Corpus inscr, laL^ t. Yin
mieuxjuge : tout en voyant avec satisfaction un paien sur le tr6ne, Taristocratie romaine semble eviter de se compromettre pour sa cause. Quand, en novembre 361, Julien adresse au senat un memoire tres violent centre Constance, I'assemblee rappelle I'usurpateur au respect du a TAuguste, auteurde sa fortune*. A aucune epoque du regno de Julien, on ne signale chez les senateurs un empressement marque ale servir. II semble quelepaganisme remain ait devine en lui, non sans doute un ennemi, mais a quelques egards un rival, et I'ait regarde agir sans se meler beaucoup a son action. Julien, en se presentant comme le champion de r « hellenisme, » selon son expression, c'est-a-dire de la religion intellectuelle, lilteraire, artislique de la Grece plutot que de la religion officielle de Rome, negligea peut-^tre la seule force qui eM pu donner un appui serieux a son entreprise. En ceci, il fit preuve de peu d'esprit politique.
Mais, memo en croyant servir la religion grecque, il parait avoir mal lu dans sa propre pensee. Entre Tantropomorphisme aux contours arr^tes, gracieux et purs comme les lignes des statues de Phidias ou de Praxitele, qui caracterise I'hellenisme a la plus belle epoque de son histoire, et la religion vague, capricieuse, presque insaisissable de Julien, les differences sont tres grandes. On de-
i. Ammiek Maagellin, XXI, 20.
202 LE CHRISTIANISME ET L*ElfPIR£ ROMAIN.
risque d'exciter les railleries de ceux qui le voyaient apporter le bois a Tautel, souffler le feu, manier le couteau du sacrificateur, interroger sans cesse les entrailles des victimes, et, malgre ses moeurs irreprochables, marcher enloure de bacchantes et do mignons, honteux cortege de certaines Ktes paiennes*. Mais il rachetait ces ridicules et I'exces de sa superstition^ par Fidee qu'il se faisait du sacerdoce. Si bizarre que fut la pratique, la theorie etait tr^s haute. 11 semble que rien d'aussi sain et d'aussi droit ne se rencontre dans les idees de Julien. Le caractere sacerdotal, dit-il, merite le respect et rhommage, quand m6me Thomme qui en est revetu se montrerait indigne des fonctions sacrees. Mais le prt^tre doit faire tons ses efforts pour mener une vie exemplaire. En acceptant ce titre, il s'est oblige aux plus hautes vertus. II lui faut avoir une gitande piete pour les dieux, une exactitude scrupuleuse a ses devoirs liturgiques, ^tre simple de vie, de v^tement et de moeurs, observer la continence, s'abstenir des mauvaises lectures, des spectacles deshonnetes, des tavernes, des metiers honteux. La vocation sacerdotale ne depend, du reste, ni de la naissance ni de la fortune : doivent ^tre appeles au service des autels « les hommes les plus vertueux, les plus
i. Ammien Marcellin, XXII, 14; saint Gr^goire de Nazianze, Oralio V, 2-2; SAINT Jean Chrysostome. De S. Babyla adversus Julianum et Gen tiles J 14.