Amhien Marcellin, XXV
religieux, les plus humains, pauvres ou riches, obscurs ou celebres ^ . »
Tel est, pour Julien, I'ideal du pretre. Nulle part peut-etre le restaurateur de Thellenisme ne s'est montre moins romain. Au lieu qu'a Rome les plus hauts personnages politiques sont en m^me temps les membres des colleges sacerdotaux et les titulaires des grandes charges religieuses, dans TEglise paienne qu'il organise I'ordre sacerdotal doit rester presque sans contact avec le dehors. II recommande au pretre de s'abstenir des affaires publiques, de visiter rarement les magistrats, de frequenter peu Tagora ou le forum. Ici se dessinela tactique presque inconsciente de Julien. Par un hommage involontaire au christianisme, il s'efforce d'en transporter les vertus dans le monde paien. Le pretre, tel qu'il le depeint, n'est pas le pretre latin, adonne aux affaires, servant I'Etatou la cite, frequentant officiellement les jeux et les spectacles, aussi bien les comedies oCi sont rallies les amours des dieux que I'amphithe^tre inonde de sanghumain^. Ge n'est pas le pretre oriental ou grec, separe davantage de la politique, plus isole dans ses fonctions religieuses, mais souvent dissolu et orgiaque. Julien ecrit les yeux fixds sur le pretre chretien, dont le choix est ind^pendant de la naissance et de la fortune, et a qui les lois de I'Eglise imposent non seulement