Bertram : Theodoreli... doctrina christologica, 1883 ; N. Glubokovski : Le B. Th. évêque de