‹ Le christianisme et l'empire romain: de Néron à Théodose (volume 2)Chapitre 113 sur 164 · Julien, Ep · texte numérisé non relu

Julien, Ep

science politique, aucun des classiques pa'iens, les pontes Homere ou Hesiode , les hisloriens Herodote ou Thucydide, les orateurs Demosthene, Isocrate ou Lysias. On remarquera, dans les exemples cit6s par Julien, la tendance exclusivement grecque de son esprit, qui le porte a ne nommer ici aucun ecrivain latin.

Le motif allegue pour cette defense, c'est la pensee, si super ficielle qu'on a peine k la croire sincere, qu'il est deloyal a un maitre de commenter devant ses el^ves un livre ou il est question de dieux auxquels lui-m6me ne croit pas. Ramene a un principe aussi etroit, I'esprit humain serait exclu de toute culture etendue, sans qu'il lui fAt licite de demander aux litteratures etrangeres les secrets du style, aux philosophies lointaines ceux de la pensee, aux vieux annalistes la science de I'histoire, aux lois des anciens peuples les regies du droit compart. Tout progr^s intellectuel s'arreterait du m^me coup , et menacerait de se heurter contre un mur. Ce mur serait la religion , devenue aussi oppressive, aussi ecrasante pour I'intelligence que celle dont Lucrece aspirait a delivrer ses contemporains, oppressa gran sub relligione, Fermer a la science, a la philosophic, aux lettres tout autre horizon que I'horizon paien, et en meme temps exclure Tidee pal'enne , qui avait tenu et qui tenait encore tant de place dans le monde, des etudes de ceux qui ne lui donnaient pas toute leur foi, c'etait

exercersurr^trepensantlaplus execrable tyrannie. Julien, apparemment, ne vit pas toutes ces consequences^ qui ramenaient son systeme a Tabsurde et a Todieux. Mais il s'inqui^tait des ressources que pouvait prater a la polemique chretienne une etude m^me litteraire de la mythologie. Pour les paiens eclaires, celle-ci 6tait devenue un scandale. lis s'efforQaient d'en pallier par tous les moyens les f&cheux aspects. Julien lui-m6me, si la piete ne I'avait retenu, eAt peut-6tre ete tente de sourire quelquefois des fables ot s'attachait la credulite populaire : on connait sa jolie lettre sur la nymphe Echo^ Au moins Tesprit du temps et ses propres habitudes intellectuelles lui fournissaient-ils un moyen de concilier les recits mythologiques avec la raison ou la pudeur. Sur les plus vilaines aventures il jetait le voile d*une allegoric subtile , parfois pedante et compliquee. C'est ainsi qu'il rendit presque edifiantle mytlie de Cybele et d'Attis. Mais tout le monde n'avait pas pour les dieux sa piete filiale. On I'eiit difficilement attendue des professeurs Chretiens. Tout fait supposer qu'en expliquant dans leurs ecoles les poemes d'Homere ou d'Hesiode, ces maitres, qui etaient nombreux, quelques-uns m6me celebres, ne cherchaient pas a dissimuler les etrangetes du sens litteral. II est m^me probable qu'ils ne se privaient pas de mon-

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