INFLUENCE DES MOINES
beaucoup de riches et l'abêtissement des misérables. Ils rédig'cut ces curieuses histoires dont Cyrille de Skytopolis et Jean Moschus nous ont transmis plusieurs et qui vulgarisent l'idéal chrétien de déification par la piété envers Dieu et la fraternité envers les hommes ^ Ils glorifient en des hymnes d'une merveilleuse beauté l'œuvre ineffable du Père éternel : Romanos le mélode a vécu au vi*" siècle. Enfin, ils produisent des saints fameux dont l'exemple et la renommée gagnent ou affermissent les âmes : parmi les stylites, voici saint Siméon le Jeune, près d'Antioche; voici, parmi les « fous du Christ », Thomas et Siméon Salus qui emplissent la Cœlé-Syrie du bruit de leurs saintes extravagances ; et voici encore, parmi les amants de la méditation silencieuse, Jean iHésvchaste et Barsanuphe -.
' Cyrille, 5i4-oo7 i?), moine à l'est de Jérusalem, a écrit les Vies de Jean l'Hésychaste. Cyriaque, Théodose, Theog'^ios, Euthyme, Sabas, et peut-être d'Abraham de Crateia. — Moschus meurt à Rome en G19 : il a visité tous les monastères de la Ciiicie à la Thébaïde : son livre, le Pré Spiri/uel, résume les histoires qu'il a recueillies : il a pour ami Sophronius de Jérusalem i-p 637) [Vailhé, dans Echos d'Orient, Y, 107]. — Eutychianos écrit la vie de Théophile d'Adana (v S38). Eustrate celle d;i patriarche Eutvchius. des anonymes celles de Dosithée, Marthe, Jean le Jeûneur.
-Siméon le Jeune i-f 393!, fils de sainte Marthe (v 337!, est monté à six ans sur une colonne ; les Salus datent de 560 environ: Barsanuphe vers 330 : l'Hésychaste meurt en ooS. Voir encore S. Cvriaque de Juda, S. Georges de Khoziba, S. Zacharie de Jérusalem, S. Jean l'Aumônier (v6iy), Théodore le Sykéote (-p 613), S. Domitien de Mélitène (v vers 603), les deux S. Anastase d'Antioche (V 399, GO't). — A l'aurore du règne de Justinien meurent trois moines très fameux: Théodore 329, Raboula le Syrien 530. Saba
En même temps qu'ils alimentent la piété populaire, ils entretiennent le culte de la science. C'est chez eux surtout que se recrutent les théologiens. Le plus fameux, Léonce de Byzance, est un moine de Palestine; il continue brillamment la tradition de Cyrille; il iixe définitivement la christologie traditionnelle. Néanmoins, il semble qu'il y ait ici arrêt dans le développement : la littérature des anthologies, des « Chaînes », commence à cette époque : certains compilateurs se contentent de reproduire textuellement, à propos d'une question donnée, tous les passages des anciens Pères. D'autre part, le rayonnement chrétien s'atténue ; si l'école d'Alexandrie, avec Ammonius et surtout Jean Philopon , évolue vers le Christ, l'école d'Athènes, avec Damascius et Simplicius, tend résolument à s'en éloigner : Justinien la ferme brutalement en 529. Origène est méconnu : malgré le talent d'Askidas de Césarée, il est condamné par Justinien ; et il est vivement combattu par Jean et Théodore de Skytopolis, comme aussi par Barsanuphe '. .
53â. Voir M. Gédéon : Byz.Heorl. : Philarète : Calendrier complet de l Orient (en russe), 1902, Vladimir; les ActaSanctoriun, surtout le Propylœum de novembre, 1902.
* Léonce, 483-o43, écrit Contre les Xetilorien.s el les Eulychiens vers 52!J-d34, Contre Sévère, des Sectes. Voir la bibliographie, p. 290, 298, Pargoire Î29. Bardenhewer Ili. — L'historien Evagre, qui écrit l'histoire de l'Eglise de 431-593, est un antiochien né en 536, qui se liera intimement avec le patriarche Grégoire.
Parmi les orthodoxes anti-nionophysites, on peut encore citer Jean de Césarée. les moines Job et Nikias, le patriarche Eutychius, Anastase I et lOphrom (r.Antioche, Euloge et Evagre d'Alexandrie.
L ART BYZA.XTIN 321
On doit ajouter enfin que l'art byzantin atteste avec un incomparable éclat l'intensité de la vie chrétienne; tous les monuments où il s "épanouit sont-ils autre chose qu'une somptueuse glorification du Christ? Pour décorer les belles et spacieuses basiliques de Constantinople, de Thessalonique ou de Ravenne, d'Antioche, d'Alexandrie ou d'Éphèse, pour peindre les héros de l'Église triomphante, cet art a dû prendre des attitudes plus graves et plus nobles, une majesté plus soutenue : pour correspondre au besoin de luxe que ressent la société civile, il a dû se faire plus riche, plus éclatant, et plus conventionnel aussi. A la simplicité des fresques dont les premiers chrétiens se sont contentés, il substitue donc le magnifique décor des mosaïques, ces vastes et solennelles compositions dun si puissant
Parmi les Monophysites. on doit d'abord citer Julien d'Halicarnasse et son rival Sévère d'Antioche, dont les œuvres ont été souvent traduites en syriaque [homélies, lettres, hymnes, traités ; surtout le Philalèlhe, le contre Julien, contre Larnpetios, contre Feliciss'unus. — Rubens Duval : Litt. syr., 318], le philosophe Jean Philopon [Seo* la Création du monde, vers 548; Contre Proclus sur l'éternité du monde : Sur la résurrection ; le Diœtète] qui s'inspire de l'aristotélisme i?)et aboutit au trithéisme[ voir Jean Reichardt : Joannis Philoponi de opificio mundi, 1897, Leipzig ; Rrumbacher, 53 et Duhera : Études sur Léonard de Vinci. IL 1909. 189.], son adversaire Themistius et son émule Et. Gobar. — Du point de vue monophysite, Thistoire de l'Eglise est écrite par Basile leCilicien jusqu'en 527i, Jean F.Egéate (jusqu'à Zenon), Zacharie le Rhéteur (jusqu'en 491, depuis 450; nous en avons une adaptation syriaque. Kugener : La compilation historique de ps. Zacharie. Revue de l'Orient chrétien, V. 201].
Sur les chaînes, voir Rrumbacher ; op. laud., 124-126 et 206-207. Procope, chef de la fameuse école de Gaza, qui mourut sous Justinien, composa un commentaire, en forme de « chaînes >> des livres historiques du Vieux Testament.