Ep
trer les ridicules ou de remuer les boues de la mythologie, afin de comparer a rimmoralite de la fable la purete de la doctrine ou de la morale evangeliques. Les livres deshistoriens pouvaient donner matiere a des lemons d'une autre sorte, qui tournaient de m^me au detriment des coutumes idol^triques et a la glorification des moeurs chr^tiennes. C'est ce que Julien appelle « expliquer les ouvrages des auteurs, etrejeter les dieux qu'ils adorent », ou encore « accuser les poetes d'impiete, de folie et d'erreur au sujet des dieux », et c'est probablement a ce genre de commentaire, utile auxiliaire de la predication ou de la catechese ecclesiasliques, qu'il voulut mettre un terme.
Mais I'etude des lettres pa'iennes n'avait pas seulement pour resultat d'amuser les ecoliers Chretiens aux depens de la mythologie : elle leur ouvrait en m^me temps tons les tresors de la sagesse et du goM antiques. Les conseils que Basile de Cesaree donnera plus tard a ses auditeurs sur la lecture des ecrivains profanes etaient deja dans la bouche des maitres Chretiens; et des lors le fond de leur enseignement eAi pu 6tre resume en ces vers charmants de Gregoire de Nazianze : « Meprise les divinites ridicules dont parlent les poetes, admire la beaute des paroles ; sur le tronc des lettres antiques laisse I'epine et cueille la rose^ » C'est cette fleur