‹ Le christianisme et l'empire (200-700)Chapitre 89 sur 110 · PROCLUS ET PSECDO-DENTS · texte numérisé non relu

PROCLUS ET PSECDO-DENTS

Dautres théologiens trahissent dans leurs ouvrages l'influence des philosophes leurs contemporains plutôt que l'influence traditionnelle. L'action de lécole aristotélicienne reconstituée par Alexandre clAphrodisias et Themistios ne laisse pas de se faire sentir ^. Les exigences inopportunes de la pensée claire engagent dans une voie sans issue nombre de penseurs monophysites.

Plus importante que linfluence aristotélicienne, l'influence du Néo-Platonisme éveille un penseur chrétien mystérieux et puissant : Proclus suscite en quelque manière le pseudo-Denys l'Aréopagite. Pour le philosophe d'Athènes, la Pensée jailUt de l'Un indéterminé et s'épanouit en trois sphères : ce sont les trois stades

C'jr 'en russeï, Moscou, 1890. Saltet : Les souices de l'EzTr.z-.r]; de Théodorel [Revue d hist. eccl.. 1905, 289].

De l'histoire ecclésiastique de ïhéodoret, rapprocher celles de Socrate (3:23-429i, avocat qui écrivait vers 439-443 avec beaucoup de soin et d'impartialité : — de Sozomène io23-4:î3', qui finit son travail vers 443 : il remanie et enrichit Socrate; — de l'arien Philostorge (32o-4loi : Photius en a conservé de longs extraits. Voir P. G. 67 et 65: Geppert : Die Quellen des... Sacrales, 1898, Leipzig : Gûldenpenning : Die K. G. des Th., 1889. Halle : Batiffol : Quœstiones philostorgianse. 1891, Paris: Le Bidez : La tradition manuscrite de Sozomène, 1908. Leipzig [T. U., 32, 3].

* Alexandre d'Aphrodisias vivait vers 200 après J.-G. : il réagit fortement contre les théories d'Aristoclès qui enseignait, comme bientôt Plotin, l'identité foncière du platonisme et de l'aristotélisme; il précise sur plusieurs points la pensée du maître, nie l'immortalité de l'àme et la providence, affirme avec force la réalité du libre arbitre et la force active de l'intellect passif dès qu'il est illuminé par Dieu, l'Intellect Actif. — Cette œuvre de restauration aristotélicienne, implicitement combattue par le néoplatonisme, est continuée par les Ariens et par Themistios, p. 172. n. 1.] Voir Tannery. dans la Revue phil., 1896, 266.

do lèlre, ;j.ovr,, eni^^endranl un proiluil, -pôooo;, qui finit par faire retour, è-'.7-:ooç>t,, dans le sein de Tètre producteur ^ Ce rythme ternaire se relrouv(^ dans la pensée de rinconim (jui emprunie le nom de Denys l'Aréopagite, le disciple de saint Paul : Dieu est trois personnes, le monde angéliquc est distribué en trois sphères que l'Église terrestre reproduit |)ar les mystères qu'elle organise, les clercs qui les communiquent, les lidèles qui les reçoivent. Un sentiment profond de la transcendance ineffable de Dieu, limportance extrême attachée aux sacrements comme moyens de déilication, les idées de luiiiliration, de limité el de Tunion, du

' Né à Conslanlinoplo vers 410, l'rotius vient à Alliènes vers 430 suivre les leçons de IMiitaniue le jeune el de Syrianus, il y meuri vers 485. Sa cosniok)gie se eom|)i(l'te dune psycliulogie religieuse : l'homme parvient à la déitieation |)ar les praticiues eultuelles. Klle se complicjue d'une juslifreatiun du polythéisme : l'émanation de la l*ensée jaillissant de l'Un indéterminé n'est possible que grâce à des êtres intermédiaires. aÔTo-iÀeT; iviot;, qui sont les dieux. Noter que. par ailleurs, Proclus a un sentiment très vif de l'infirmité de la pensée humaine : elle doit se contenter d'à peu j>rés; jamais ses théories n'atteignent l'essence des choses : ce sont de purs concepts, dont « l'unique but est de fournir des conclusions conformes aux observations ». Son idée du péché est pythagoricienne (Ttôjjia ar,;j.a 'i/j/r,;), j)ense Wilamowitz-Moellendorf : SUzber. Berlin, 14 mars ÎUOT. Voir supra et tome II. 46-.jO. et Vacherot : op. latul.. II, I8i6, :21 0-384.

Ammonius d'Alexandrie, jîrojire disci|)le de Proclus, a de nombreux élèves : Uamascius, (|ui enseignera à Athènes vers 01*0-330, Simplicius que Damascius lui en\oie, Olynq)iodore. De tous, le plus vigoureux est certainement Simplicius : esprit criti(pie, doué de beaucoup de pénétration, fin et- mesuré, il rédige, apré.s 5i'.», des (.'ominenlaires qui nous sont très précieux et continue l'fpuvre anti-platonicienne de Thémistios et d'Alexandre d'A|)hr. (If. la T/imlorfie d' Ar'islole. Sur ses théories phv.>^iques, voir Diihein : ïtiZKIN TA <l' AI.NOMKNA. lt»()S, p. 2i, Paris.

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